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Et pas une ride : le nouveau spectacle de Michèle Bernier à partir du 8 janvier à Paris

Après son premier one-woman show intitulé « Le démon de midi », l’actrice Michèle Bernier présentera à partir du vendredi 8 janvier prochain, au théâtre de la Renaissance (10ème) à Paris, son nouveau spectacle qui sera intitulé cette fois-ci « Et pas une ride ».


« Quand les parents sont morts, que les enfants sont partis, qu’on s’est fait plaqué par son mari, qu’on a viré quelques amants et qu’on se retrouve seule devant ses 50 bougies… on respire un grand coup et on se dit : je ne sais peut-être toujours pas ce que je veux, mais je sais ce que je ne veux plus ! ». Voilà le ton de ce nouveau spectacle est donné !

Après la trentaine épanouie, la quarantaine épanouie, voici la cinquantaine épanouie ! Michèle Bernier nous revient en grande forme –dans une mise en scène de Marie Pascale Osterrieth-, bien décidée à mettre une joyeuse claque au temps qui passe.

Interview des deux complices

Et pas une ride, Michèle Bernier
Douze ans après « Le démon de midi », vous voilà à nouveau réunies toutes les deux ?

Marie Pascale : Oui, mais entre temps, même si chacune de notre côté nous avons travaillé avec d’autres personnes, nous ne nous sommes pas quittées pour autant, il y a eu le film du « Démon de midi », la pièce de théâtre « Dolorès Claiborne »…
Michèle : On avait très envie d’écrire à nouveau ensemble, de refaire un spectacle « seule en scène ». Mais pour ça, il faut avoir quelque chose à dire.
Marie Pascale : Après le succès du « Démon », on s’est demandé ce qu’on allait bien pouvoir raconter. Pour le « Démon », nous étions partie d’une rage, c’était notre moteur. Alors on a cherché ce qui nous énervait aujourd’hui.
Michèle : Et le temps qui passe, la quête incessante du jeunisme dont nous abreuvent les journaux, les publicités, ça, ça nous énerve !
Marie Pascale : On est carrément devenues obsédées par le sujet, on a beaucoup écouté les autres, on a lu, fouiné dans google, discuté… et on s’est rendu compte que c’est un sujet qui touche autant les hommes que les femmes. On a listé toutes les choses qui nous font bouillir : la dictature de la jeunesse, la beauté, le poids, la perte des parents, le départ des enfants... Même Einstein qui nous dit que le temps est relatif !

« Le démon » racontait un moment précis, celui où l’on se fait plaquer. Parler du temps, c’est plus large.

Michèle : Ce qui nous inspire, vient de ce qu’on connaît, de ce qu’on vit. Et aujourd’hui, nous abordons toutes les deux la cinquantaine. Avoir 50 ans, c’est une sacrée étape, c’est un chiffre qui marque.
Marie Pascale : On commence à se dire qu’on va employer différemment le temps qui nous reste. Prendre une décision à 20 ans, ce n’est pas si grave, on peut se tromper. À 50, on n’a plus trop le droit à l’erreur. On ne se projette pas de la même façon dans le futur.
Michèle : On est moins dans la spontanéité. On ne voit plus les choses de la même manière, on ne peut plus échapper au temps qui passe.
Marie Pascale : On te dit vieux, mais toi tu te sens jeune dans ta tête. Quand tu es jeune, tu ne comprends pas que l’on puisse dire une chose pareille. Aujourd’hui, je sais que c’est vrai.

A 50 ans, on est rangé dans le clan des « vieux » ?

Marie Pascale : Quand vous lisez la presse, vous vous rendez compte que plus personne n’est dans le clan des « vieux », ça n’existe plus. C’est justement ce qu’on dit dans le spectacle, les journaux vous parlent de la « cinquantaine épanouie », « la soixantaine fringante », les « seniors toujours verts » etc.
Michèle : Aujourd’hui, la vie est plus longue. À 50 ans, on sait qu’il nous reste encore 25, 30 ans à vivre, la retraite n’est plus très loin, les enfants s’en vont de la maison. Les familles sont recomposées et éclatées un peu partout, donc loin... La société a pris tout cela en compte et doit vivre avec cette frange de la population. Qui va faire quoi ? Ça va être quoi cette vie ?
Marie Pascale : La société se bat à coups de crèmes antirides, de chirurgie contre l’idée qu’à 50 ans, on n’est plus « consommable », plus dans le coup, alors que la tranche d’âge la plus importante aujourd’hui, c’est justement celle des quinquas…
Michèle : Dans le spectacle, il y a un personnage, la « mamie cagole », toujours bronzée, avec un piercing au nombril, c’est une excitée permanente. Si elle s’arrête, elle meurt ! C’est ça qu’on veut peut-être nous faire croire, c’est qu’en courant vite, on a des chances de rattraper le temps. Ce n’est ni les cosmétiques et ni la powerplate qui vont changer quelque chose à cette fatalité. Il faut faire avec c’est tout. Pour le spectacle, on ne s’est pas dit voilà, il faut être comme ci ou comme ça. On essaye juste de montrer une femme de cinquante ans pêchue, avec tout ce qu’elle a pu vivre jusque-là, et tout ce qu’elle aura à vivre.

