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Europe - l'insuffisance cardiaque, sous-estimée et mal connue du grand public


Alors que 14 millions d’Européens souffrent d’insuffisance cardiaque, seule 3% de la population semble consciente de ses signes et symptômes mortels. Ainsi, des centaines de milliers de personnes atteintes par cette déficience ne seraient pas diagnostiquées. Tels sont les résultats alarmants d’une étude commandée par le SHAPE – groupe d’étude sur la prise de conscience et la perception de l’insuffisance cardiaque en Europe-, réunissant de nombreux spécialistes. Elle a été révélée la semaine dernière lors du « Congrès de la Société européenne de cardiologie », à Vienne, en Autriche.

Le cardiologue néerlandais Willem Remme, de l'Institut de recherche cardiovasculaire STICARES commentait les résultats en affirmant qu’« une sous-reconnaissance de cette grave maladie signifie que les autorités sanitaires ne consacraient pas suffisamment de ressources vers un traitement et des soins optimaux ». « Nous allons assister à une augmentation rapide du nombre de personnes affectées par une insuffisance cardiaque, à travers l’Europe au cours de la prochaine décennie. On prévoit qu’au seul Royaume Uni, il y aura une augmentation de 70%, pour atteindre le chiffre incroyable de 1,5 millions de personnes souffrant d’insuffisance cardiaque d’ici 2015 ». Alors que cette faiblesse du coeur reste plus répandue que la plupart des cancers, 70% des personnes interrogées lors de l’étude ne la considèrent pas comme étant un problème « grave ». Le taux d’hospitalisation lié à ce dysfonctionnement a pourtant augmenté de 130% en 15 ans. De plus, seulement 25% des hommes et 38% des femmes vivent au-delà de cinq années, après son diagnostic. Le taux de mortalité est plus fort que celui du cancer, et malgré cela, 65% pensent que ce dernier est plus dangereux.

Si tout le monde s’accorde à dire qu’éviter l’abus d’alcool, ne pas fumer, maintenir un poids sain et faire de l’exercice sont des attitudes essentielles pour un cœur sain, beaucoup -61%- estiment de manière totalement erronée que les personnes souffrantes doivent éviter l’exercice physique pour vivre paisiblement. Enfin, le défaut d’information sur les traitements actuels est flagrant, environ un quart des personnes interrogées les croient inefficaces. Si ces traitements réduisent la mortalité de 30%, ils ne sont prescrits que dans moins de 50% des cas. Le professeur Remme appelle ainsi à une indispensable prise de conscience dans l’opinion publique, à la fois sur la dangerosité de l’insuffisance cardiaque, la nécessité de la prévenir avec un style de vie sain, et l’urgence de déployer les moyens appropriés.

Une insuffisance cardiaque correspond à l’altération du muscle du cœur, qui ne parvient plus à pomper efficacement le sang dans l’ensemble du corps. Parmi les symptômes caractéristiques : chevilles enflées, essoufflement, un état de fatigue constant et à un stade plus avancé, des troubles liés à une sous-oxygénation du cerveau et une tension artérielle trop faible.


Publié le Mardi 9 Septembre 2003 dans la rubrique Santé | Lu 355 fois