Financement des retraites : une Europe à trois vitesses selon le 3ème Baromètre AXA


Pour la troisième année consécutive, AXA vient de publier les résultats de son baromètre annuel sur la retraite réalisé dans seize pays du monde, auprès de 11.590 personnes actives et retraitées. Les actifs ont donné leur vision de la retraite et les retraités se sont exprimés sur la réalité de leur statut. Des résultats très contrastés, particulièrement au plan européen. Dans les pays de l’Union Européenne, on prépare et on aborde la retraite de façon radicalement différente. En détail, « le clivage Nord – Sud » que révèle ce 3ème Baromètre AXA de la Retraite.


Retraitées londoniennes
L’Europe des retraites : quand les modèles sociaux du nord s’opposent à ceux du sud

Au Nord, le volontarisme britannique rejoint le réalisme germanique
En matière de retraite, les Britanniques et les Allemands sont les Européens les mieux informés et les plus entreprenants. Les Britanniques sont de loin les plus prévoyants : les actifs qui préparent leur retraite commencent à le faire dès 28 ans, quand la moyenne européenne se situe autour de 31 ans.

Et les trois quarts d’entre eux ont commencé à épargner, ce qui les place en tête au plan européen. Impliqués donc sereins, 64% des actifs britanniques jugent que le montant de leur retraite sera suffisant. Réalistes, ces derniers se déclarent prêts à travailler au moins jusqu’à 65 ans. D’ailleurs, 93% d’entre eux sont convaincus que l’on peut fournir un travail de qualité passés 65 ans.

Volontaires, la moitié des actifs britanniques prévoit d’ores et déjà d’exercer une activité rémunérée pendant sa retraite. D’ailleurs, le Royaume-Uni compte déjà 10% de retraités en activité : c’est deux fois plus qu’en France et en Belgique.

Bien mieux informés que leurs voisins européens, 54% des actifs allemands (contre 25% des actifs européens en moyenne) connaissent le montant de leur future retraite ; ils sont aussi plus réalistes concernant l’âge idéal de départ à la retraite, les actifs allemands souhaitant pouvoir partir à 59 ans quand le reste des Européens souhaite un départ à 56 ans. Prévoyants, 66% des actifs allemands ont commencé à se constituer une épargne retraite. .../...


Retraités madrilènes
Par contre, parmi les Européens, ce sont de loin les plus pessimistes quant à leur futur revenu de retraite qu’ils envisagent être inférieur à leur dernier revenu d’activité dans 85% des cas. La moitié d’entre eux estime d’ailleurs que leur niveau de vie va baisser. Bien plus que dans le reste de l’Europe, les actifs allemands sont farouchement opposés (à 73%) à l’augmentation de l’âge limite de la retraite. Ils sont prêts néanmoins à travailler jusqu’à 64 ans.

Au sud, l’Italie et l’Espagne se distinguent par leur attentisme
Au niveau européen, les Italiens comme les Espagnols ont la représentation la plus pessimiste de la retraite, avec plus d’un tiers d’associations négatives. Dans ces pays, les retraités apparaissent comme étant les moins actifs. 19% des retraités espagnols et 12% des retraités italiens déclarent d’ailleurs ne rien faire du tout. Mieux, 8% des actifs espagnols envisagent n’avoir aucune activité à la retraite.

C’est en Espagne que les départs anticipés en retraite sont les plus fréquents. En 2006, 63% des retraités sont concernés (c’est deux fois plus qu’en France), et, parmi eux, 35% n’ont pas choisi de partir par anticipation.

Beaucoup plus que dans le reste de l’Europe, Espagnols et Italiens sont très attachés à la solidarité familiale : 77% des retraités espagnols et 60% des retraités italiens attendent d’ailleurs un soutien financier de la part de leurs enfants.

Au centre, la France et la Belgique oscillent entre changement et conservatisme
Sur le sujet des retraites, les mentalités françaises et belges évoluent. En 2006, 73% des actifs belges (contre 65% en 2005) déclarent avoir commencé à épargner en prévision de leur retraite. En France, si ce chiffre se maintient à 49% d’une année sur l’autre, en revanche, l’âge réel de préparation est plus précoce : 31 ans contre 32 ans l’an dernier.

