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Senior Actu

France - Age et qualité de vie au travail, vers une meilleure considération des seniors


Le colloque « Age et qualité de vie au travail » a clôturé vendredi 7 mai au Palais des Congrès de Paris la première édition de la Semaine de la qualité de vie au travail organisée par le réseau ANACT pour l’amélioration des conditions de travail et intitulée à juste titre « Bien vivre le travail ».

Le ministre délégué aux Relations du Travail Gérard Larchet a ouvert ce colloque en rappelant le douloureux taux de chômage qui touche 9,8% de la population active en France. « Le travail aujourd’hui, c’est plus d’autonomie mais aussi plus de contraintes », s’est-il empressé de souligner, et les salariés revendiquent de meilleurs emplois et une meilleure prise en charge de leurs spécificités. « Il ne faut pas attendre tranquillement le retour de la croissance », continue-t-il, et face au triste record français de l’entrée la plus tardive sur le marché du travail et du départ en retraite le plus précoce, il est nécessaire de « coordonner les politiques de l’emploi et du travail ».

Aussi, selon le ministre, les réformes des retraites et de la protection sociale ne sont que le début de profonds changements dans notre société.

La gestion des âges est une priorité et c’est dans cet esprit qu’un Contrat de Progrès, négocié avec le réseau ANACT et les partenaires sociaux, a été mis en place le 20 janvier dernier. Ce contrat prend notamment en compte la professionnalisation des salariés tout au long de leur vie pour une meilleure adaptation des compétences, des négociations sur la pénibilité du travail ou encore envisage la fin des pré-retraites systématiques.

Trouver des solutions adéquates au problème de la place des seniors dans le monde du travail, sous-entend « un vrai dialogue social et une intervention de l’Etat », rappelle M. Larchet.

Le ministère travaille actuellement sur un projet de loi de santé publique avec une mention spéciale pour la santé au travail, une évaluation à priori et la mise en place d’un « plan cancer », à l’initiative du président de la République, pour les cancers dont l’origine est professionnelle.

Parce que les risques évoluent parallèlement aux conditions de travail, « il faut accroître notre système de prévention », selon le ministre. Ainsi, un plan de santé publique et de sécurité au travail doit être présenté cet automne. Ces initiatives visent une prise en compte plus juste des conditions de travail et une meilleure gestion de la place des seniors dans l’entreprise.

Selon un sondage « liaisons sociales-Anact », réalisé en mars et avril 2004, 52% des salariés placent les conditions de travail en tête de leurs priorités et près d’un quart d’entre eux estiment que leur charge de travail s’est alourdie ces dernières années.

La situation est d’autant plus préoccupante que près d’une entreprise sur deux a une pyramide des âges vieillissante et que toutes vont devoir faire face, d’une part à des départs massifs et d’autre part à des restructurations permettant aux plus de 60 ans de continuer à travailler dans les meilleures conditions possibles.

Tout l’enjeu est là : comment rester compétitif sans exclure les seniors de la vie de l’entreprise et sans détériorer les conditions de travail. Selon M. Josef Niemec, secrétaire de la Confédération Européenne des syndicats, « Il ne suffit pas de retarder le départ en retraite mais il faut aussi former et inciter les salariés à rester. »

Pour Mme Yannick Moreau, Présidente du Conseil d’Orientation des Retraites, une revalorisation de la place des seniors dans la société française est nécessaire. La France n’en est qu’aux prémisses de la réforme et la « cristallisation n’est pas encore visible », constate-t-elle. Pourtant, « il faut un véritable plan d’action ».

M. Michel De Virville, secrétaire général du groupe Renault, ne pense pas « faire preuve d’un optimisme excessif » en affirmant que les années qui viennent ne peuvent qu’accroître la conscience collective. Il ajoute que « la plupart des salariés en fin de carrière n’ont pas de difficulté particulière et il faut parvenir à individualiser sans marginaliser » pour faire face au vieillissement des effectifs.

La course à la compétitivité est un mal nécessaire, constate M. Niemec, mais si l’on veut combattre le chômage et les licenciements économiques qui touchent en priorité les plus de 50 ans, il faut accorder une place plus importante aux affaires sociales ».

Tous sont d’accords pour affirmer qu’il va falloir travailler plus longtemps et plébiscitent une cohérence sur le plan national et européen, notamment en ce qui concerne l’âge légal de la retraite et la notion de pénibilité.
France - Age et qualité de vie au travail, vers une meilleure considération des seniors


Publié le Lundi 10 Mai 2004 dans la rubrique Social | Lu 1862 fois