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Face au vieillissement de sa population le Japon doit relever de nouveaux défis pour assurer une solide croissance économique

Selon un récent rapport réalisé par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur l’économie japonaise, le pays, sortant d’une décennie de stagnation économique, va devoir « relever de nouveaux défis pour pouvoir s’assurer une solide croissance à moyen terme dans le contexte d’un vieillissement rapide de sa population ».


L’expansion économique qui s’est engagée en 2002 a permis au Japon de surmonter finalement les conséquences négatives de l’effondrement de la bulle des prix des actifs du début des années 90, indique ce rapport de l’OCDE. Et de préciser que « cette expansion devrait se poursuivre en 2007 avec l’amélioration de la situation du marché du travail et l’accélération des importations, se doublant d’une inflation positive ». Mais, sortant d’une décennie de stagnation économique, le Japon doit relever de nouveaux défis pour pouvoir s’assurer une solide croissance à moyen terme dans le contexte d’un vieillissement rapide de sa population, ajoute l’organisation économique.

Mettre en oeuvre avec succès un nouveau cadre de politique monétaire.
La Banque du Japon devra se montrer prudente pour le relèvement des taux d’intérêt, car des tensions déflationnistes subsistent. En indiquant ce qu’ils entendent par stabilité des prix, les membres du Conseil contribuent à une plus grande transparence de la politique monétaire, mais le choix d’une fourchette de 0 à 2 % ne prémunit pas suffisamment contre la déflation.

Il faudrait donc relever la limite inférieure de cette fourchette, préconise le rapport. Éviter une hausse précoce et très marquée des taux d’intérêt à long terme serait bénéfique pour l’activité économique, la situation budgétaire et le secteur bancaire. La solidité financière du secteur bancaire y gagnerait si l’on réduisait le rôle des institutions financières publiques et si l’on privatisait la Poste japonaise. .../...
Face au vieillissement de sa population le Japon doit relever de nouveaux défis pour assurer une solide croissance économique

Assainir les finances publiques.
L’endettement public dépassant maintenant 170 % du PIB, il est urgent de faire reculer un déficit des administrations publiques qui reste de grande ampleur, indique ce rapport. L’action prioritaire devrait être de limiter encore les dépenses, notamment en réformant le système de sécurité sociale et en diminuant encore l’investissement public. Mais les compressions de dépenses ne suffiront pas dans un contexte de vieillissement démographique ; il faudra aussi augmenter les recettes, en élargissant l’assiette de l’impôt sur le revenu, et une hausse du taux de l’impôt sur la consommation pourrait être également inévitable. Il importe de préserver la confiance dans le programme d’assainissement budgétaire du gouvernement ; pour ce faire, les Réformes structurelles et Orientations économiques et budgétaires à moyen terme devraient comporter un plan plus précis et plus contraignant de mesures concernant les dépenses et les recettes, afin de dégager un excédent budgétaire primaire au moins suffisant pour stabiliser le ratio d’endettement public au début des années 2010.

Réduire l’inégalité des revenus et la pauvreté relative.
Le vieillissement démographique explique certes en partie l’accroissement de l’inégalité et de la pauvreté relative mesurées, mais le dualisme de plus en plus net du marché du travail joue également un grand rôle. Il faudrait inverser la tendance au développement de l’emploi sur contrat à durée déterminée en adoptant une approche globale, notamment en assouplissant la protection de l’emploi dont bénéficient les travailleurs sur contrat à durée indéterminée. Il faudrait en outre mieux cibler les dépenses publiques sociales sur les catégories vulnérables comme les parents isolés.

Améliorer le système national d’innovation afin d’accélérer la croissance de la productivité.
Pour accélérer la croissance de la productivité dans un contexte de vieillissement démographique, il faut que le Japon en revienne à un niveau élevé d’investissement dans l’innovation en améliorant son système de R D et son système éducatif.

Il faudrait que les chercheurs soient plus mobiles pour que les liens soient plus fructueux entre les organismes publics et privés de recherche. Renforcer la concurrence, en particulier dans les services et dans les industries de réseau, est essentiel pour promouvoir la mise au point de nouvelles technologies et leur diffusion. En ce qui concerne la politique scientifique et technologique, il faudrait limiter le risque d’échec inhérent à la sélection de secteurs prioritaires et éviter de trop favoriser les activités manufacturières, tout en améliorant les conditions cadres de façon à encourager la R D dans le secteur des entreprises.

Intégrer plus étroitement le Japon à l’économie mondiale.
Le Japon reste relativement isolé sous trois aspects : la pénétration des importations, le stock d’investissements directs étrangers et l’entrée de travailleurs étrangers. Une plus large utilisation des biens et services étrangers, de l’investissement direct étranger et des travailleurs étrangers est importante pour accélérer la croissance de la productivité et pour remédier aux pénuries de main-d’œuvre dans certains secteurs.

À cet effet, il faut réduire les obstacles à l’investissement direct étranger et à l’importation en particulier dans l’agriculture et assouplir les mesures de contrôle pour l’entrée des travailleurs étrangers.


Publié le Mardi 25 Juillet 2006 dans la rubrique Divers | Lu 5414 fois