Les Français comme les Belges restent en Europe les populations qui partent le plus tôt en retraite (59 ans). Autre trait caractéristique des sociétés belges et françaises : elles comptent la plus faible proportion de retraités exerçant une activité rémunérée, respectivement 5 et 4%.

C’est aussi dans ces deux pays européens que l’âge limite d’augmentation de la retraite est le plus faible : 62 ans. Enfin, avec l’Espagne (18%), c’est en France que les actifs (20%) connaissent le moins bien le montant de leur future retraite.

Europe : Qui doit financer les retraites ?
En Europe, le financement de la retraite offre un triple visage : l’Europe du Nord réserve une place grandissante à la responsabilité individuelle, alors que les pays du Sud continuent de saluer la prédominance de l’Etat. Encore très attachées au rôle de l’Etat, la France et la Belgique s’orientent vers une plus grande implication de l’individu.

Une implication individuelle différenciée
Bien plus que dans le reste de l’Europe, les Britanniques placent la responsabilité individuelle (à 83%) et l’implication de l’employeur (à 67%) au coeur du financement des retraites. Les Allemands comme les Britanniques pensent que le financement de la retraite doit être équitablement partagé entre l’individu et l’Etat.

En France comme en Belgique, l’implication individuelle est un peu moindre, elle concerne 65% à peine des actifs. En Italie comme en Espagne, l’Etat (désigné comme responsable à plus de 90%) semble être le seul garant du financement de la retraite. Seul un tiers des actifs italiens et moins de la moitié des actifs espagnols considèrent qu’il est de leur responsabilité de participer au financement de la retraite.

D’ailleurs, ils tardent à s’y préparer : seuls 37% des actifs italiens et 39% des actifs espagnols déclarent avoir commencé à préparer leur retraite. En Europe, seules l’Espagne et la Belgique semblent confiantes dans leurs systèmes de retraite. Dans le reste de l’Europe, près d’un actif sur trois estime que le système de retraite de son pays est en crise.

Quid d’un système de retraite européen ?
La pertinence d’un système de retraite commun à tous les pays de l’Union européenne est loin de faire l’unanimité. Si le niveau d’adhésion est très élevé en Europe du Sud (plus de 70% d’opinions positives pour le Portugal, l’Espagne et l’Italie), il est partagé en France comme en Belgique (où un actif sur deux environ y est favorable) et plus faible au Royaume-Uni, en Allemagne et au Pays-Bas (autour de 40%).

Les résultats de cette enquête sont consultables sur www.retirement-scope.axa.com


Rédigé le Jeudi 5 Avril 2007 | Lu 5979 fois


Vos commentaires

1.Posté par lombard le 13/04/2007 10:31
En fait le problème est simple. Quand on est devenu retraité on est tous sur le même plan en principe ne participant plus à la vie active du travail, mais il faut continuer à vivre n'est-ce pas? Il faut donc un minimum pour vivre normalement donc....
Le problème à résoudre est de savoir ce que veut dire vivre normalement!
Pour moi c'est pouvoir manger équilibré, se vêtir à des prix moyens, faire une sortie ciné une fois par semaine, partir en vacances ou (et) dans la famille 30 jours par an, avoir une voiture ordinaire pour se déplacer, recevoir des soins gratis pour faire face aux ennuis de santé, vivre dans un logement décent et proportionné à notre couple de retraité par exemple.
Il n'y a donc qu'à calculer le salaire moyen de la retraite à verser à tous ceux qui sont sur le même plan, et l'attribuer à tous de la même manière. Je ne vois pas pourquoi certains toucheraient des retraites exorbitantes, et auraient des paradis dorés pendant que d'autres sont dans le besoin.
Et les politiques (enfin un gd nbre) feraient bien de montrer l'exemple avec les revenus qu'ils se sont faits attribués bien qu'ils n'aient pas cotiséslongtemps...







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