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Senior Actu

Dix fois plus de risques de mourir à partir de 50 ans pour les personnes défavorisées

Une récente étude anglaise réalisée par des chercheurs du Collège Universitaire de Londres montre que les Anglais des couches défavorisées ont dix fois plus de risques de mourir au cours de leur cinquième décennie que leurs compatriotes aisés, et ce, même en ayant reçu des soins de santé comparables.


Cette grande étude britannique intitulée « English Longitudinal Study on Ageing » (ELSA) a été menée par des chercheurs anglais du Collège Universitaire de Londres pendant deux ans sur 8.780 personnes nées avant 1952. Les scientifiques ont interrogé ces individus et comparé leur état de santé, leur situation financière, leurs relations sociales, le montant de leur retraite, etc.

« Il existe un lien complexe entre la richesse et la santé d’une personne » a indiqué lors d’une conférence de presse le professeur Michael Marmot, en charge de cette enquête. Et de préciser que « dans tous les groupes d’âges, les plus riches ont moins de risques de mourir prématurément ».

Ainsi, sur l’ensemble des personnes suivies pendant ces deux années, dans la tranche des 50/59 ans, 2.5% des plus pauvres étaient décédés avant la fin de l’enquête contre 0.2% chez les plus riches. Chez les 60/74 ans, les chiffres sont aussi éloquents puisque 5.9% des plus pauvres ont disparu avant la conclusion de l’étude contre 1.3% chez les plus à l’aise financièrement. .../...
Dix fois plus de risques de mourir à partir de 50 ans pour les personnes défavorisées

Soignées d’une manière identique, les personnes financièrement à l’aise sont par exemple moins susceptibles de développer une maladie chronique, parmi elles, l’hypertension ou le diabètes. La qualité des soins de santé variant peu selon les catégories socioprofessionnelles, d’autres causes doivent donc être prises en compte, estime le professeur Marmot.

Cette étude montre aussi que la solitude et l’isolement concerne deux fois plus de personnes chez les pauvres. « La position sociale de ces adultes a clairement un effet sur leur santé » précise encore le professeur Marmot, ajoutant que « chez les seniors, l’isolement tue ».

Mais toujours selon cette grande enquête, la notion de vieillesse n’est pas –contrairement à ce que l’on pourrait s’imaginer- vécue systématiquement de manière négative. Il est vrai que les trois-quarts des personnes interrogées, toutes ayant plus de 50 ans, ne se considèrent pas comme âgées. Selon les chercheurs, seuls deux groupes ont exprimé des réticences à l’idée de vieillir. Celui des 55/59 ans et celui des plus de 80 ans. « Il semblerait qu’il y ait deux époques pendant lesquelles le vieillissement est vécu d’une manière négative : l’âge de la préretraite et celui où l’on commence à atteindre le grand âge » indique le professeur Michael Marmot.

Autre point, la plupart des sondés estiment que l’on peut considérer qu’une personne est d’un « âge moyen » jusqu’à 63 ans. Pour les plus en forme et les plus à l’aise financièrement, la limite va même jusqu’à 66 ans.

« Le défi n’est pas d’abolir les classes sociales. Il s’agit surtout de mieux comprendre ce qui lie votre appartenance sociale à l’état de votre santé » conclut le professeur Marmot.


Publié le Mardi 11 Juillet 2006 dans la rubrique Santé | Lu 3700 fois