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Senior Actu

Entrepreneurs et dirigeants seniors : une nouvelle vague d’actifs ?

A l’heure du débat en France et en Europe sur l’emploi des personnes de plus de 55 ans, le Greffe du Tribunal de commerce de Paris vient de mener une étude sur les entrepreneurs seniors (58 ans et plus) à Paris, qui vise avant tout à présenter la place occupée par ces entrepreneurs seniors dans la capitale et apporte par ailleurs un éclairage sur les spécificités de cette nouvelle vague d’actifs.


Retraités en mal d’activité ? Besoin de poursuivre sa carrière professionnelle ? Impossible retour à un emploi salarié en entreprises ? Les raisons sont aussi diverses que variées mais une chose est certaine : les seniors n’ont pas dit leur dernier mot.

Selon cette étude du Greffe, les entrepreneurs « seniors » de 58 ans et plus, occupent une place importante dans le paysage économique parisien et sont en nette augmentation par rapport à 2003 (+34,8%).

Particulièrement dynamiques en 2005, les seniors créateurs d’entreprises représentent 8,7% nouvelles immatriculations à Paris soit une augmentation de 16,3% par rapport à 2003.

Suivant la même tendance que l’ensemble des entreprises de la capitale, la majorité des dirigeants seniors sont des hommes (75,6%).

A l’examen de la pyramide des âges de 2005, les dirigeants de 58 à 65 ans sont largement majoritaires puisqu’ils représentent 13,20% de l’entrepreneuriat parisien contre seulement 10,98% deux ans plus tôt. A partir de 65 ans, la proportion d’hommes entrepreneurs diminue au profit des femmes.

Sur une période de deux ans, le Greffe met ainsi en évidence le boom des dirigeants seniors dans la capitale : chez les 58/65 ans, la variation entre 2003 et 2005 a été de +41.5%, de +24.3% chez les 66/75 ans et de +32% chez les 76 ans et plus. .../...

Cette étude constate qu’il existe trois secteurs d’activités particulièrement plébiscités par les seniors. Ainsi leurs domaines de prédilection sont l’immobilier/location de biens (44%), les services aux entreprises (17%) et le commerce (14%).

Ils exercent principalement sous forme de société civile et de SARL/EURL, deux statuts juridiques adaptés aux activités choisies. Ils sont assez nombreux à diriger des structures plus capitalisées, comme des sociétés par actions. Le montant en capital des entreprises reflète la diversité d’échelle des structures gérées par les « seniors » : parfois à la tête de grandes entreprises, ils dirigent aussi de nombreuses entités de taille plus modeste.

La profitabilité des structures dirigées par les « seniors » à Paris est avérée, ainsi qu’en témoigne l’exercice 2004 déposé au greffe en 2005. Il enregistre une nette progression par rapport à l’exercice 2001 avec davantage de sociétés ayant déclaré un chiffre d’affaires supérieur à 500 000 euros.

Par ailleurs, les entreprises qui ont un dirigeant « senior » à leur tête font preuve d’une bonne pérennité, soit 16 ans et 5 mois en moyenne. A titre indicatif, 31,50% des entités dirigées par un senior ont entre 5 et 15 ans d’existence et 25,4% entre 15 et 25 ans.

Etat des lieux des cessions de fonds et des disparitions d’entreprises en 2005

118 fonds ont été cédé en 2005, en hausse de 9,3% par rapport à 2003. Il s’agit principalement de fonds de commerce d’hôtels/restaurants et de commerces, dont le prix de cession, l’année dernière, enregistre une hausse très nette.

Les disparitions d’entreprises par suite de radiation ont été légèrement moins nombreuses en 2005 , seulement 5 522 entités, soit une diminution de –1,3% par rapport à 2003. Motif le plus fréquent, la cessation d’activité (51%), ce qui semble logique au regard de l’âge des entrepreneurs concernés. Les déménagements dans un autre département sont néanmoins assez nombreux, soit 26%. L’immobilier/location de biens est la branche d’activité la plus concernée par les radiations.

« Le chômage chez les personnes de plus de 50 ans est actuellement un problème dramatique sur l’ensemble des économies occidentales. Pourtant, force est de constater que la situation est peut-être en train de changer. Sur Paris en 2005, 2.816 entreprises ont été immatriculées par des seniors ! Ces derniers sont aujourd’hui beaucoup plus nombreux a créer leur propre affaire et les raisons sont très différentes d’un individus à l’autre. Certains préfèrent ne pas être confrontés à une fastidieuse et très souvent inutile recherche d’emploi ; quelques uns souhaitent mieux maîtriser leurs ressources financières et aspirent à plus de liberté ; enfin d’autres sont incapables de profiter d’une retraite tranquille » indiquent les responsables de cette étude.

Portrait de l’un de ces entrepreneurs « seniors »

« J’ai 75 ans, et alors ?! » s’exclame Serge Friedman, metteur en scène à la retraite dont le seul mot d’inactivité fait frémir. Clin d’œil à son âge ou envie de faire taire les mauvaises langues, Serge Friedman vient de créer « A Venir Editions ».

Loin de lui l’idée de vouloir concurrencer les éditeurs qui connaissent bien leur métier, cet ancien réalisateur de documentaires souhaite avant tout faire passer des messages à ces contemporains et cette nouvelle activité s’inscrit pour lui dans la continuité de son ancienne vie professionnelle.

En se concentrant sur « Le futur », qui réunit des essais ou des résultats de travaux sociaux, biologiques, écologiques, philosophiques, voire utopiques, Serge Friedman acte pour l’avenir et ouvre des réflexions : comment réagir aux problèmes auxquels notre planète se trouve confrontée ? Quelles sont les solutions ?

Le choix des ouvrages est simple, Serge Friedman contacte des scientifiques, des philosophes, des sociologues, qui lui adressent des écrits qu’il sélectionne pour publication. « J’avance à petits pas, en réalisant beaucoup de choses par moi-même, et en déléguant certaines tâches à des professionnels. Pour le premier livre, par exemple, je me suis chargé de sa diffusion en faisant du porte-à-porte auprès des libraires. Les résultats n’ont pas été mauvais, mais j’ai réalisé qu’il était impossible de tout faire par soi-même. Pour le deuxième ouvrage, je me suis adressé à un distributeur-diffuseur dont je suis très satisfait. La prochaine étape, ma participation au salon du livre, où j’ai pris un petit stand ».

Au ceux qui veulent suivre son exemple, Serge Friedman indique « je dirai aux personnes qui se lancent dans cette aventure sans connaître le métier, qu’il faut avancer prudemment et ne pas croire que tout est écrit d’avance. Il faut être passionné et avoir de l’ambition ! Comme tout le monde ne peut pas devenir milliardaire, il faut accepter de perdre de l’argent pour répondre à cette passion. Plus concrètement, si je peux faire une recommandation à une personne qui débute, je dirai qu’il est essentiel de prendre le plus de contacts et de renseignements sur le marché avant de créer son entreprise. »

Pour Serge Friedman, « ni meilleur, ni pire mauvais souvenir car l’édition, c’est sa passion et si c’était à refaire, il referait les mêmes choses ».

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Publié le Mardi 16 Mai 2006 dans la rubrique Emploi | Lu 5755 fois