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France – Bientôt en salle : 'Depuis qu’Otar est parti…'


Le 17 septembre prochain, sort le premier film de Julie Bertuccelli, connue pour ses documentaires souvent primés. « Depuis qu’Otar est parti… » est l’histoire de trois générations de femmes vivant sous le même toit, dans la Géorgie postsoviétique d’aujourd’hui. Il y a Ada, étudiante, sa mère Marina, et Eda la grand-mère, interprétée par l’incroyable Esther Gorintin, 90 ans. Otar, fils d’Eda et frère de Marina, est parti depuis un an à Paris. Les courriers qu’il adresse à sa mère l’illuminent et font rêver sa petite-fille qui lui les lit. Mais un jour, Otar meurt. Pour ne pas briser Eda, la mère et la fille ne lui disent rien, et continuent de lui prêter vie dans des lettres qu’elles inventent. Un jour, Eda veut revoir son fils et toutes trois, elles s’envolent pour Paris.

Le film est tiré d’une histoire vraie, réinventée par la jeune réalisatrice. On y retrouve la pétillante Esther Gorintin, qui a commencé sa carrière à 85 ans dans « Voyages » d’Emmanuel Finkiel, pour lequel elle a reçu le prix d’interprétation féminine en 1999 au festival d’Albi. Depuis, elle a joué dans quatre autres longs métrages, « Imago (jours de folie) » (2001, de Marie Vermillard), « Le stade de Wimbledon » (2001, de Mathieu Almaric), « Carnages » (2002, de Delphine Gleize), et « Depuis qu’Otar est parti… ». D’origine polonaise, Esther Gorintin vit à Paris, parle russe et français. Elle interprète une grand-mère au caractère bien trempé, au moral et à la santé extraordinaires, stalinienne quand ça l’arrange. Une femme coquette, qui aime peindre ses ongles et se coiffer.

Les relations entre les trois femmes sont conflictuelles et à la fois pleines d’affection, très tactiles. Elles se cajolent, se massent, s’embrassent. Eda tient une place, dans sa famille et dans la société géorgienne, bien différente de celle qu’elle pourrait avoir dans notre culture européenne. Julie Bertuccelli l’explique ainsi : « on vit très resserré sur la famille avec les grands-parents, les parents, les enfants. Aujourd’hui encore, à 25 ans, les petits-enfants vivent toujours chez les grands-mères. Ca peut paraître formidable de vivre comme ça avec sa grand-mère, ça crée des relations de vie très fortes que nous avons complètement perdues chez nous. Mais en même temps, les géorgiens n’ont pas les moyens de faire autrement ». D’où l’emprisonnement que ressent Ada, l’étudiante qui rêvasse en lisant puis rédigeant les courriers d’Otar. Esther Gorintin, « toujours concentrée, professionnelle, infatigable » selon la réalisatrice, aurait en tout cas apprécié son tournage en Géorgie, puisqu’elle y aurait pris cinq kilos ! Sélectionné à Cannes au printemps dernier pendant la semaine de la critique, Julie Bertuccelli a reçu pour son film le Grand Prix du meilleur Scénariste.

Film Franco-belge de Julie Bertuccelli, comédie dramatique, 1h42, 2003. Avec Esther Gorintin, Dinara Droukarova, Nino Khomassouridze. Produit par "Les Films du Poisson".


Publié le Mardi 9 Septembre 2003 dans la rubrique Culture | Lu 578 fois