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États-Unis – Débat sur l’âge limite des tests de dépistage du cancer.


Selon une étude américaine publiée en mai, la question de l’âge à partir duquel il ne serait plus nécessaire de pratiquer des tests de dépistages du cancer reste taboue, et ni les médecins, ni les patients ne semblent prêts à trancher, comme l’a indiqué l’AP le 17 mai.

Les recherches menées à l’Université de Californie, à San Francisco et publiées ce mois-ci dans les Annales de Médecine Interne, soulignent la complexité du débat. Selon le docteur Louise Walter, les médecins craignent d’annoncer à leurs patients qu’il n’est plus nécessaire pour eux de pratiquer ces tests. Cela marque un tournant dans leur vie, ils peuvent avoir des difficultés à l’accepter.

Pourtant, l’angoisse que peut générer l’attente des résultats, les tests supplémentaires, des traitements inutiles sont autant d’aspects qui pourraient être évités dans le cas de personnes âgées.

Il est certes plus aisé de définir à partir de quel âge il faut commencer le dépistage (col de l’utérus à 21 ans, sein à 40 ans) que de dire à quel âge, cela devient inutile. L’expérience montre cependant qu’après 65 ou 70 ans, et si la femme n’a pas d’antécédents, les examens du col de l’utérus par exemple ne sont plus nécessaires. 72% de femmes de plus de 70 ans continuent malgré tout à pratiquer ces tests en Californie.

D’après l’étude, les scientifiques seraient favorables à la poursuite des tests tant que l’espérance de vie du patient rend ces examens utiles, stipulant qu’après 70 ans, une personne sans souci de santé majeur peut vivre encore une quinzaine d’années et peut développer une tumeur pendant ce laps de temps.

Le système de soins, le Medicare, prend en charge les tests et certaines personnes sont réticentes à l’idée de les arrêter car elles se disent : « on fait ces tests quand on est en bonne santé. Si je ne les fait pas, cela signifie que je ne suis pas en bonne santé. »

Il n’est guère évident pour les patients de comprendre qu’en général, le cancer chez une personne très âgée évolue lentement et qu’elle mourra probablement d’autre chose.

Devant la difficulté de prévoir l’espérance de vie et les différences non négligeables entre les différentes formes de cancers, il appartient à chacun de considérer les choix qui s’offrent à lui. Comme le rappelle le docteur Walter, « les tests chez les personnes âgées relèvent d’un choix personnel. »

Delphine Dujardin © Senioractu.com 2004


Publié le Lundi 24 Mai 2004 dans la rubrique Santé | Lu 378 fois