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Senior Actu

France – Enquête de l’Inra sur les habitudes alimentaires des seniors


Examiner les effets du vieillissement sur les habitudes alimentaires, tel est le but d’une étude menée par l’Inra (Institut national de la recherche agronomique » et publiée dans la revue « Inra Sciences Sociales » de septembre 2003. Intitulée « Monotonie ou diversité de l’alimentation : les effets du vieillissement », elle fait le point sur les comportements alimentaires des plus de 60 ans, à partir d’une enquête portant sur 800 ménages comportant au moins une personne âgée de 60 ans ou plus.

Tout d’abord, les chercheuses – Séverine Gojard et Anne Lhuissier- notent que l’alimentation des seniors se compose principalement de produits frais, en particulier de pain, légumes et fruits frais, viandes et produits laitiers, achetés au cours de la semaine d’observation par plus des trois quarts des ménages. À l’opposé, les produits les plus faiblement consommés par cette catégorie d’âge sont les produits élaborés, tels que les plats préparés, les produits en conserve, les pizzas et les sandwiches. Cela marque le fait que la vieillesse ne transforme pas les habitudes alimentaires incorporées tout au long de la vie : ces générations ont été habituées à consommer plus de produits bruts que de produits élaborés, dont l’essor assez récent (sauf pour les boîtes de conserve) date des années 1980.

Mais les personnes âgées ne constituent pas pour autant un groupe homogène : cette enquête souligne également l’influence de la région de résidence et de l’appartenance sociale sur la consommation alimentaire. Ainsi, les habitants du Nord et de l’Est se caractérisent par une plus faible diversité alimentaire. Ils consomment plus de charcuterie, se distinguant des habitants de la Méditerranée ou de l’Ouest, amateurs de légumes frais, de pâtes et de farine pour les premiers, gros consommateurs de poissons pour les seconds. De même, les habitudes alimentaires diffèrent selon les professions : la diversité alimentaire augmente quand on s’élève dans l’échelle sociale.

Enfin, l’étude de l’Inra examine les effets du vieillissement sur la consommation alimentaire. La quantité de produits achetés diminue avec l’âge : au fur et à mesure qu’elles vieillissent, les personnes âgées cuisinent de moins en moins. Ce phénomène est accompagné d’une diminution de la diversité alimentaire. Ceci s’explique par des modifications physiologiques, mais aussi par des changements sociaux. Ainsi, les différentes étapes de la vieillesse (retraite, veuvage, relogement, maladie) sont autant de facteurs qui affectent les habitudes alimentaires des personnes âgées. L’on constate que les personnes seules connaissent l’alimentation la moins diversifiée, tandis que la vie en couple ou en cohabitation favorise la préparation culinaire et favorise l’approvisionnement en produits variés.


Publié le Mardi 27 Janvier 2004 dans la rubrique Nutrition | Lu 4443 fois