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Espérance de vie des 'grands seniors' : les femmes et les diplômés vivent plus longtemps

Selon le récent rapport de l’Insee, intitulé « Mortalité aux grands âges », réalisé par la division Enquêtes et Etudes démographique de l’institut, en matière d’espérance de vie, il existe « encore des écarts selon le diplôme et la catégorie sociale ». En bref, pour vivre le plus longtemps possible, mieux vaut être une femme et être diplômée de l’enseignement supérieur.


Dans les conditions de mortalité des années 2000-2002, les femmes âgées de 86 ans et titulaires du baccalauréat ou plus peuvent espérer vivre encore en moyenne 7,1 ans contre 6,1 ans pour celles qui n’ont pas de diplôme, souligne cette nouvelle enquête de l’Insee. L’écart est donc d’un an entre ces deux niveaux de diplôme, soit une espérance de vie à cet âge 1,2 fois plus longue pour les plus diplômées.

Et ce rapport de l’Insee de remarquer que « les écarts sont de même ampleur pour les hommes, mais avec une durée de vie toujours moindre pour ces derniers. Ainsi, les hommes de 86 ans détenteurs du baccalauréat ou plus peuvent espérer vivre encore en moyenne 5,2 ans, contre 4,5 ans pour les hommes sans diplôme. La durée de vie des hommes ayant un diplôme supérieur ou égal au baccalauréat est cependant plus courte que celles des femmes sans diplôme : 5,2 ans à 86 ans, contre 6,1 pour les femmes sans diplôme ».

Au recensement de 1999, 18 % des hommes et 25 % des femmes de 85 ans ou plus n’ont pas répondu à la question sur le diplôme, précise l’Insee. Leur situation est la moins favorable en termes de longévité. Leur durée de vie espérée à 86 ans est inférieure à 4 ans pour les hommes, et à 5 ans pour les femmes. Pour les hommes âgés de 85 ans ou plus, pour un âge donné, le risque relatif annuel de décès des hommes pour lesquels on ne connaît pas le niveau d’études s’élève à 1,06, soit 6 % de plus que celui des hommes sans diplôme.
Espérance de vie des 'grands seniors' : les femmes et les diplômés vivent plus longtemps

Pour les femmes, toujours à âge donné, le risque relatif de décès pour lesquelles on ne connaît pas le niveau d’études est de 1,18, soit un risque 18 % plus élevé que celui des femmes sans diplôme. Les personnes dont on ne connaît pas le niveau d’études présentent en fait plus souvent que les autres des caractéristiques associées à une moindre longévité : elles sont un peu moins souvent mariées, et surtout, elles vivent plus souvent dans des collectivités plutôt qu’en ménages ordinaires.

Toutefois, remarque l’Insee « les différences diminuent avec l’avancée en âge ». Afin d’examiner comment les différences de mortalité évoluent avec l’âge, trois groupes d’âge ont été distingués : 85 à 87 ans en 1999, 88 à 93 ans et 94 ans ou plus.

Pour les hommes les moins âgés, les résultats sont similaires à ceux présentés précédemment pour l’ensemble des hommes âgés de 85 ans ou plus. Entre 88 et 93 ans cette fois, les titulaires d’un CEP ne se distinguent plus des hommes sans diplôme, alors que les hommes dont on ne connaît pas le niveau d’études continuent à être dans une situation moins favorable en termes de longévité. Après 94 ans, aucune différence significative n’apparaît plus selon le diplôme.

Le constat pour les femmes est proche de celui des hommes : les différences de mortalité selon le niveau d’études s’atténuent également avec l’avancée en âge.

L’Insee indique également que les risques annuels de décès des personnes âgées de 85 ans ou plus sont plus élevés pour les hommes qui étaient ouvriers ou employés à la fin de leur vie professionnelle. Au cours des années 2000-2002, à âge donné, ils sont supérieurs de 6 % à ceux des anciens artisans-commerçants et de 11 % à ceux des anciens cadres ou professions intermédiaires. Les anciens agriculteurs et les hommes qui étaient en dehors du marché du travail (sans être au chômage) avant la retraite ont une mortalité proche des anciens ouvriers et employés. Toutefois, là encore, ces différences selon l’activité exercée aux âges actifs s’estompent avec l’avancée en âge. Pour les femmes, le constat est identique.

L’institut indique aussi que « vivre en collectivité est associé à un moins bon état de santé et à une moindre longévité ». Ainsi, les risques annuels de décès sont les plus faibles pour les hommes et femmes mariées, ainsi que pour les célibataires. Ils sont les plus élevés pour les veufs et veuves. Et l’enquête de remarquer que ces risques « augmentent avec le nombre de personnes vivant dans le logement : à ces âges élevés, être en mesure de vivre seul suppose un assez bon état de santé. Les personnes vivant en collectivité ont un risque de décès nettement plus élevé que les personnes vivant dans un logement « ordinaire », surtout les femmes ». Là encore, les différences de mortalité selon le statut matrimonial légal diminuent avec l’âge, aussi bien pour les femmes que pour les hommes. (…) Elles restent cependant significatives, même aux très grands âges, alors qu’il n’y a plus de différences pour les autres caractéristiques. Vivre en communauté serait donc plutôt le signe d’une santé dégradée et est ainsi associé à un risque de décès plus élevé.


Publié le Jeudi 15 Février 2007 dans la rubrique Divers | Lu 8564 fois