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France - Claude Nougaro est décédé hier à l'âge de 74 ans ; il est mort le poète


Claude Nougaro, le troubadour toulousain, amoureux des mots, est décédé jeudi à son domicile parisien. A 74 ans, il était atteint d’un cancer du pancréas. Ses proches savaient que ce féru de boxe, qui devait sortir un nouvel opus fin avril chez Capitol, avait peu de chances de sortir vainqueur de cet ultime combat contre la maladie.

Le chanteur sera enterré la semaine prochaine. En attendant, un hommage est prévu ce soir à 18h00 au Capitole, à Toulouse en face de la mairie où un portrait géant de l’artiste a été dressé. Une messe à sa mémoire sera célébrée lundi 8 avril à 10h30 à l'église Notre-Dame-de-Paris. Il sera enterré dans le courant de la semaine prochaine dans sa ville natale à une date qui sera précisée ultérieurement, a déclaré son agent, Charley Marouani.

Fils d'un chanteur d'opéra et d'une professeur de piano italienne, il a été élevé par ses grands-parents, dans la ville rose, Toulouse. Ce «Troubadour baroque», ce «petit taureau», ce «Pygmée occitan», ce «nègre grec» -autant de surnoms que l’artiste s’était choisis au fil de ses textes- mixa avec brio le jazz et la java, les rythmes afro-brésiliens et la langue d'oc. Il fût l’un des premiers à nous faire découvrir les musiques du monde, notamment les rythmes du Brésil. En 77, Il devait d’ailleurs connaître l’un des ses plus gros succès, « Tu verras », grâce à une chanson de Chico Buarque, célèbre interprète carioca.

Claude Nougaro avait effectué sa dernière tournée en tant que chanteur en 2002. L’année suivante, il avait monté un spectacle dans lequel il récitait, chantait a capella des vers issus de son recueil « Les fables de ma fontaine ».

La mort de Nougaro a bien sur suscité une très vive émotion dans tout l’hexagone. A commencer par Toulouse, sa ville natale, où Dominique Baudis et Philippe Douste-Blazy ont salué l’homme et l’artiste. A Paris, sa ville d’adoption, le président de la République Jacques Chirac a honoré la mémoire d'"un maître de la chanson française". Jean-Jacques Aillagon, ministre de la Culture, a salué en lui "un grand artiste au style singulier, où la poésie des mots et la tendresse des rythmes tenaient une place importante". Bertrand Delanoë, maire de Paris salue le « Poète-chanteur, amoureux des mots et de la musique » qui « contribua très largement à ancrer le jazz dans la culture française ». Georges Moustaki, autre poète de la chanson française salue le «musicien», l'«être d'exception» et le «lyrisme» de Nougaro.

L’homme à la grande écharpe tombant sur une chemise ouverte est parti. Il nous laisse une trentaine d’albums remplis de titre inoubliables : Tu verras, Toulouse, Le Jazz et la Java, Mai Paris, 4 boules de cuir, Je suis sous, Cécile ma fille, Armstrong etc.

«Qu'il est loin mon pays, qu'il est loin.»… disait le poète.


Publié le Vendredi 5 Mars 2004 dans la rubrique Culture | Lu 3228 fois