Sommaire
Senior Actu

Esthétique dentaire : des dents toujours plus belles ! Et plus blanches

A l’occasion de l’édition 2007 du Congrès de l’Association dentaire française qui s’est tenue fin novembre à Paris, le docteur Gil Tirlet, a réalisé une mise au point sur le thème de l’éclaircissement des dents. De fait, après avoir demandé à la dentisterie de combattre la douleur, de remplacer des dents absentes, le patient se penche désormais sur son bien-être !


Par le docteur Gil Tirlet

La demande des patients envers l’esthétique « dentaire » est de plus en plus forte, à la fois en chirurgie plastique et en dentisterie, avec un fort intérêt pour l’éclaircissement et l’effet blancheur des dents qu’il procure. Cette méthode séduit non seulement pour le lien « estime
de soi/esthétique » qu’elle permet de renforcer, mais aussi grâce à l’apparition de nouveaux matériaux, techniques et produits qui ne cessent de progresser tout en respectant les dents.

Choix esthétiques et médicaux
Quelle que soit la thérapeutique esthétique envisagée, elle doit suivre un chemin balisé par la consultation d’un professionnel de la santé bucco-dentaire en s’intégrant dans une démarche thérapeutique axée autour de quatre impératifs principaux : biologiques, fonctionnels, mécaniques et esthétiques.

Ces impératifs ne peuvent être isolés les uns des autres : il s’agit de réaliser une approche thérapeutique globale, souvent pluridisciplinaire, pour aboutir à un « plan de traitement » cohérent. Il est donc aujourd’hui pour les chirurgiens-dentistes, capital de promouvoir l’esthétique sous toutes ses formes, mais toujours avec une approche médicale face à la demande des patients.

Techniques d’éclaircissement : où en sommes-nous ?
L’éclaircissement est un « phénomène de profondeur » et non « un phénomène de surface », basé sur l’effet de deux principes actifs, le peroxyde de carbamide et le peroxyde d’hydrogène. Ces principes actifs doivent traverser la barrière de l’émail pour aller frapper, à l’interface entre la dentine (l’ivoire) et l’émail, des substances (molécules colorées) appelées chromophores afin de les éliminer. En termes d’éclaircissement, et selon les résultats souhaités, la concentration du principe actif est donc capitale, mais aussi et surtout le temps et la surface de contact avec la dent pour permettre la diffusion de ce principe actif au travers de l’émail.

Aujourd’hui, le chirurgien-dentiste dispose de deux grands modes d’éclaircissement possible : le mode « ambulatoire » et le mode « au fauteuil ». Tous les traitements sont le plus souvent indolores, mais des sensibilités dentaires peuvent apparaître selon le type d’éclaircissement retenu et la concentration du principe actif choisi.

Mode Ambulatoire
- Compression sous gouttières au cabinet dentaire et suivi ambulatoire
Il s’agit de la technique la plus répandue. Des gouttières confectionnées par le prothésiste ou le chirurgien-dentiste au cabinet dentaire sont remises au patient pour un traitement ambulatoire. La première phase d’éclaircissement a lieu au fauteuil, directement réalisée par le chirurgien dentiste sous compression de gouttières avec du peroxyde de carbamide concentré à 35%. C’est ce qu’on appelle l’effet « starter/booster » de l’éclaircissement. S’ensuit un éclaircissement ambulatoire à base de peroxyde de carbamide concentré à 10%, 16% ou 22 %. Le patient repart à l’issue de cette séance à son domicile avec ce même jeu de gouttières.

Le peroxyde de carbamide, préconisé aujourd’hui avec la plus grande sécurité en termes d’innocuité, est concentré à 10% et le patient le charge directement dans ses gouttières munies de petits réservoirs sur les faces externes des dents. Il les porte quotidiennement (de préférence la nuit) pendant environ 4 à 6 heures d’affilée. Le traitement dure environ 3 semaines pour des résultats stables pendant 4 à 5 ans, sans aucune sensibilité dentaire post-opératoire ou presque.

Cette technique présente l’avantage de rester relativement « douce » avec peu d’effet agressif sur les structures dentaires et une très bonne efficacité sur les colorations.

Mode « Au Fauteuil »
- Peroxyde d’hydrogène et gouttières
Le chirurgien-dentiste peut juger utile de faire appel à cette technique pour activer le processus d’éclaircissement pour les patients « pressés ». Le principe actif utilisé est cette fois du peroxyde d’hydrogène dont la concentration varie entre 15% et 35 %. Il est chargé dans des gouttières spécifiques après une isolation très méticuleuse des tissus environnants. Le risque de brûlures de ces derniers, même réversibles, n’est pas anodin à cette concentration de peroxyde d’hydrogène.

- Les lampes à haute énergie
L’utilisation de lampes halogènes classiques, à plasma ou l’utilisation de laser Argon est également proposée pour activer la dissociation du principe actif et en augmenter son efficacité.

Les résultats sont assez probants immédiatement, mais non durables dans le temps pour une raison évidente : le temps de contact du principe actif sur la dent est trop faible même à forte concentration. De plus, très fréquemment, une sensibilité post-opératoire est observée rendant nécessaire la prescription d’un anti-inflammatoire.

Actuellement, de nouveaux protocoles en cours mettent en avant l’utilisation de lampes haute énergie (Arc Xenon avec une puissance de 300 w) couplée à du peroxyde d’hydrogène à 35% durant 20 mn au fauteuil et suivie d’un traitement ambulatoire de 5 jours avec gouttières et peroxyde de carbamide à 10% ou 16%. Les premiers résultats obtenus depuis 1 an semblent très encourageants mais le recul clinique est encore insuffisant à ce jour.

Quelles contre-indications ?
Chez les patients présentant une usure dentaire accentuée, (émail altéré par abrasion), les effets des principes actifs peuvent entraîner des risques au niveau biologique, et notamment au plan « pulpaire ».

Lorsque les collets sont très fortement dénudés, le principe actif peut traverser facilement la barrière de dentine pour atteindre la pulpe, c’est-à-dire atteindre le système vasculo-nerveux qui irrigue la dent. Là encore les risques sont élevés au niveau pulpaire.

Enfin, lorsque un patient présente de nombreuses restaurations (composites, amalgames ou autres) mal adaptées et présentant des défauts d’étanchéité majeurs, il est alors nécessaire de reprendre leur adaptation, et de programmer leur réfection après éclaircissement. Le patient doit en être bien entendu averti avant le début de son traitement.


Publié le Jeudi 13 Décembre 2007 dans la rubrique Bien-être | Lu 14350 fois