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France - 3è prix de l'innovation sociale locale pour le CCAS de Saint-Apollinaire pour son concept 'Générations'


Le prix de l’innovation sociale locale, organisé par l’Union Nationale des Centres Communaux d’Action Sociale (UNCASS), récompensant les actions des CCAS/CIAS les plus novatrices, a été remis hier soir pour sa première édition, dans les salons de l’Hôtel de ville de Paris, devant les responsables des centres communaux d’action sociale (CCAS) de tous les départements français.

Ce prix a été créé cette année, en mai 2004. Il souhaite valoriser les projets locaux, menés dans le domaine de la petite enfance, du handicap ou encore de l’aide aux personnes âgées. Pour cette première édition, les organisateurs ont reçu 148 candidatures en provenance de 119 communes différentes, précise le communiqué.

Trois dotations financières ont donc été attribuées, d’une valeur de 4.500, 3 000 et 1.500 euros. Le premier lauréat de ce nouveau prix est le CCAS du Pont-de-Clay (38) pour sa « démarche de ‘qualification mutuelle’ sur le logement social », le deuxième est le CCAS de Clamart (92) pour sa « coordination pour la prévention de l’exclusion des femmes victimes de violences » et enfin, le troisième, est le CCAS de Saint Apollinaire (21) pour son projet « Générations ».

Ce concept « Générations » n’est pas récent puisqu’il a été initié en 1995 et qu’il existe depuis 2002. Toutefois à l’occasion de la remise de ce prix, il est intéressant de rappeler le principe de fonctionnement de cet habitat intergénérationnel. Ce projet est né de la réflexion de trois partenaires : la Fedosad (Fédération des œuvres de Soutien à Domicile), l’Opac et la ville de Saint-Apollinaire. Le travail commun de ces trois cultures distinctes (gérontologique, immobilière et municipale) a donné lieu à la création d’un nouveau quartier, d’un îlot intergénérationnel de 2.000 personnes environ.

L’objectif de cet habitat d’un genre nouveau, qui comprend 76 logements sociaux, est de faire cohabiter dans un même lieu, à part égale, des jeunes couples et leurs enfants de moins de 5 ans avec des personnes de plus de 60 ans. Ce quartier comprend aussi un domicile protégé pouvant accueillir 6 personnes atteintes par la maladie d’Alzheimer, une petite unité de vie pour une quinzaine de personnes âgées dépendantes, des structures petite enfance, une ludothèque, une salle de quartier… Le but n’étant pas de vaquer à ses occupations chacun de son côté mais de provoquer les rencontres intergénérationnelles, la vie en communauté, et ce, quelques soient les âges et même avec des personnes malades. La proximité par rapport au centre de la commune permet par ailleurs de maintenir des échanges avec la population locale.

Afin d'assurer le bon fonctionnement de ce quartier, une charte-générations de bon voisinage a été mise en place. Les habitants ont la responsabilité morale de pratiquer l’entraide en se rendant service mutuellement. Les seniors peuvent garder ou jouer avec les enfants pendant que les parents portent les courses ou réalisent de menus travaux d’aménagement pour les personnes âgées, par exemple. De plus, afin d’éviter la solitude, un sentiment d’isolement ou d’insécurité, des interphones sont présents dans chaque appartement, permettant à tout moment d’entrer en contact avec son voisin ou le point d’accueil et de services.

Cette vie de village ou de quartier, mélangeant les générations, doit permettre aux seniors de transmettre des valeurs et des connaissances aux plus jeunes. Parallèlement, les aînés se sentent moins seuls, utiles et encore actifs puisqu’ils participent à la vie de la communauté. Point important, car de nombreuses personnes âgées souffrent souvent d’un fort sentiment d’inutilité, de « mise au rencart ». Autre point à souligner, cette expérience semble démontrer qu’il est aussi possible d’accueillir et d’intégrer des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer dans une vie de quartier. Toutefois, malgré ce tableau presque idyllique, certaines difficultés subsistent. Il est par exemple difficile d’associer les adolescents et les personnes actives, entre 25 et 60 ans, dans les opérations intergénérationnelles.

Interrogé sur l’utilisation probable de ces 1.500 euros, Mr Franck Flamant, directeur du CCAS de Saint-Apollinaire avoue ne pas avoir encore réfléchi à la question. La décision sera de toute façon collégiale. Il attend les propositions d’idées…

Bien sûr, on ne peut que féliciter ce CCAS de cette initiative innovante. On peut cependant s'interroger sur l'état de nos sociétés actuelles, qui doivent, de manière artificielle, recréer des « ersatz » de vie en communauté qui existait encore il y a une cinquantaine d’années dans les villages et les quartiers des grandes cités. En tout état de cause, « Générations » a le mérite d’exister et de fonctionner.

Saint-Apollinaire est une ville de 6000 habitants située dans l’agglomération dijonnaise.

Générations
CCAS Saint Apollinaire
3 impasse Jacquat
21850 Saint Apollinaire
tél : 03 80 78 15 93
France - 3è prix de l'innovation sociale locale pour le CCAS de Saint-Apollinaire pour son concept 'Générations'


Publié le Jeudi 4 Novembre 2004 dans la rubrique Social | Lu 3696 fois