Vous n’avez pas peur que le spectacle ne s’adresse qu’à une certaine catégorie ?

Michèle : J’espère que non, on ne situe jamais le personnage dans une catégorie sociale, géographique ou professionnelle.
Marie Pascale : Et même si par moment Michèle parle plus précisément d’elle, ça reste très ouvert. En fait nous nous sommes inspirées de nos deux vies personnelles, de chacune de nos expériences. Or, même si nous sommes très proches et très amies, nos vies respectives sont vraiment différentes. Alors on se dit qu’il y a des chances que notre dénominateur commun à toutes les deux soit aussi en commun à tout le monde, qu’à part l’allusion à Harakiri, tout ce que Michèle dit sur scène sera un peu un miroir pour le public, qu’il y retrouvera des sentiments ou des expériences que lui aussi a vécu.

La musique tient une place très importante dans ce spectacle…

Marie Pascale : Oui, à part trois références aux années 70, toute la musique est originale. Avec Jacques Davidovici, on a travaillé comme au cinéma. La musique fait partie intégrante du travail de mise en scène. On a cherché les tempos, les couleurs. Par exemple, pour « Le tango de la ménopause », l’accordéon n’allait pas, ça le rendait triste, alors on a choisi la guitare.
Michèle : Marie-Pascale s’appuie sur la musique comme si c’était un personnage, ce qui la rend indissociable du spectacle. En point et contre-point des sentiments et des émotions, en comédie, en « pêche » etc.

Et le décor, pourquoi avoir choisi un fond d’écrans vidéo ?

Marie Pascale : J’en avais marre du rideau noir, de la « boîte noire ». J’avais envie de m’amuser avec la mise en scène. Quand j’ai vu Good Canary, j’ai été séduite par la liberté et la poésie que pouvaient apporter les écrans et le travail de Pierre François Limbosch. Plus tard, à Londres, j’ai vu le spectacle de French et Saunders, elles utilisaient à fond les écrans, mais en comédie cette fois. Ca m’a confirmé dans mon envie. On n’a pas le même budget qu’elles mais on a foncé. Le problème était d’avoir constamment quelque chose sur les écrans mais que la vidéo ne prenne pas le pas sur la comédienne, sauf si elle vient en avant-plan narratif quasi en dialogue avec l’actrice.
Michèle : Moi, je la laisse faire. Je suis incapable de projeter. Je sais que Marie-Pascale a trouvé son idée de mise en scène quand je la sens trépigner, et c’est parti !
Marie-Pascale : Et puis vous imaginez, parler du temps qui passe pendant 1h45, sur un fond de rideau noir ! Autant rajouter les cierges ! Avec les chansons, les musiques, les couleurs, on essaie d’aller à contre-courant.
Michèle : Et puis les écrans permettent aux chansons d’être vraiment vivantes.

Et c’est nouveau aussi, de faire chanter Michèle ?

Marie Pascale : Depuis le temps qu’elle me parle de son adoration pour Liza Minnelli !
Michèle : Dans notre collaboration on s’amuse à travailler chaque fois de nouvelles choses. Avec Dolores Claiborne on s’est lancée dans le drame. Ici on s’est dit qu’il fallait qu’on s’amuse.
Marie Pascale : D’ailleurs, notre première idée était de faire une comédie musicale. La prochaine fois, je lui ferais faire de l’acrobatie !
Michèle : Pas de problème. Avec Marie-Pascale, je suis dans le confort. Je sais qu’elle m’entraîne toujours vers des choses qui me vont.
Marie-Pascale : On ne se brime pas dans notre travail ensemble, on ne se cache rien, et on ne craint pas de se dire ce qu’on pense.
Michèle : Notre recette, si nous en avons une, c’est aimer rire et être de vraies amies.

Et pas une ride de Michèle Bernier et Marie Pascale Osterrieth

Théâtre de la Renaissance
20 Boulevard Saint-Martin
75010 Paris

Horaire :
du mardi au vendredi à 20h30
le samedi : 17h et 21h

www.theatredelarenaissance.com
Location : 01 42 08 18 50
Prix des places : 41 euros - 27 euros - 18 euros - 15 euros - 10 euros


Publié le Mercredi 6 Janvier 2010 dans la rubrique Culture | Lu 8048 fois