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Eloge du désert de Blanche de Richemont : un hymne au bonheur

Ce livre est un désert. Rien. Il n’y a rien. A perte d’étendue un erg de banales évidences. De part en part un reg où l’ennui s’accroche. Il y a bien quelques vers de Baudelaire, comme des puits aux eaux saumâtres. Un vrai désert vous dis-je. La preuve : j’y suis retourné.


Eloge du désert de Blanche de Richemont : un hymne au bonheur
J’avais parcouru l’ouvrage comme un touriste, trop rapidement. Au retour, j’avais pressenti que j’étais passé à coté de l’essentiel. C’est à mon pas que désormais je le traverse. A celui de ma lecture méditative. A celui du désert « et un pas qui sait, qui comprend d’où il vient, ne sait pas toujours où il va, mais il marche avec plus d’assurance ». Attentif à « ce rien qui dit tout ». La lenteur est la condition sine qua non de la délectation.

L’absolu, l’infini, l’éternité, le silence, la solitude, le vide, le dépassement, le sublime sont mes bivouacs. Ce que j’avais pris pour des évidences n’étaient que des mirages causés par l’approximation, l’à peu près de la compréhension, la facilité de la pensée usuelle.

Notre guide de méharée nous rappelle à l’exigence de soi car dans le désert « hors du temps, hors de l’espace nous sommes en nous-mêmes ». « Il est une terre d’ascèse (…) et son Inhumanité exige le meilleur de nous ».

Si Blanche de Richemont se garde de tomber dans la niaiserie, c’est que sa réflexion s’appuie sur quelques explorateurs de la grandeur humaine : Gide, Charles de Foucauld, Isabelle Eberhardt, Teilhard de Chardin, etc.

Il est moins périlleux de traverser le Sahara que d’écrire un vade-mecum du bonheur. Cette jeune auteure a relevé le défi de l’un et de l’autre. Avec la même soif de partager.

Eloge du désert
Blanche de Richemont
Presses de la Renaissance
215 pages 16 euros


Publié le Mercredi 23 Août 2006 dans la rubrique Culture | Lu 5862 fois