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France - Catwoman, en guerre contre le culte de la beauté à tout prix


Les super héros sont de retour avec la dernière grosse production hollywoodienne, Catwoman, tournée par le français Pitof, réalisateur du dernier Vidocq. L’ennemi ô combien sexy de Batman a abandonné Gotham City pour se retrouver plonger dans le 21ème siècle. Fini le Joker ou le Pingouin qui tentent de s’approprier les ressources de la planète. Cette fois-ci, Catwoman vole au secours des femmes, avant que celles-ci ne deviennent les victimes d’une illusoire crème anti-vieillissement.

Alors qu’elle travaille sur une campagne de pub pour un nouveau produit cosmétique anti-âge révolutionnaire, censé procurer une éternelle jeunesse, la jolie graphiste timorée Patient Price (Halle Berry) réalise que cette crème est une arnaque. Pire encore, qu’elle agit comme une sorte de drogue donnant des maux de tête dès que l’on se trouve en manque et qui défigure l’utilisatrice si elle cesse de l’appliquer. Découverte par ses employeurs Laurel et Georges Hedare (Sharon Stone et Lambert Wilson), ces derniers décident de l’éliminer… Supprimée, elle ressuscite et se réincarne en une femme sensuelle et féline, d’une agilité et d’une force surhumaine. Libérée de ses complexes, Catwomen/Patient Price va pouvoir se venger de ses ex-patrons et déjouer leurs sombres projets.

Le film est globalement décevant, mais il est intéressant de constater l’angle adopté par le réalisateur. Contrairement aux autres réalisations tirées des « Comics », dans lesquelles les super héros s’acharnent à sauver la planète, Catwoman combat symboliquement la société de consommation, du marketing omniprésent et de la culture du « rester jeune ». Il est assez rare que ce sujet soit abordé dans les grosses productions hollywoodiennes. Terry Gilliam survolait déjà le sujet dans « Brazil » en 1985. La mère du personnage principal subissait des opérations de chirurgie esthétique à répétions et finissait totalement défigurée, les traits prêts à exploser à force d’être tirés.
France - Catwoman, en guerre contre le culte de la beauté à tout prix

France - Catwoman, en guerre contre le culte de la beauté à tout prix
Dans Catwoman, c’est probablement la première fois que l’on peut voir et entendre autant de références à ce refus du vieillissement, au culte du paraître et à l’éternel jeunesse. Laurel Hedare (Sharon Stone, âgée en réalité de 46 ans), à la plastique pourtant parfaite est trompée par son mari. Georges Hedare (Lambert Wilson, 46 ans lui aussi) vit en effet, une aventure avec le mannequin vedette de la marque, beaucoup plus jeune que lui et qui lui sert de faire valoir. Il lui ordonne d’ailleurs, de rester à ses côtés mais de ne rien dire : soit belle, jeune et tais toi. Sa femme, sarcastique, lui balance en pleine figure : « Tu devrais utiliser un peu moins d’autobronzant et de viagra et t’arrêter de draguer des filles qui sont nées en même temps que le GSM ».

Elle-même utilise sa propre crème. On assiste à son rituel : elle se l’applique précautionneusement sur le visage et dans le cou. Elle ne vieillit plus, mais sa peau devient dure comme du marbre. Elle se forge sa propre carapace. L’intérieur, ce qui ne se voit pas, peut vieillir, mais pas l’enveloppe… Toujours cette importance du paraître. Jalouse, elle ira jusqu’à supprimer son mari qui est aussi l’unique témoin de son secret…

Un film qui est loin d’être inoubliable, mais symptomatique dans les inquiétudes qu’il soulève… Reflet d’une société du paraître, qui se désintéresse du sort de sa planète pour privilégier l’individualisme et l’égoïsme, se focaliser sur la peur du vieillissement et la recherche de la jeunesse à tout prix.

Sortie en salle le 8 septembre 2004
Réalisé par Pitof avec Halle Berry, Lambert Wilson et Sharon Stone.


Publié le Jeudi 9 Septembre 2004 dans la rubrique Culture | Lu 5355 fois