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Senior Actu

Europe – L’association AGE encourage les institutions européennes à défendre le travail


AGE (l’association de défense des intérêts des seniors européens) a envoyé récemment une série de recommandations à destination des instances européennes pour promouvoir le travail des plus de 50 ans, dans l’optique du Conseil de l’Europe de printemps qui devait définir les orientations économiques des Etats membres de l’Union Européenne pour les prochaines années.

Le message d’AGE a été délivré en réaction au rapport « Delivering Lisbon » de la Commission Européenne, qui devait constituer une base de travail pour la réunion du Conseil de l’Europe des 25 et 26 mars. Ce rapport évalue les efforts effectués au niveau européen dans l’application du processus de Lisbonne, stratégie lancée en 2000 et s'étalant sur 10 ans, visant à faire de l'UE l'économie la plus compétitive et la plus dynamique du monde. En ce qui concerne le travail des seniors, Lisbonne avait établi un objectif de 50% de taux d’emploi des 55-64 ans à l’horizon 2010.

Or « Delivering Lisbon », publié le 21 janvier, estime que des progrès ont été effectués depuis 2000 mais qu’il reste du chemin à parcourir. Seuls la Suède (68% des 55-64 ans au travail), le Danemark (57,9%) le Portugal et le Royaume-Uni (53,9%) ont en effet dépassé la limite fixée par le processus alors que la Belgique (26,6%), l’Italie (28,9%) et la France (34,8%) en sont encore loin. Pour la Commission, la promotion du travail des seniors passe par une lutte contre la culture du départ à la retraite anticipé, et une levée des obstacles déprimant l’activité professionnelle des plus de 50 ans. Surtout, la Commission a établi comme l’une des trois priorités du Conseil de l’Europe de printemps « l’apprentissage sur toute une vie » : il s’agit d’offrir l’accès à la formation et à l’éducation aux seniors, afin d’éviter « l’obsolescence des compétences ».

Dans son message, AGE réagit favorablement à ces prérogatives, mais estime que le relèvement du taux d’activité des seniors européens nécessitait l’application concrète de certaines mesures. Pour l’association, il faut d’abord combattre la discrimination dont sont victimes les plus de 50 ans dans le milieu professionnel. L’association déplore à cet égard que seuls trois états membres aient transposé dans leurs droits nationaux la directive 2000/78 du processus de Lisbonne, qui vise à instaurer un égal traitement des travailleurs quel que soit leur âge. Or « Delivering Lisbon » ne fait pas état de ces lacunes.

AGE demande la création d’un « groupe de réflexion sur le travail des seniors », impliquant les gouvernements, les partenaires sociaux et des ONG, afin de promouvoir un « changement de mentalité » chez les employés et les employeurs.

La lettre défend par ailleurs l’idée d’un travail senior de qualité et s’insurge contre les pratiques comme la réduction des montants des pensions, qui forcent selon l’organisation les plus de 50 ans à accepter des jobs au rabais. AGE estime que le développement du travail indépendant pourrait permettre de concilier les objectifs de quantité (nombre de 55-64 ans au travail) avec ceux de qualité. Elle met cependant en garde les institutions européennes : « l’Union Européenne souffre d’un manque de protection sociale dans ce domaine. Certains seniors hésitent à abandonner la couverture sociale qu’ils ont en tant que chômeurs pour prendre le risque de travailler à leur compte ».

Le message se félicite enfin de l’intérêt de la Commission pour l’investissement en capital humain et la diffusion de l’économie du savoir aux seniors. AGE soutient le concept d’une formation professionnelle disponible à tous les employés quel que soit leur âge, du moment qu’il leur reste assez d’années d’activité pour que les compagnies puissent espérer un juste retour sur investissement (AGE évalue cette période à 3 à 5 années). Mais AGE tance encore une fois l’Union Européenne, estimant que « les aspirations et les besoins des seniors pour continuer à apprendre ne sont pas entendus dans la plupart des Etats membres » ; AGE enjoint les institutions européennes à faire coïncider les paroles et les actes.

Un cheval de bataille que le Conseil de l’Europe a finalement lui-même repris lors de sa réunion de printemps. Dans les conclusions du sommet est soutenue la création en 2005 d’un programme européen intégré concernant « l’apprentissage sur toute une vie » et la mise en place dans tous les pays membres de stratégies nationales adéquates à partir de 2006. Reprenant comme prévu les conclusions de « Delivering Lisbon », le Conseil a affirmé la nécessité de créer des incitations légales et financières favorables au travail des seniors.


Publié le Jeudi 15 Avril 2004 dans la rubrique Emploi | Lu 832 fois