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Etats-Unis - Un espoir dans le traitement de la maladie d'Alzheimer

Selon les récents résultats d'une expérience américaine, le traitement par implantation chirurgicale de cellules génétiquement modifiées, directement dans le cerveau de patients atteints de maladie d'Alzheimer, semble prometteur avec notamment un ralentissement du déclin intellectuel, indique une dépêche de l’AFP.


Ce traitement expérimental (au préalable mené sur des singes), réalisé par l'équipe du neurologue Mark Tuszynski de l’Université de Californie à San Diego, a été testé sur des personnes âgées de 54 à 76 ans. Pour ces huit volontaires, la maladie en étaient à ses débuts. L’opération avait pour but de prévenir la perte cellulaires qui s’opèrent durant le développement de la maladie d’Alzheimer. La première intervention a eu lieu, il y a tout juste quatre ans, en avril 2001.

L’opération consiste à implanter à la base antérieure du cerveau, des cellules d'épiderme du patient (fibroblastes), génétiquement modifiées. On introduit dans les cellules, un gène visant à leur faire fabriquer un protéine naturelle (NGF) qui les protége et stimule leurs fonctions. Ces dernières sont placées là où apparaît dans la maladie d’Alzheimer, une dégénérescence des cellules nerveuses cholinergiques. Le NGF a pour effet de stimuler la fonction cholinergique, importante pour l’activité intellectuelle, comme la mémoire ou encore l’attention.

Les premières opérations (en 2001 et 2002) ont été effectuées sous sédatifs légers, cependant deux patients ont bougé lors de l’intervention, entraînant une hémorragie cérébrale. L’un est décédé cinq semaines plus tard de complications. Depuis, les six autres patients ont été opérés sous anesthésie générale et cette thérapie semble maintenant bien tolérée.

L'imagerie fonctionnelle cérébrale (par PET Scan) réalisée chez les personnes ayant participé à l'essai a montré une consommation significative de glucose par le cerveau chez quatre patients, signe d’un regain d’activité cérébrale. De plus, les tests ont indiqué un ralentissement de la progression de la maladie (de 36 à 50%) chez six patients, indiquent les scientifiques.

Toutefois, dans la mesure ou il ne s’agit pas d’un essai comparatif (contre placebo), les chercheurs restent prudents. Ainsi, les résultats de cette première phase de test restent préliminaires et d’autres essais cliniques doivent encore être réalisés. Cependant, si ces résultats étaient confirmés, il s’agirait là, de la première thérapie en neurologie dont l’action consisterait à prévenir la mort des cellules. Les résultats complets de cette étude sont publiés dans le magazine Nature Medicine.

La maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées touchent à l’heure actuelle 850 000 personnes en France rappelle l’association France Alzheimer, qui est la seule reconnue d’utilité publique dans le domaine de cette maladie.


Publié le Mercredi 27 Avril 2005 dans la rubrique Santé | Lu 1991 fois