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France – Affaire de la maison de retraite d’Arras, la Fnadepa déplore le manque de personnel


Alors qu’une infirmière et une aide-soignante soupçonnées d'avoir maltraité des personnes âgées -dont une serait décédée- viennent d’être mises en examen pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner » et « non dénonciation de crime », puis écrouées, la Fnadepa (Fédération Nationale des Associations de Directeurs d'Etablissements et services pour les Personnes Agées) déplore l’insuffisance de personnels dans les établissements.

Et de préciser que bien évidemment les « cas de maltraitance signalés à l'hôpital d'Arras doivent être dénoncés, s'ils s'avéraient fondés », que les contrôles renforcés proposés par le ministre sont un point positif, mais la Fnadepa réclame une fois encore, l’augmentation du nombre de personnels auprès des personnes âgées.

Selon cette fédération, « le manque d'effectif, au plan qualitatif et quantitatif, constitue la première cause des maltraitance dans notre pays. Comment mettre en œuvre une démarche qualité quand il n'y a pas de temps disponible pour des réunions d'équipes au cours desquelles les contentions sont évaluées, quand une aide soignante doit, simultanément, aider cinq personnes dépendantes à la prise aux repas, quand il n'y a pas de temps pour emmener les personnes incontinentes toutes les deux heures aux toilettes …, quand tout est minuté. Le manque d'ambition du plan vieillissement et solidarité ne permettra pas de changer résolument les choses et n'offrira pas les conditions d'une bientraitance ; alors multiplier les contrôles c'est bien mais donner des moyens humains c'est mieux ! »

Durant leur garde à vue, l'infirmière et l'aide-soignante qui travaillaient de nuit dans le centre de cure médicale Pierre Brunet d’Arras, auraient avoué avoir maltraité une dizaine de malades, et non plus quatre comme initialement supposé à la suite d'un enquête interne menée à la demande du directeur du centre. L'aide-soignante aurait aussi reconnu avoir poussé de son lit, le 6 septembre 2004, une nonagénaire qui serait décédée deux heures plus tard. Ces deux femmes âgées de 44 ans, travaillaient dans cette maison de retraite du nord de la France depuis plus de dix ans.

Une troisième personne, le médecin chef du service, a aussi été placée en garde à vue mercredi soir.

Le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, qui était en visite dans le centre Pierre Brunet mardi dernier a affirmé « qu'il ne laisserait rien passer en matière de maltraitance » et qu'il demanderait les sanctions « les plus sévères ». La préfecture du Pas-de-Calais annonçait hier pour sa part qu’une mission d’inspection se rendrait sur place ce jeudi afin d’examiner l'organisation et le fonctionnement du centre de cure médicalisé dans le cadre de la prévention des actes de maltraitance. Cette mission est composée de trois médecins, d'une infirmière générale et d'un inspecteur des affaires sanitaires et sociales.


Publié le Jeudi 23 Septembre 2004 dans la rubrique Maisons de retraite | Lu 1531 fois