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France – CNAMTS : étude de l’impact du vieillissement de la population sur les dépenses de santé


La Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés (CNAMTS) apporte sa contribution au débat actuel sur le problème sanitaire que pose la démographie française, à travers son étude réalisée sur la période 1992-2000 et parue début septembre : « Le vieillissement des français et leur consommation médicale : un enjeu majeur pour l’avenir du systèmes de soins ». La population française vieillit : 7 sept millions de personnes âgées en 2003, le double attendu en 2050. Par ailleurs, l’étude montre, qu’en huit ans, la consommation médicale annuelle des personnes de 75 à 80 ans aurait plus que doublé. Enfin, l’étude traite de l’évolution de la consommation médicale face au vieillissement et envisage les changements de comportements, de besoins, de pratiques ou techniques médicales dans les années à venir.

Selon la CNAMTS, un peu plus de la moitié des dépenses de santé du régime général est destinée aux malades de 55 ans et plus de 30% à ceux de 70 ans et plus. Ce ne sont donc pas les personnes les plus âgées qui consommeraient le plus, même si leur consommation a malgré tout augmenté. L’étude remarque aussi que les patients à haut risque et en fin de vie ne sont pas ceux qui pèsent le plus sur les dépenses, contrairement à la consommation des personnes à risques plus faibles, âgées d’une cinquantaine d’années. En effet, il apparaît dans « l’Echantillon Permanent d’Assurés Sociaux » (EPAS), constitué par la CNAMTS que la consommation médicale diminue chez les personnes âgées à haut risque, lors des dernières années ou derniers mois de leur vie. Les personnes décédant à 85 ans et plus ayant beaucoup moins consommé les cinq dernières années de leur vie que celles décédées entre 55 et 64 ans, par exemple. Les pathologies rencontrées chez des personnes plus jeunes impliquent des traitements plus coûteux. La CNAMTS suggère alors de concentrer, à l’avenir, les innovations thérapeutiques sur les générations plus jeunes et de multiplier à leur égard les efforts de prévention notamment envers l’Alzheimer, l’hypertension artérielle, etc., afin de pouvoir réduire à terme les dépenses de santé les concernant.

L’étude analyse aussi l’augmentation de la consommation de médicaments des personnes âgées depuis huit ans comme étant la conséquence paradoxale de la progression des dépenses de santé : le progrès médical augmente l’espérance de vie, d’où l’apparition de problèmes de santé liés au vieillissement qu’il est nécessaire de soigner. Le montant moyen de dépenses médicales représente 5 238 euros chez les seniors contre une moyenne nationale de 1 793 euros. Une autre explication découlerait du risque accru des effets indésirables des médicaments chez les personnes âgées et ce dès l’âge de 65 ans : accumulation des toxines de médicaments dans l’organisme due à l’affaiblissement des fonctions rénales, problèmes de mémoire provoquant la confusion dans la prise des médicaments, automédication, trop de médicaments prescrits à la fois par les médecins… Un accord vient d’ailleurs d’être signé entre la CNAM et les médecins afin que ces derniers ne prescrivent que les médicaments nécessaires et évitent les doublons.



Publié le Jeudi 18 Septembre 2003 dans la rubrique Santé | Lu 2704 fois