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Senior Actu

Etap’Carrière, une expérience pour remettre les seniors sur le chemin de l’emploi

Depuis la mi-mars 2005, l'ANPE, l'APEC et l'Unedic se sont associés pour expérimenter sur Paris et dans l'est de la France un concept intitulé Etap’Carrière qui vise à optimiser la recherche d’emploi des cadres seniors volontaires en leur offrant un service qui se veut « adapté à leurs spécificités ».


Tout est mis en place pour tenter de remettre ces personnes sur le chemin de l'emploi. Pour Stéphane Cultet, responsable de la plateforme strasbourgeoise « deux tiers des plus de 45 ans ont recours à Etap'Carrière. 22 % ont retrouvé un emploi. Le chiffre monte à 33 % sur mars, avril, mai ».

Etap’Carrière est un dispositif expérimental. Dans les deux centres témoins actuellement en fonctionnement (La Défense et Strasbourg), les trois organismes suivent et appuient pendant neuf mois, des cadres seniors volontaires dans leur recherche d’un nouvel emploi.

Après un premier entretien « diagnostic » sur la situation actuelle du cadre, ce dernier, en compagnie d’un consultant (identifié à chaque étape) définissent un programme d'actions sur mesure d'une durée de neuf mois maximum ou jusqu'au retour à l'emploi. Ce programme associe entretiens individuels, ateliers sur les techniques de recherche et d'approche du marché, les leviers d'action, la conduite de changement ou les formes alternatives d'activité et groupes de suivi hebdomadaires.

Un bilan sera dressé en mars 2006. Les partenaires pourront alors voir si l'expérimentation a été probante… ou pas.

Rappelons que si le taux de chômage des cadres reste faible, il n'en demeure pas moins que les cadres considérés comme âgés rencontrent de grandes difficultés à trouver un travail. Leur recherche est souvent plus longue et leur taux de retour à l'emploi après douze mois est de 39% pour les plus de 45 ans contre 51% pour l'ensemble des cadres.

On estime à plus d’un million le nombre de quinquas et plus à la recherche d’un emploi en France. Dans l’Hexagone, seul un tiers des 50-65 ans sont toujours actifs contre 60 % en Angleterre, et 70 % chez les Scandinaves.

Pourtant, en 2001, le Conseil européen de Stockholm avait fixé à 50 % le taux d'activité des 54-64 ans comme objectif à atteindre dans tous les pays de l'Union européenne en 2010. Dans la situation économique actuelle, la France n’est donc pas au bout de ses peines…

L'informatique n'échappe pas à cette règle. Pire : elle accentue la discrimination car on y est aujourd'hui senior à 40 ans.

Paradoxe : les seniors sont rejetés d'un monde informatique qu'ils ont créé. A l'instar des hôtesses d'accueil souvent reléguées à d'autres fonctions après 40 ans, l'informatique brûle ceux qui l'ont créée : les informaticiens quadragénaires souffrent de discrimination. Comme les quinquagénaires ailleurs. « Pas assez malléables, trop chers, peu mobiles et ne s'adaptent pas ».

Dans le secteur de l’informatique, il est courant d’entendre ces différents arguments à l’égard des quadragénaires. « C'est la course au jeunisme. A 50 ans, il reste au moins 10 ans avant la retraite, à 40 ans c'est pire », déplore Frédéric Thibau, remercié en 2003 après plus de 20 ans passés dans l'informatique à diverses fonctions d'encadrement. Il est aujourd'hui membre de l'association Quinquas Citoyens. « Le chômage touche à la fois le senior et son cercle familial », s'insurge Jean-Marc Coursin, président de l'association qui alerte les pouvoirs publics et veut sortir les seniors de leur isolement.

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Publié le Mercredi 5 Octobre 2005 dans la rubrique Emploi | Lu 8388 fois