Sommaire
Senior Actu

Etats-Unis – La possession d’une arme à feu rassure les seniors mais reste dangereuse


Les pistolets ont la côte auprès des seniors américains, de plus en plus nombreux à vouloir assurer leur protection grâce à la possession d’une arme à feu, comme le soulignait l’AP début août.

« Les personnes âgées se sentent démunies face au crime* », note John McCormack, 80 ans, président de ‘Senior Militia’, un groupe de sexagénaires habitués à se retrouver deux fois par semaine autour de leur passion commune pour les armes.

Jusque dans les années 90, les armes à feu attiraient surtout les quadragénaires, reconnaît Tim Smith, directeur des études sociales au centre de recherches de Chicago. Aujourd’hui, les plus de 60 ans sont devenus les principaux acheteurs.

Et les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 1982, seuls 30% des Américains de plus de 65 ans possédaient une arme contre 38% des 40-49 ans. Les seniors sont désormais 37% à posséder une arme contre 24% des quadragénaires.

Certes, les personnes qui détenaient une arme il y a vingt ans ont vieilli et ne se sont pas pour autant séparé de leur bien. Les spécialistes remarquent malgré tout, une évolution des mentalités, notamment à l’égard de la chasse qui fait beaucoup moins d’émules chez les jeunes.

80% des tireurs optent pour une carabine ou un fusil à pompes. 60% choisissent le revolver. Près de la moitié des personnes ayant une arme à feu possèdent les deux.

Selon Dave Vining, propriétaire d’une armurerie, « les seniors ont peur et craignent de ne pas être à la hauteur s’ils doivent faire face à une infraction, un vol ou une agression. » Mais ce comportement d'auto-protection peut se retourner contre eux, l'agresseur étant susceptible d'utiliser l'arme contre ses victimes.

Bien que tous les membres de ‘Senior Militia’ possèdent les qualifications nécessaires et les autorisations de porter une arme, la possession de revolver, à fortiori chez les seniors, n’est pas sans risques. En effet, le taux de suicide par arme à feu est élevé chez les personnes âgées. 36% des 16 882 personnes qui ont mis fin à leurs jours de cette façon en 2002 avaient plus de 55 ans.

Selon le sociologue David Carns de l’Université du Nevada-Las Vegas, le risque est d’autant plus grand que de nombreuses personnes âgées ne bénéficient pas d’un soutien social satisfaisant. Elles ont aussi tendance à se sentir invulnérables lorsqu’elles possèdent une arme et multiplient les situations dangereuses.

* Selon le Bureau des Statistiques Judiciaires, seulement 3,4% des Américains de 65 ans et plus auraient été victimes d'une agression avec violence en 2002, contre 9,1% en 1973.


seniors


Publié le Vendredi 27 Août 2004 dans la rubrique Société | Lu 2285 fois