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France Alzheimer : une gestion critiquée par la Cour des comptes

Le Cour des comptes déplore dans un prérapport, la gestion de France Alzheimer entre 2000 et 2003, alors que de son côté, la directrice de cette association Arlette Meyrieux, précise qu’une réforme a été entreprise pour que la structure « fonctionne avec plus de rigueur ».


Après la critique du système de prise en charge des personnes âgées, la Cour des compte désapprouve maintenant, dans un prérapport, la gestion de l'association reconnue d'utilité publique, France Alzheimer, entre 2000 et 2003. Cette information a été révélée mercredi dernier par Le Figaro et Le Parisien, alors que la Cour des comptes, de son côté, refuse de communiquer sur ces travaux, au motif que le rapport ne sera définitif que lorsque l'association aura répondu aux questions qui y sont évoquées.

Dans un premier temps, il a donc été reproché à France Alzheimer de n'avoir consacré en 2003, que 54% des trois millions collectés et d'avoir conservé des réserves (fonds non dépensés en fin d'années) trop importantes. A ce sujet, la nouvelle présidente de l'association depuis juin dernier, Arlette Meyrieux, 64 ans, ancienne professeur de mathématiques admet une « gestion très prudente, voire trop prudente ».

D'autre part, la Cour des comptes estime qu'à cette époque, les frais de fonctionnement et de collecte de fonds étaient eux, jugés trop élevés. Précisons que France Alzheimer a tenu à montrer qu'elle n'avait « rien à cacher » en livrant elle-même ses comptes 2003.

Autre critique : l'attribution des bourses de recherche. Le Parisien souligne le « manque de suivi » des travaux qu'aurait relevé la Cour des comptes ainsi que « l'absence de règle précise concernant les éventuels conflits d'intérêt qui peuvent surgir lorsque les demandes de bourses émanent de chercheurs qui travaillent dans le laboratoire d'un des membres du comité scientifique ». Ainsi, selon le prérapport, « 50% des lauréats appartenaient au laboratoire de membres du comité scientifique ou bien avaient publié avec un membre du comité », Le Figaro évoquant « un risque d'autodistribution ».

Sur ce dernier point, Mme Meyrieux, qui fait partie des 3.000 bénévoles qui oeuvrent aux côtés des quatorze salariés a souligné que le monde de la recherche sur l'Alzheimer était un petit monde. « C'est pour cela que l'on retrouve toujours les mêmes. Ce n'est pas du copinage mais la loi du nombre » a-t-elle indiqué.

Toujours est-il que Mme Meyrieux accepte les critiques de la Cour des comptes qui « confortent sa réorientation » et précise que « France Alzheimer est une association honnête et transparente et la Cour des comptes ne dit pas autre chose ». Elle souligne aussi que le « prérapport ne met absolument pas en cause l'honnêteté, l'intégrité (...) des dirigeants, des salariés et des bénévoles », mais « l'efficacité de notre action et un certain nombre de choix stratégiques ». Mme Meyrieux craint enfin que de mauvais articles de presse n'affectent la confiance des 90.000 adhérents et donateurs.


Publié le Vendredi 9 Décembre 2005 dans la rubrique Divers | Lu 7347 fois