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Fantin-Latour au Musée du Luxembourg

La dernière exposition consacrée au peintre Fantin-Latour eut lieu en 1982 à Paris au Grand Palais. Un parcours chronologique (exposition au Musée du Luxembourg) nous permet aujourd'hui de mieux saisir l’œuvre de cet artiste qui a travaillé toute sa vie dans trois directions différentes. Jusqu’au 12 février 2017.


Coin de table, Fantin-Latour
Célèbre pour ses magnifiques natures mortes et pour ses portraits de personnages illustres comme Manet, Baudelaire, Rimbaud, Verlaine et ses « œuvres d'imagination », Henri Fantin-Latour est un homme introverti, nerveux, tourmenté et très indépendant vivant dans une époque où primait le collectif.
 
Il fut un peintre un peu à la marge, très engagé et conscient de sa mission : « en dehors de mon art, dira-t-il, je ne peux rien faire, rien dire, car l'art demande tous les sacrifices, car l'art est en dehors de la vie... » et « la Peinture est mon seul plaisir, mon seul but ». Il se situe pour les uns comme un peintre romantique et pour les autres, comme un symboliste.
 
Profondément indépendant, il devient un copiste admiré du Musée du Louvre. Sa première exposition en 1859 au Salon est un échec ; il décide alors de partir à Londres rejoindre le peintre Whistler. Cette rencontre sera déterminante pour Fantin ; ses amis anglais l'encouragent alors à réaliser des natures-mortes qui deviendront très vite sa meilleure source de revenus.

C'est entre 1864 et 1872 qu'il réalise ses tableaux les plus célèbres comme L'hommage à Delacroix (1864). Peu inspiré par les principes de l'Impressionnisme naissant, il ambitionne de révolutionner la peinture par des portraits de groupe avec par exemple, Un Atelier aux Batignolles en 1870, hommage appuyé à Édouard Manet. De même, Le Coin de Table en 1872, ultime représentation de groupe, célèbre grâce à la présence de Verlaine et Rimbaud au sein de la même toile.
 
La décennie de 1870 est quant à elle marquée par la consécration de l'artiste malgré le chagrin causé par le décès de ses parents et le départ de ses sœurs. « J'ai achevé mon éducation d'homme et de peintre » écrit-il en juin 1871. Sans modifier sa technique picturale et son travail, Fantin-Latour opte alors pour de nouveaux modèles et s'éloigne des portraits de commande qu'il déteste !
 
Ses portraits familiaux sont beaucoup plus austères : Portrait de Louise Riessener en 1880, par exemple. La nature-morte lui offre aussi l'occasion de peindre des centaines de toiles dans la maison familiale de Buré dans l'Orne.

Autre dimension de l'artiste, son travail sur photos : « Moi, je suis un fanatique de la photographie » écrit-il en 1888.  Photos de nus essentiellement, parfois reproduites sur calque, sur papier, voire sur toile.
 
En 1876, « L'Anniversaire » aussi appelé « Hommage à Berlioz » est une œuvre d'inspiration musicale, témoin de l'immense admiration de l'artiste pour ce musicien ainsi que pour Wagner. Présentée au Salon en 1876, cette toile immense permet au peintre d'évoluer vers des sujets d'imagination, plus poétiques et plus inspirés.
 
A partir de 1890, la mythologie, la musique, la fantaisie dominent son œuvre tandis que s'éloigne le réel. Sa dernière exposition au Salon date de 1899 ; il meurt à Buré le 25 août 1904. Bref, un bon et beau moment de peinture vous attend au Musée du Luxembourg !

Marie-Hélène Boutillon

​​Infos pratiques

Fantin-Latour à fleur de peau
Exposition jusqu’au 12 février 2017
 
Ouverture tous les jours de 10h 30 à 19h.
Nocturnes les vendredis jusqu'à 22h
 
Musée du Luxembourg
19 rue de Vaugirard, 75006 Paris 


Publié le Jeudi 24 Novembre 2016 dans la rubrique Culture | Lu 993 fois