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Etats-Unis – Alzheimer : il est encore possible d’apprendre, selon deux études récentes


Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer à un stade précoce sont capables de continuer à apprendre et à développer leurs fonctions cognitives pour assumer des tâches quotidiennes, c’est ce que démontrent deux études américaines soutenues par l’Institut National du Vieillissement et publiées respectivement dans l’American Journal of Geriatric Psychiatry de juillet-août et Neuron de juin, comme l’indique le communiqué de presse du ministère de la Santé du 2 juillet.

Après trois à quatre mois de réhabilitation cognitive, l’étude menée par l’équipe du profeseur David A. Loewenstein de l’Université de Miami, a permis de constater chez les patients Alzheimer une augmentation de 170% des facultés de mémorisation des noms et des visages et de 71% des capacités à compter et à faire l’appoint. Les chercheurs ont noté une plus grande rapidité dans le traitement de l’information et de l’orientation spatio-temporelle. Un trimestre après la fin de l’étude, les progrès restent perceptibles.

Pour aboutir à ces données, 44 personnes, prenant toutes un traitement contre les signes précoces d’Alzheimer, ont été divisées en deux groupes. Le premier groupe a participé à 24 séances de réhabilitation cognitive (2 séances de 45 minutes par semaine) pendant lesquelles ils ont travaillé des techniques de mémorisation et de concentration. Le second groupe a pris part à des séances de stimulation mentale.

Des études préalables ont déjà témoigné de l’efficacité de la réhabilitation cognitive pour les personnes victimes de traumatismes crâniens ou de crises d’apoplexie. Toutefois, avec l’étude du professeur Loewenstein, c’est la première fois que plusieurs techniques sont combinées dans un seul programme.

Cette étude corrobore les résultats des recherches menées par l’Université de Washington à Saint Louis par le professeur Cindy Lustig, selon lesquelles les patients Alzheimer en début de maladie gardent le même degré de mémoire implicite que les personnes saines et que les jeunes adultes. En grande partie inconsciente et automotique, la mémoire implicite permet notamment au cerveau d’utiliser de façon quasi-immédiate des informations stockées (noms, objets). Elle est indispensable au langage ou aux activités faisant appel à une technique particulière comme le vélo.

Basée sur 34 adultes, 33 aînés et 24 aînés atteints d’Alzheimer, cette seconde étude a d’une part examiné la mémoire implicite et d’autre part, mesuré l’activité cérébrale lors des phases de réflexion. Le professeur Lustig est particulièrement enthousiaste à l’idée que « certaines zones du cerveau peuvent continuer à se développer grâce à l’apprentissage au fil de la vie et même chez les patients Alzheimer dans les premiers stades de la maladie. »

Selon le professeur Neil Buckholtz, à la tête du département des démences à l’Institut National du Vieillissement, « ces deux études montrent qu’il est possible de cerner quelles sont les capacités dont dispose le patient au stade précoce de la maladie et nous donne les moyens de nous concentrer sur ces fonctions afin de les faire travailler le plus possible. »

Alzheimer touche environ 4,5 millions d’Américains.


Publié le Vendredi 9 Juillet 2004 dans la rubrique Santé | Lu 700 fois