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États-Unis – « Aged by Culture » : la société responsable d’un sentiment précoce de vieillesse


Dans son livre « Aged by Culture », publié en janvier 2004 par les presses de l’université de Chicago, Margaret Morganroth Gullette dénonce la culture du jeunisme qui prévaut désormais dans nos sociétés modernes. Elle estime qu’aujourd’hui la culture est plus responsable de notre vieillesse que nos chromosomes. Les entreprises, les publicitaires, les journalistes, les professionnels du divertissement renverraient une image tellement valorisante de la jeunesse, et à l’inverse trop péjorative de l’âge mûr, que l’angoisse du vieillissement surviendrait de plus en plus tôt. L’auteur en veut pour exemple la multiplication des produits visant à offrir aux baby-boomers une seconde jeunesse, à commencer par les produits anti-rides, le Viagra ou les thérapies hormonales de remplacement.
Pour Margaret Morganroth Gullette, l’un des domaines où cette discrimination par l’âge est la plus frappante est le monde du travail. Elle estime que cette discrimination ne commence même plus à partir de 50 ans, mais à partir de 40 ans. Si l’ « agisme » n’est pas un phénomène récent, la discrimination à partir d’un âge moyen est, elle, nouvelle, explique l’uteur. Elle y voit une cruelle ironie : les gens vivent plus longtemps, mais les stéréotypes liés au déclin de la vieillesse commencent plus tôt.
Margaret Morganroth Gullette est une critique culturelle, une essayiste et une activiste, professeur au « Women's Studies Research Center Scholars Program » de l’université Brandeis. Elle est également l’auteur de « Declining to Decline: Cultural Combat and the Politics of the Midlife » (1997), vainqueur en 1998 du meilleur ouvrage féministe sur la culture populaire américaine.


Publié le Mardi 13 Janvier 2004 dans la rubrique Social | Lu 511 fois