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Emploi senior : pour plus des deux-tiers des Français de 50 ans et plus, l’âge reste un frein à l’emploi

Selon une récente étude* AARP/Towers Perrin sur les enjeux liés au vieillissement de la population active, plus des deux-tiers (68%) des Français de plus de 50 ans identifient leur âge comme le frein majeur à leur employabilité. Par ailleurs, cette enquête révèle également les principaux obstacles rencontrés par les actifs de 50 ans et plus qui souhaitent poursuivre une activité professionnelle et met en lumière les différentes réponses des gouvernements concernés.


Une pénurie croissante de main-d’oeuvre qualifiée dans les pays du G7

Face à l’augmentation du nombre d’actifs atteignant l’âge de la retraite, le marché enregistre un déclin du nombre de jeunes collaborateurs qualifiés disponibles pour prendre la place de leurs aînés.

La lutte contre la discrimination liée à l’âge demeure un des principaux leviers pour maintenir toutes les chances de prospérer dans l’économie mondialisée. « Parce qu’ils débordent de vitalité, les seniors contribuent aux succès du marché mondial », commente Bill Novelli, Président de l’AARP. « Les chefs d’entreprise, au sein des nations du G7, doivent tout mettre en oeuvre pour conserver cette main-d’oeuvre senior s’ils veulent rester compétitifs. »

L’étude révèle que la discrimination liée à l’âge reste le principal obstacle rencontré par les employés de 50 ans et plus qui souhaitent poursuivre une activité professionnelle après l’âge de la retraite. Ils sont 60% au moins des actifs de 50 ans et plus, et ce dans chaque pays du G7, à considérer la discrimination liée à l’âge comme le principal frein à un nouvel emploi, contre 38% seulement à estimer que leur entreprise accueillerait volontiers des seniors.

« Si cette étude met clairement en exergue la pénurie de main-d’oeuvre qualifiée se faisant jour au sein des pays du G7, les réponses apportées par le patronat demeurent insuffisantes », constate Line Vreven, directrice d’AARP International. « Seuls les pays qui oeuvrent activement en faveur de la conservation de leurs seniors et qui, plutôt que de les dissuader à poursuivre leur activité, les encouragent à rester en poste, en tireront des gains économiques à long terme. »

En moyenne, les seniors actifs dans les pays du G7 veulent poursuivre une activité professionnelle pendant encore 5 ans, ce qui aurait pour effet immédiat d’endiguer le déclin de la population active à l’échelon mondial. Par ailleurs, il est peu probable que l’on assiste à des pics d’immigration et de productivité pour compenser la baisse attendue de main-d’oeuvre qualifiée.

Enfin, si le marché du travail est très différent d’un pays à l’autre, la chasse aux talents, toujours plus acharnée au sein de chacun des pays du G7, contribuera au renchérissement des coûts de la main-d’oeuvre. .../...
Emploi senior : pour plus des deux-tiers des Français de 50 ans et plus, l’âge reste un frein à l’emploi

Des réponses gouvernementales inégales

L’impact de ces variations démographiques varie largement d’un pays du G7 à l’autre dans la mesure où les problématiques liées à l’emploi, les politiques en matière d’immigration et l’implication des pouvoirs publics sont différentes. De plus, le degré de préparation aux enjeux liés au vieillissement de la population active varie considérablement d’un pays à l’autre.

Par rapport aux autres pays membres du G7, le Canada, le Royaume-Uni et les Etats-Unis connaissent moins de problèmes démographiques et de difficultés sur le marché du travail. Ils bénéficient d’autre part de davantage de mesures d’accompagnement.

Une évolution est en cours en France et en Allemagne, soutenue par des changements radicaux et un réel engagement politique; l’Italie et le Japon devront, pour leurs parts, se montrer plus vigilants en raison du vieillissement de leurs populations, d’une longévité accrue et de taux de natalité faibles.

Depuis quelques années, le G7 s’efforce d’anticiper les tendances démographiques. Il incite les chefs d’entreprise à embaucher et à conserver des seniors au sein de leurs entreprises, en modifiant la législation sur les retraites ainsi que les régimes de sécurité sociale

Le cas de la France

- En France, 68% des seniors considèrent la discrimination liée à l’âge comme le frein principal à un nouvel emploi, contre 10% seulement qui estiment que leur entreprise accueillerait volontiers des seniors.
- 51% des français âgés de 50 à 64 ans exerce une activité professionnelle contre seulement 2% des plus de 65 ans. La part des français de plus de 50 ans exerçant une activité professionnelle est en baisse constante depuis 1970.
- 15% des français de plus de 50 ans souhaitent reprendre une activité professionnelle même partielle pendant leur retraite.
- En France, le départ à la retraite est d’abord motivé par des raisons de santé.
- En France, l’expérience des seniors est largement identifiée comme leur principal atout devant leur capacité de conseil, leur connaissance de l’entreprise et leur compétence technique.

Enseignements-clés de cette étude : détails

Ce travail a pris en compte les points de vue de trois parties prenantes– les pouvoirs publics, les employeurs et les employés – pour évaluer la capacité de ces sociétés à relever les enjeux qui se poseront à elles dans un avenir proche.

