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Senior Actu

Etats-Unis - La discrimination fondée sur l'âge, de plus en plus fréquente et difficile à condamner


Les plaintes pour discrimination fondée sur l’âge sont en hausse aux Etats-Unis. La « Equal Employment Opportunity Commission » enregistre un nombre croissant de ces plaintes : de 14 141 en 1999 à 19 921 en 2002, soit une hausse de 40 % en trois ans alors que les autres types de plaintes pour discrimination n’ont crû que de 2 %.
Avec une économie morose et une tendance au dégraissage, de nombreux travailleurs âgés se sentent menacés : ceux qui ont déjà été licenciés voient leur âge comme un handicap dans la recherche d’un emploi et encore en activité craignent d’être les prochaines victimes. « La discrimination fondée sur l’âge ne disparaît pas lorsque l’économie va bien, mais elle empire en temps de crise » explique Laurie McCann, avocate pour l’AARP (American Association of Retired Persons). La tendance à la hausse serait donc en partie imputable à la mauvaise santé de l’économie américaine, observation confirmée par l’EEOC.

Il est très délicat de remporter une affaire de discrimination fondée sur l’âge : « beaucoup ne donnent pas suite à leur plainte, car ils savent à quel point il est difficile de prouver qu’une discrimination a eu lieu ». Ainsi environ 80 % des plaintes n’ont pas de suite. Les entreprises sont devenues très alertes vis-à-vis de ce sujet. Si licencier en fonction de l’âge est bien évidemment illégal, elles le font en fonction du revenu, puisqu’il existe une corrélation entre les hauts revenus et les travailleurs âgés. Beaucoup mettent aussi leurs travailleurs âgés dans des « voies de garages », offrant les postes attractifs aux plus jeunes, ou bien transfèrent la discrimination directement au niveau de l’embauche.

Si l’entreprise ne veut pas prendre le risque d’être accusée de discrimination, un travailleur âgé lui, ne veut pas passer pour un fauteur de troubles au sein de l’entreprise ; tout comme le harcèlement, la discrimination fondée sur l’âge reste tabou. Mais le travail des seniors représente le « futur proche », et les entreprises commencent à réaliser l’intérêt qu’elles pourraient avoir à embaucher des employés plus âgés. Finalement, « l’essentiel est de rester jeune dans sa vision des choses et ouvert aux nouvelles idées », explique l’avocat Marty Chapman, car ce que j’entend le plus de la part des employeurs est leur inquiétude concernant la rigidité des travailleurs âgés face aux changements dans le travail : « ils ne veulent pas s’adapter aux nouvelles méthodes ».



Publié le Jeudi 28 Août 2003 dans la rubrique Emploi | Lu 1236 fois