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France – ‘'Constance et la cinquantaine'’, roman de Michèle Sarde


France – ‘'Constance et la cinquantaine'’, roman de Michèle Sarde
Soledad, Constance, Julia, Caroline et Alice se sont connues en 68. Avec leurs trois « garçons », Vivien, Thibault et Malek, elles ont milité pour les causes féministes, homosexuelles et tiers-mondistes. Aujourd’hui alors qu’elles atteignent la cinquantaine, un nouveau combat va les unir : le mari de Soledad, Miguel, a mystérieusement disparu, abandonnant femme et enfants. Le « clan » se met alors à sa recherche et tente de comprendre les raisons de cette fuite… Mais cette recherche de Miguel passe assez rapidement au second plan. L’auteur l’utilise comme un prétexte pour nous faire partager la cinquantaine ans de ses personnages, un âge où l’on regarde souvent en arrière, l’heure des premiers « bilans » en quelques sortes.
Entre la France, le Chili et les Etats-Unis, ces « anciens combattants », résolument modernes, s’« e-mailent » leurs angoisses : Constance pleure son dernier amour à qui elle n’a pu donner d’enfant ; Alice regrette sa vie de femme au foyer ; Caroline décide de se faire lifter de peur que ses rides ne fassent fuir ses nombreux amants ; Vivien aimerait bien avoir une femme, une seule… Ainsi va la crise existentielle de ces « quinquas » dont nous fait part Michèle Sarde. On pourrait taxer leurs discussions de superficiel si de temps à autre ne se glissaient des préoccupations plus profondes. Au fond, qu’ont-elles gagné ces femmes qui se sont battues contre la société patriarcale ? Ne vivons-nous pas encore et toujours dans une société sexiste où la femme est toujours jugée sur le physique, où celles qui décident de travailler doivent malgré tout assumer enfants et tâches ménagères ? Et qu’en est-il des combats politiques ? Malek le kabyle voit son pays déchiré par la guerre civile, Soledad et Miguel contemplent avec amertume un Chili débarrassé de Pinochet mais aux mains de dollars tout aussi meurtriers. Alors, Miguel a-t-il fui une femme vieillissante pour régler sa propre crise de la cinquantaine ou parce qu’il ne supportait pas l’idée de tous ces sacrifices inutiles ?

Michèle Sarde, « Constance et la cinquantaine », Editions du Seuil, 267 pages, 18 €


Publié le Vendredi 18 Juillet 2003 dans la rubrique Culture | Lu 1185 fois