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Etats-Unis – L’Intrinsa va-t-il devenir le viagra des femmes ?


La société américaine Procter & Gamble travaille depuis quelques années avec les laboratoires Watson à la mise au point d’un timbre transdermique à la testostérone, l’Intrinsa, destiné à augmenter l’appétit sexuelle des femmes ménopausées ; les résultats d’une récente étude viennent d’être dévoilés aux Etats-Unis lors d’une conférence sur la stérilité.

Un enquête a été menée pendant six mois, à Seattle, Denver, Boston, au Canada et en Australie, sur 549 femmes volontaires, ménopausées, âgées en moyenne de 54 ans, se plaignant d’une baisse de leur libido. Les résultats viennent d'être rendus publics à l'occasion d'une conférence, rassemblant à Philadelphie des spécialistes de la stérilité.

Il est apparu que, sur deux mois, les femmes ayant bénéficié de l’Intrinsa ont eu environ quatre fois plus de relations sexuelles que d’habitude. Toujours selon l’étude, celles ayant reçu de faux timbres ne contenant pas d'hormones (placebo), n'ont pas vu leur activité sexuelle augmenter ou très peu. De surcroît, les femmes ayant reçu le patch à la testostérone ont fait état de plus d’excitation, de plaisir et d’orgasmes. Il semblerait donc que ce produit expérimental augmente d’une part le désir et d’autre part la qualité des relations sexuelles des femmes ménopausées.

« Nous avons constaté une hausse de l'activité, une hausse du désir et une baisse de la douleur », a affirmé le Dr Robin Kroll, gynécologue de Seattle. « Le patch de testostérone semble très prometteur, déclarait pour sa part le Dr Marian Damewood, gynécologue à l'université de Pennsylvanie, qui voit dans ce timbre une possible réponse à la baisse de la libido féminine après la ménopause.

L’Intrinsa est un patch transparent, qui s’applique deux fois par semaine, sous le nombril. Si les résultats devaient être confirmés, cela représenterait pour Procter & Gamble un marché potentiel énorme. D’ici 2005, rien qu’au Etats-Unis, le groupe estime à 30 millions le nombre d’américaines qui seront ménopausées. Sachant que le phénomène du vieillissement des populations est mondial… On imagine l'intêret que peut susciter ce genre de nouveauté. L’Intrinsa va-t-il donc devenir le viagra des femmes ?

Rappelons que la testostérone est une hormone généralement associée aux pulsions sexuelles masculines. Toutefois, toutes les femmes produisent de faibles quantités de cette hormone mâle. On considère qu’elle serait responsable de la libido, du bien-être, de l’énergie et même de la santé osseuse. Pourtant, comme les recherches se sont longtemps focalisées sur l’œstrogène, on connaissait encore peu ce qu’il advenait de la testostérone après la ménopause. Des scientifiques de l’Université de Melbourne ont réussi à montrer l’année dernière, par des tests sanguins très sensibles que l’hormone mâle baissait de manière significative à l’approche de la ménopause. Cette diminution serait à mettre en corrélation avec le déclin même de la DHEA. C’est en effet cette hormone qui est convertie en testostérone dans le corps chez la femme.


Publié le Lundi 25 Octobre 2004 dans la rubrique Santé | Lu 4746 fois