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Senior Actu

France – 1000 km à pied pour sensibiliser l’opinion au problème de l’emploi senior

Alors que sept chômeurs de plus de 42 ans viennent d’assigner soixante-dix entreprises devant le Tribunal de Grande Instance de Paris pour discrimination à l’embauche en raison de l’âge des candidats, M. Patrick Mayo, « quinqua chômeur » a entamé ce matin à Fontainebleau un périple de 1.000 kilomètres à pied « pour que les délinquants de l’emploi cessent leurs comportements à l’égard des quinquas ».


A 50 ans, cet informaticien au chômage depuis deux ans, a donc commencé ce matin à 10 heures, sa longue marche symbolique de 1,000 kilomètres à travers la France, en vu de sensibiliser le grand public et les politiques aux problèmes de l’emploi des seniors. « Je le fais pour montrer qu’à 50 ans on est encore actif et entreprenant » indique M. Mayo. Et d’ajouter que « les entreprises et les entrepreneurs peuvent encore nous faire confiance ».

Durant ses deux années de recherches d’emploi infructueuses, M. Mayo n’a trouvé aucune société disposée à l’embaucher. Selon lui, la raison est simple : il s’agit de son âge. « Les employeurs ont des préjugés par rapport aux salaires des seniors, par rapport à nos connaissances en terme de technologie, par rapport à notre dynamisme et aussi par rapport au fait que les seniors sont moins malléables dans le travail » s’insurge cet informaticien. « De fait, nous sommes exclus ».

La France est effectivement confrontée à une crise de l’emploi des seniors. On estime entre 500.000 et un million, le nombre de quinquas qui seraient concernés. En octobre dernier, un sondage de la TNS/Sofres réalisé pour le magazine Le Pèlerin sur le thème « les personnes de 50 ans et l’entreprise » indiquait que près d’un Français sur deux connaissait des seniors ayant des problèmes d'emploi. Le gouvernement le reconnaît : « Les politiques menées pendant vingt ans ont fait de la France le pays d’une seule génération au travail. Elle se distingue de ses partenaires européens par un taux d’emploi des plus de 55 ans de 33,8 % contre 39,8 % en moyenne dans l’Union. Cette faiblesse tient au recours massif aux mesures d’âge durant les années 1980 et 1990 et au fait que les seniors subissent encore une vraie discrimination sur le marché du travail ».

Le coup d’éclat de ce quinquagénaire n’est probablement que le premier d’une longue série. Cela fait longtemps que le problème de l’emploi des seniors existe dans notre pays, mais jusqu’à maintenant, la cause des quinquagénaires et plus, n’a jamais réellement été défendue. Pourtant, comme le souligne Serge Guérin, auteur de l’ouvrage « Manager les Quinquas », « relancer l'emploi des plus de 50 ans passe par une politique volontariste, à l'image des pays nordiques, faite d'actions de communication, d'efforts sur l'ergonomie des postes de travail, de contestation de la supposée improductivité des salariés âgés mais aussi de revalorisation des emplois de services. Il faut le dire et le redire, les êtres humains ne sont pas des yaourts et ne subissent donc pas de date de péremption ! Signalons par exemple ces salariés qui au sein de l'entreprise sont mis, ou se mettent eux-mêmes, sur le côté alors que sitôt dehors, ils animent avec alacrité des associations ou participent à la vie de la cité. L'avenir professionnel existe après 50 ans ».

Pour soutenir l’action de M. Mayo, un collectif appelle à préparer pour le 12 juin prochain, « la journée nationale de solidarité des Quinquas Citoyens ». Elle incite tous ceux qui le souhaitent à se rassembler devant tous les Conseils régionaux de France.

« Aujourd'hui, on devient vieux beaucoup plus tard qu'auparavant sauf au sein de l'entreprise, au nom de quelle logique ? » s’interroge Serge Guérin.
M. Patrick Mayo, le 20 avril sur France 2


Publié le Mercredi 20 Avril 2005 dans la rubrique Emploi | Lu 7466 fois