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France - Cancer du Poumon : une analyse par région et progression chez les femmes


Par sa fréquence, par le grand nombre de décès qu'il entraîne, et aussi par le coût que son traitement représente -alors qu'il est en partie évitable-, le cancer du poumon nécessite une surveillance épidémiologique réactive sur l'ensemble du territoire. L'Assurance Maladie contribue à cette surveillance grâce à son analyse des données précises et récentes issues des demandes de prise en charge à 100% pour un cancer du poumon.

Avec près de 22 700 décès en 2000 le cancer du poumon est au premier rang des causes de décès par cancer pour l'homme et au troisième pour la femme (plus de 4 500 décès en 2000). Il s'agit d'un cancer particulièrement grave (85% de décès dans les cinq années qui suivent le diagnostic). Or il est en grande partie évitable : 80% des cancers du poumon sont dus au tabac.

Par sa fréquence, par le grand nombre de décès qu'il entraîne, et aussi par le coût* que son traitement représente -alors qu'il est en partie évitable-, le cancer du poumon nécessite une surveillance épidémiologique réactive sur l'ensemble du territoire.

L'Assurance Maladie contribue à cette surveillance grâce à son analyse des données précises et récentes issues des demandes de prise en charge à 100% pour un cancer du poumon.

En suivant les attributions d'affection de longue durée (ALD), l'Assurance Maladie a pu mesurer l'évolution du taux de nouveaux cancers du poumon par année, par classe d'âge et par sexe sur la période 1997 à 2002. Elle a également analysé et comparé les taux d'évolution régionaux et départementaux sur ces six années.

Ces enseignements sont particulièrement utiles en termes de santé publique pour poursuivre la lutte contre le tabagisme. Rappelons que le tabac est responsable de 80% des cancers du poumon.

1 - Les principaux résultats nationaux :
De 1997 à 2002 compris plus de 105 000 personnes** (85 420 hommes et 20 490 femmes) ont été admises en affection de longue durée (ALD) pour un cancer du poumon. Sur ces six années on observe que le taux d'incidence du cancer du poumon régresse (-0,6% par an) chez les hommes et progresse chez les femmes (+5,6% par an).

Pour la première fois une diminution de l'incidence chez les hommes ...Les données de l'Assurance Maladie confirment pour la première fois une baisse de l'incidence masculine au niveau national, sauf dans la classe d'âge des 40-59 ans où le taux d'incidence continue à augmenter (+1% par an).

Toutefois il n'en demeure pas moins qu'en France, le cancer du poumon est la première cause de mortalité par cancer chez l'homme. La situation est bien différente au Royaume Uni où le déclin de la mortalité masculine par cancer du poumon est constaté depuis les années 1960 et aux Etats Unis, où elle diminue depuis les années 1990.

...et une explosion chez les femmes
Chez les femmes le nombre de cancer se développe dans toutes les tranches d'âge, cette augmentation est particulièrement importante dans la tranche d'âge 40-59 ans avec un accroissement annuel de 9,6%.

L'étude de l'Assurance Maladie confirme l'augmentation très rapide du taux d'incidence standardisé : +5,6% par an entre 1997 et 2002. Et cette croissance va se poursuivre pendant les deux prochaines décennies comme en témoigne le taux d'incidence observée dans la tranche d'âge des 40-59 ans.

L'incidence du cancer du poumon chez les femmes en France va se rapprocher de celle des pays d'Europe du Nord où elle est aujourd'hui deux fois plus importante que dans les pays de l'ouest européen.

En effet, le ratio homme/femme est passé de 5,7 à 4,2 durant la période 1997-2002 confirmant que la France a tendance à se rapprocher du Royaume Uni (sex-ratio de 2,2 et des Etats Unis (sex-ratio de 1,6).

Cette situation qui s'explique par la montée du tabagisme chez les femmes après la deuxième guerre mondiale, pourrait remettre en cause la progression de l'espérance de vie féminine.

2 - Les résultats régionaux et départementaux :
La géographie du cancer du poumon en France montre des disparités importantes d'un sexe à l'autre selon les régions et les départements. Le degré d'urbanisation et les disparités socio-économiques et professionnelles ne sont pas sans influence sur les différences que l'on observe dans les régions et les départements.

Du côté des hommes ... Le taux d'incidence du cancer du poumon masculin est le plus élevé dans les régions du nord et de l'est de la France : Champagne-Ardenne (55,1 pour 100 000 hommes) Lorraine (51,1), Nord-Pas-de-Calais (50,6), Haute-Normandie (48,9), Franche-Comté et Picardie (47,6).

En affinant à l'échelle départementale, la fréquence la plus forte se trouve dans quatre départements du Nord Est : Haute-Marne (65,3 pour 1 000), les Ardennes (61,5), la Meuse (54,7) et la Meurthe-et-Moselle (53,6).

Ailleurs, on peut observer des différences importantes au sein d'une même région, ainsi en Ile-de-France la Seine-Saint-Denis (43,8) et le Val-d'Oise (43,2) se différencient fortement des Hauts-de-Seine (32) et des Yvelines (35,8).

...et des femmes. La géographie des cancers du poumon chez les femmes présente de nombreuses différences avec celle des hommes. Dans la population féminine on retrouve des chiffres élevés, supérieurs à la moyenne nationale (8,4) dans le quart nord-est, notamment en Lorraine (10,4). L'incidence est également élevée dans le Sud Ouest et sur le pourtour méditerranéen.

Ainsi, on observe que sur les six départements où l'incidence du cancer du poumon féminin est la plus élevée, on trouve trois départements fortement urbanisés : Paris (13,5 pour 100 000 femmes), le Val-de-Marne (11,3) et le Var (10,9). Dans le département du Pas-de-Calais le ratio homme/femme est le plus élevé de France (9,1).

* Environ 500 millions d'euros par an
** Dépendant du régime général (49 millions de personnes protégées)


Publié le Vendredi 3 Septembre 2004 dans la rubrique Santé | Lu 3941 fois