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Senior Actu

Emploi des seniors : un premier bilan… mais la France a encore du chemin à faire

Gérard Larcher, ministre délégué à l’Emploi a présenté en Conseil des ministres le 14 mars dernier, une communication relative à la mise en application du plan national d’action concerté pour l’emploi des seniors. Rappelons que ce plan, prévu sur la période 2006-2010, est le fruit d’un travail mené avec les partenaires sociaux et s’inscrit dans le prolongement du plan de cohésion sociale et de la loi portant réforme des retraites.


L’objectif, fixé par l’Union européenne en matière d’emploi des personnes âgées de 55 à 64 ans, est un taux d’emploi de 50 % dès 2010. Pour y parvenir, le gouvernement et les partenaires sociaux ont tracé plusieurs voies : faire évoluer les mentalités, favoriser le maintien dans l’emploi en aménageant les fins de carrières et les transitions vers la retraite, et améliorer le retour à l’emploi.

La création d’un contrat à durée déterminée adapté à la situation des chômeurs de plus de 57 ans et la suppression des conditions d’âge pour se présenter aux concours administratifs sont autant de mesures qui doivent contribuer à la mise en œuvre du plan, souligne le communiqué. Ce dernier fera l’objet d’adaptations par le groupe permanent tripartite (Etat, organisations représentatives de salariés, syndicats et organisations professionnelles), installé par Gérard Larcher le 13 février dernier. Une première séance de travail s’est tenue le 15 mars.

Une nécessaire transformation des mentalités
L’enjeu majeur reste la transformation des mentalités. Lancée en 2006, la campagne de communication qui visait à changer le regard sur les seniors, est rediffusée depuis février. A ceci s’ajoute, la mobilisation de l’ensemble des services de l’Etat : les assises régionales qui ont mis en relation les entreprises, le service public de l’emploi et les partenaires sociaux, se sont achevées en 2006. Prochain rendez-vous, le 20 mars pour les assises nationales.

La mise en oeuvre du plan national d’action concerté pour l’emploi des seniors 2006-2010
Le ministre délégué à l’Emploi, au Travail et à l’Insertion professionnelle des jeunes a présenté une communication relative à la mise en œuvre du plan national d’action concerté pour l’emploi des seniors 2006-2010.

Ce plan d’action, lancé le 6 juin dernier, est l’aboutissement d’une démarche engagée, en étroite concertation avec les partenaires sociaux, dans le prolongement du plan de cohésion sociale et de la loi portant réforme des retraites. L’État et les partenaires sociaux ont clairement affirmé leur volonté commune d’atteindre, conformément aux engagements européens, un taux d’emploi de 50 % pour les personnes âgées de 55 à 64 ans en 2010. .../...
Gérard Larcher

A partir d’un diagnostic partagé, ils ont défini cinq voies d’action : faire évoluer les mentalités ; favoriser le maintien en emploi des seniors ; améliorer leur retour à l’emploi ; mieux aménager les fins de carrière et les transitions entre emploi et retraite ; poursuivre la démarche concertée dans la mise en œuvre, l’évaluation et les adaptations du plan.

Deux lois votées en décembre dernier, la loi de financement de la sécurité sociale pour 2007 et la loi du 30 décembre 2006 pour le développement de la participation et de l’actionnariat salarié, ont permis les adaptations nécessaires à la mise en œuvre du plan. Par ailleurs, un contrat à durée déterminée adapté à la situation de chômeurs de plus de 57 ans a été créé. Dans la fonction publique, les conditions d’âge pour se présenter aux principaux concours ou bénéficier d’une promotion ont été supprimées et les services accomplis dans le secteur privé peuvent être désormais pris en compte, dans certaines limites, dans le déroulement de la carrière.

La transformation des mentalités constituant aujourd’hui l’enjeu majeur, une campagne nationale de communication en faveur de l’emploi des seniors a été lancée le 19 octobre dernier. Utilisant les différents médias (télévision, radio, presse), elle doit susciter une prise de conscience nationale et engager cette révolution des mentalités dont notre pays a besoin.

Une première phase de la campagne a suscité une importante adhésion, en particulier de la part des chefs d’entreprise, indique le communiqué du ministère.

La deuxième vague de la campagne a débuté le 18 février.

Les services de l’Etat se mobilisent également à tous les niveaux pour que la mise en œuvre du plan d’action concerté soit effective. Des assises régionales ont été organisées depuis décembre 2006 afin de mettre en relation les entreprises, le service public de l’emploi, les partenaires sociaux, les associations et les services de santé au travail. L’organisation d’assises nationales, le 20 mars prochain, au Conseil économique et social, constitue un point d’étape important de cette mobilisation.

Le plan d’action concerté n’est pas un document figé ; il doit pouvoir être adapté en fonction de l’évaluation régulière de ses résultats. Un groupe permanent tripartite de suivi a été installé le 13 février dernier. La délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle, qui assure son secrétariat, organisera une première séance de travail le 15 mars avec l’ensemble des partenaires sociaux.

La France a encore du chemin à faire

Alors que le ministre présentait sa communication relative au Plan Emploi senior, des experts se sont également réunis mardi dernier lors d’un colloque intitulé « Âge et Travail », indique un article de l’Express. « Il y a urgence à changer de cap pour les politiques sociales concernant les seniors notamment à l'approche de l'échéance de 2008 pour les retraites. C'est possible comme l'a montré l'expérience de nombreux pays d'Europe qui étaient dans une situation comparable à la France à la fin des années 1980 », a jugé Jean-Olivier Hairault, professeur à Paris 1, plaidant notamment pour un âge de la retraite plus tardif.

Le plan pour l'emploi des seniors lancé par le gouvernement français « s'inscrit dans la lignée des bonnes pratiques expérimentées dans les pays de l'OCDE » mais « arrive bien tardivement contrairement à bon nombre d'autres pays », a observé dans le même article Anne Sonnet de l’OCDE.

Le 5 mars dernier, Pierre Kany, un Français de 54 ans au chômage depuis un an et demi a quitté son domicile de Moselle pour se rendre à Paris… à pied. Il espère qu’il sera effectivement reçu au ministère de l’Emploi. « Je fais cela par désespoir » indique-t-il dans une dépêche de l’AFP. « Passé 45 ans, on est déjà inutile. Mais quand on a passé les 50, on devient carrément superflu », ajoute-t-il.

Effectivement, il devient urgent de changer les mentalités…


Publié le Vendredi 16 Mars 2007 dans la rubrique Emploi | Lu 4757 fois