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France - Alzheimer, le ministre de la Santé a présenté hier son plan de lutte contre la maladie


Le ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy a présenté hier un plan sur trois ans, visant à favoriser un diagnostic précoce de la maladie d'Alzheimer et à mieux prendre en charge les 800.000 personnes, soit 18 % des personnes de plus de 75 ans, qui souffrent de cette maladie ou de troubles apparentés.

La maladie d’Alzheimer est une forme de démence neurodégénérative qui entraîne le dysfonctionnement de certaines fonctions intellectuelles telles que la mémoire, le raisonnement, le langage. Elle est diagnostiquée en général après 65 ans mais peut survenir dès l’âge de 30 ans.

Selon le ministre de la Santé, seul un diagnostic précoce pourrait ralentir l'évolution de cette maladie neurodégénérative du cerveau, toujours incurable. Toutefois, la stimulation de la mémoire et certains médicaments pourraient aussi freiner ce processus et retarder le déclin des individus.

Le ministre a promis de renforcer les moyens des 238 consultations mémoires existantes et d'en créer cent de plus d'ici 2007. Cette mesure représente un budget de 15 millions d'euros sur trois ans. Ces centres accueillent une équipe pluridisciplinaire capable d’effectuer un diagnostic complexe et de démarrer la prise en charge. Toutefois, ils sont inégalement répartis sur le territoire : il n’en existe qu’un seul dans le Limousin, 22 en Midi-Pyrénées et 43 en Ile-de-France.

L’« évaluation cognitive » à partir de 70 ans va être intégrée aux consultations de prévention prévues par la loi de santé publique afin de faciliter le diagnostic précoce de la maladie.

Afin de mieux accompagner les malades vivant à domicile et de soulager les familles, le nombre de places d’hébergement et d’accueil de jour en « petites unités de vie » pourrait être multiplié par 6 et passer de 2.378 en 2004 à 15.500 en 2007. Un décret est actuellement examiné par le Conseil d'Etat, il devrait permettre à l'Assurance maladie de financer ces structures de moins de 25 places. Le ministre a aussi évoqué la création de « gardes itinérantes de nuit » susceptibles d’intervenir sur demande de la famille ou de façon programmée pour « calmer le malade ».

M. Douste-Blazy a aussi annoncé que la maladie d'Alzheimer serait inscrite en tant que telle sur la liste des affections de longue durée, et non plus, comme actuellement, sous la rubrique « psychose, troubles graves de la personnalité, arriération mentale ».

Par ailleurs, une plate-forme téléphonique d'aide et de conseil aux familles doit être créée et la prise en charge hospitalière (urgence et soins de réadaptation) des malades en « situation de crise » facilitée.

Le financement de ce plan de lutte et de prévention de la maladie d’Alzheimer, prévoit l’allocation d’un budget de 88 millions d’euros d’ici 2007.

Compte-tenu du vieillissement généralisé des populations occidentales, la maladie d’Alzheimer va voir ses chiffres exploser en France, avec l’apparition d’environ 165.000 nouveaux cas par an. On estime ainsi que d’ici cinq ans, chaque famille française devrait être touchée par cette pathologie. A l’heure actuelle, selon l’Inserm, en France, le nombre de cas d’Alzheimer (ou démences apparentées) s’élèverait à 800.000 personnes. Toutefois, il est difficile de citer un chiffre précis compte-tenu du sous-diagnostic de la maladie qui pourrait concerné presque 50% des malades.

Cette maladie a été découverte par un médecin allemand en 1906 : Aloïs Alzheimer. Considérée comme inéluctable et intimement liée au vieillissement, les médecins l’ont ignoré pendant longtemps. Cette pathologie était jugée « normale », on disait des personnes âgées « elle perd la tête, c’est l’âge, on n’y peut rien ». Les premiers médicaments -qui ne guérissent pas de la maladie, mais peuvent retarder ses effets- sont apparus dans les années 90. Enfin, des malades célèbres comme Rita Hayworth ou Ronald Reagan -atteint depuis 1994 et décédé cet été-, ont permis une plus grande médiatisation de cette pathologie. Ainsi, dès que les premiers signes de la maladie d’Alzheimer furent diagnostiqués chez son époux, Nancy Reagan a placé toute son énergie dans la recherche sur les cellules souches, qui pourraient permettre de réparer les cellules malades. En 1998, l’association américaine Alzheimer, a d’ailleurs reçu l’aval de l’ancienne « First Lady » pour créer l’institut de recherches qui porte son nom et celui de son époux.

France - Alzheimer, le ministre de la Santé a présenté hier son plan de lutte contre la maladie


Publié le Mardi 14 Septembre 2004 dans la rubrique Santé | Lu 2199 fois