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Etats-Unis – Le vieillissement de la population pourrait ne pas être aussi coûteux que prévu


Le coût lié au vieillissement de la population américaine (la retraite, les soins, la dépendance) inquiète les autorités. Face au déficit exorbitant de la Sécurité Sociale et à un système de santé qui nécessiterait de vraies réformes, l’allongement de l’espérance de vie est vécu comme un fardeau particulièrement onéreux.

Pourtant, l’augmentation de la durée de vie représente une des principales avancées du siècle dernier. En 1900, l’espérance de vie à la naissance était de 47 ans. Elle s’élève aujourd’hui à 74,6 ans pour les hommes et à 80,3 ans pour les femmes, soit à 77,4 ans en moyenne. D’ici 2025, les plus de 65 ans représenteront 19% de la population américaine contre 12% en 2000. A noter que la population totale actuelle est de 293 millions habitants.

Ce bouleversement démographique a certes des conséquences. Même si, à en croire Laurence J. Kotlikoff, économiste à l’Université de Boston et co-auteur de The Coming Generational Storm*, « nous nous dirigeons vers une importante hausse d’impôts, des réductions de bénéfices, de l’hyperinflation et des taux d’intérêts très élevés », le vieillissement de la population pourrait bien être bénéfique à l’économie du pays.

Les Américains vivent plus longtemps, ils sont aussi mieux instruits et en meilleure santé que les générations précédentes. Ils peuvent donc travailler plus longtemps.

D’après les calculs de l’économiste Robert Shackleton, l’âge du départ en retraite est un facteur déterminant. En moyenne, on estime qu’un couple de sexagénaires a besoin de 65 700 dollars (54 300 euros) par an pour vivre, soit environ 80% de leurs revenus avant retraite. S’ils cessent de travailler à 62 ans, ils ne toucheront que 25 300 dollars de pensions (20 890 euros) par an de la Sécurité Sociale, soit 40% de leurs besoins pour vivre décemment. Ce couple devra donc avoir économisé presque 900 000 dollars (740 000 euros) pour maintenir son niveau de vie. S’ils attendent 66 ans pour quitter leur emploi, leurs besoins en terme d’économies seront presque réduits de moitié pour s’élever à 550 000 dollars (455 700 euros). Enfin s’ils cessent leur activité à l’âge de 70 ans, ce montant ne sera plus que de 263 000 dollars (217 300 euros). Autrement dit, en retardant l’âge de cessation d’activité salariée, l’Etat économise d’autant sur les coûts liés à la retraite.

De plus, les salariés âgés présentent des avantages auxquels les entreprises devraient penser telles qu’une expérience indiscutable, « une plus grande habilité à faire face aux difficultés d’ordre social quotidiennes » comme le notent les psychologues Laura L. Cartensen et Corinna E. Lockenhoff de l’Université de Stanford, sans oublier une moindre tendance à souffrir de troubles dépressifs.

Une augmentation du taux de croissance économique annuel à 2,3% au cours des 50 prochaines années permettrait de résoudre les inquiétudes quant au déficit de la Sécurité Sociale et du système de santé, indique Paul Romer de l’Université de Stanford. Pour ce faire, il suffirait d’accroître la productivité.

Les primes d’assurance-maladie atteignent des sommes astronomiques, plus de 40 millions d’Américains ne possèdent pas de couverture sociale il est difficile de se retrouver parmi la kyrielle de prestataires publics, privés et les organisations à but non lucratif. Cependant, les spécialistes s’accordent pour affirmer que les coûts des traitements relatifs à la vieillesse (maladies cardiovasculaires par exemple) sont dérisoires comparés à ce que rapporte un an de vie gagné.


Publié le Mardi 27 Juillet 2004 dans la rubrique Divers | Lu 1409 fois