Les tendances démographiques actuelles laissent présager une pénurie croissante de main-d’œuvre qualifiée

• Il y a dix ans, 30% de la population du G7 était âgée de 50 ans ou plus ; d’ici 10 ans, cette proportion avoisinera 40%. Le pourcentage de la population du G7 considérée « dans la fleur de l’âge » au niveau professionnel (c’est-à-dire entre 15 et 49 ans) était de 51%, et sera de 44% d’ici dix ans.

• Si les actifs aujourd’hui âgés de 50 ans et plus cessent leur activité au cours des
5 à 10 années à venir, il semble certain que plusieurs secteurs d’activité subiront une importante pénurie de main-d’oeuvre qualifiée dans nombre des pays du G7.

• Après analyse des enjeux et identification des différentes réponses possibles face aux prochaines évolutions démographiques, la solution la plus probante, et ayant l’impact le plus immédiat sur la pénurie de main-d’oeuvre, consiste à accroître le taux de participation des seniors dans la population active.

Le degré de préparation aux enjeux liés au vieillissement de la population active varie considérablement d’un pays à l’autre.

• Depuis quelques années, le G7 s’efforce d’anticiper les tendances démographiques. Il incite les chefs d’entreprise à embaucher et à conserver des seniors au sein de leurs entreprises, en modifiant la législation sur les retraites ainsi que les régimes de sécurité sociale et en mettant en oeuvre une politique d’offre de type macroéconomique.

• Par rapport aux autres pays membres du G7, le Canada, le Royaume-Uni et les Etats-Unis connaissent moins de problèmes démographiques et de difficultés sur le marché du travail. Ils bénéficient d’autre part de davantage de mesures d’accompagnement.

• Une évolution est en cours en France et en Allemagne, soutenue par des changements radicaux et un réel engagement politique ; l’Italie et le Japon devront, pour leurs parts, se montrer plus vigilants en raison du vieillissement de leurs populations, d’une longévité accrue et de taux de natalité faibles.

Aujourd’hui, les seniors actifs peuvent pourvoir aux besoins en main-d’oeuvre qualifiée si les chefs d’entreprise et les pouvoirs publics travaillent de concert.

• Plus de 8200 employés au sein des pays du G7 ont été interrogés ; il ressort que nombre d’entre eux sont prêts, désireux et capables de continuer à travailler plus longtemps que les actifs des générations précédentes.

• Parmi les employés interrogés, ils sont 60% parmi les moins de 50 ans et plus, dans chaque pays du G7, à considérer la discrimination liée à l’âge comme le principal frein à un nouvel emploi, contre 38% seulement à estimer que leur entreprise accueillerait volontiers des seniors.

• Si 51% des employés interrogés âgés de 50 ans et plus comptent prendre leur retraite dans les cinq années qui viennent, ils sont encore 18% à se montrer indécis. De même, un tiers des employés interrogés entendent poursuivre une activité professionnelle après leur retraite, sans doute à mi-temps dans une nouvelle entreprise.

• Les chefs d’entreprise s’efforçant de recruter des seniors ou de les conserver en poste se heurtent à une série de difficultés liées à la culture institutionnelle - persistance d’une ségrégation par l’âge notamment – et doivent instaurer, sur le lieu de travail, les règles et programmes adéquats.

Les seniors semblent tout autant motivés par l’envie d’apprendre, d’essayer de nouvelles choses et de demeurer actifs tant mentalement que physiquement, que par le désir de faire face à leurs besoins financiers.

• Du point de vue des employés, les programmes mis en place au sein des entreprises comportent de sérieuses lacunes, s’agissant notamment des possibilités de télétravail, de l’adéquation des rémunérations et de l’équité de la prise en charge par les régimes de retraite.

• Seuls 30% des employés dans les pays du G7 estiment que leurs entreprises disposent d’un cadre normatif parfaitement défini encourageant le maintien dans l’emploi des seniors. Un avis que partagent 35% des actifs aux Etats-Unis, 7% des employés en France et 13% des actifs en Allemagne et en Italie.

Les employeurs au sein du G7 commencent à réaliser un travail préparatoire afin de donner à leur entreprise toutes les chances de réussir.

• La plupart des chefs d’entreprise prennent des mesures pour ne pas rester en marge de cette chasse aux talents, et certains expérimentent de nouvelles méthodes propices à la création d’environnements de travail plus inclusifs — via la réembauche de retraités et par des aménagements plus souples.

• Les huit domaines d’action que les employeurs érigent en priorité sont les suivants : flexibilité professionnelle, salubrité de l’environnement de travail, visibilité du leadership, formation des cadres, études sur les ressources humaines, culture institutionnelle, obligations de performances, formation et développement.

* Etude réalisée dans les pays du G7 début 2007 par AARP, le cabinet Towers Perrin, et des professionnels des Ressources Humaines. Rappelons que le G7 réunit le Canada, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni et les États-Unis.

À propos de l’AARP : Forte de 39 millions d’adhérents, l’AARP est une association qui aide les personnes de 50 ans et plus à maintenir leur indépendance, à effectuer des choix bénéfiques tant pour elles-mêmes que pour la société dans son ensemble.


Publié le Jeudi 27 Septembre 2007 dans la rubrique Emploi | Lu 10023 fois