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Senior Actu

Etats-Unis - Les seniors à New York, une population très hétérogène


Le 13 juin dernier avait lieu à Paris, un colloque sur le thème « Vieillir dans quatre mégapoles : Tokyo, New York, Londres et Paris ». Marjorie Cantor de l’Université de Fordham, y a présenté un aperçu de la population seniors de New York.

C’est la ville la plus cosmopolite et la plus « vieille » des Etats-Unis. Le pourcentage de personnes de 85 ans et plus dans Manhattan est de 1,7%, contre 1,5% aux Etats-Unis, et il a augmenté de 19% entre 1990 et 2000. La population des aînés y est très hétérogène : juifs, latinos, afro-américain… D’une manière générale, les personnes âgées ne font appel au système formel, c’est-à-dire ne s’adressent à des services extérieurs, que lorsque la famille ne peut pas/plus jouer ce rôle. Mais l’ethnie et la culture influent aussi beaucoup sur le choix d’une démarche ou non vers les services formels. Par exemple, les seniors juifs sont très représentés dans les maisons de retraite. Ils sont très nombreux à New York, ils y sont souvent nés. A noter que 40% des juifs ont plus de 80 ans. Ces personnes âgées ont eu moins d’enfants que leurs parents et ils vivent souvent loin d’eux. Il n’existe donc pas d’aide au quotidien, ou éventuellement une aide financière. Les seniors juifs tiennent beaucoup à leur indépendance et à celle de leurs enfants. Ils comptent plus sur la communauté et sont relativement autarciques. Par ailleurs, les juifs ont plus de moyens que les autres personnes âgées. Ils préviennent donc les maladies et les problèmes d’une manière générale, et le cas échéant, font plus facilement appel au système formel.

Autre ethnie, autres réalités : les latinos sont originaires de plusieurs pays ; ils sont donc moins solidaires ; ils ont des revenus plus faibles et une santé médiocre. Seulement un tiers des personnes âgées vivent chez leurs enfants. Malgré tout, les liens familiaux restent forts grâce à la proximité géographique parents-enfants. Les latinos font peu appel au système formel -43%-. Ceci est du à la force du système informel -la famille- mais aussi au tabou que représente cette démarche, au problème de la langue et au coût.

L’autre « minorité » ethnique très présente à New York, ce sont bien sûr les afro-américains. Ils vivent aux Etats-Unis depuis très longtemps mais sont restés des exclus pendant des siècles. Aujourd’hui encore, ils sont parmi les plus pauvres, à New York comme dans le reste du pays. Mais les choses changent peu à peu et l’on voit depuis quelques années l’émergence d’une classe moyenne qui fait beaucoup appel au système formel de ces services pour personnes âgées. Les afro-américains de classe moyenne reçoivent plutôt de leurs enfants une aide financière qui ne vivent pas forcément près d’eux. En fait, noirs et blancs de ces classes populaires se ressemblent beaucoup. Les noirs les plus pauvres ont des habitudes plus proches de celles des latinos. Les enfants vivent près de leurs parents à qu’ils aident au quotidien.

Face à cette population de seniors très hétérogène, les autorités doivent essayer de combiner système formel et informel, à un niveau micro mais aussi macro sociétal. Par ailleurs les services pour personnes âgées doivent maîtriser plusieurs langues et connaître différentes cultures afin d’évaluer au mieux les besoins de chacun et d’y répondre le plus efficacement possible.


Publié le Lundi 30 Juin 2003 dans la rubrique Social | Lu 1486 fois