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Diabète : la Fédération internationale du diabète lance son nouveau consensus de prévention

La pandémie de diabète menace de submerger les services de santé du monde entier. Dans ce contexte, la Fédération internationale du diabète (FID) lance un nouveau consensus de prévention du diabète, à paraître dans l'édition de mai de Diabetic Medicine, dans la foulée de la résolution adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies 2006, qui appelle à une action internationale concertée.


« La résolution de l'ONU représente une grande victoire sur le front de la lutte contre la plus grande épidémie de l'histoire humaine. Le diabète est en effet responsable de la mort de près de 4 millions de personnes chaque année. On dénombre actuellement 246 millions de personnes atteintes de diabète dans le monde, et on devrait atteindre les 380 millions d'ici à 2025 : cette maladie menace de mettre les économies nationales en faillite(1) », a déclaré le Prof. Paul Zimmet, directeur de l'Institut international du diabète et co-auteur du consensus.

Et le professeur de préciser qu'« il est possible de prévenir l'apparition du diabète de type 2, mais cela nécessite une immense volonté de la part des politiques. Cela passe par la création d'un environnement propice au changement de style de vie. C'est pourquoi nous lançons un appel à tous les pays pour qu'ils adoptent la résolution de l'ONU et ciblent des populations entières en développant et en appliquant des Plans nationaux de prévention du diabète ».

Le nouveau consensus de la FID recommande que toutes les personnes les plus exposées au risque de diabète de type 2 soient identifiées par le biais d'un dépistage opportun pratiqué par des médecins, des infirmiers et des pharmaciens ainsi que grâce à l'autodépistage. .../...

De son côté, le professeur Sir George Alberti, ancien président de la FID et co-auteur du nouveau consensus, a précisé que « les études menées aux Etats-Unis, en Finlande, en Chine, en Inde et au Japon sont unanimes : un changement de style de vie (en atteignant un poids corporel adéquat et une activité physique modérée) peut contribuer à empêcher le développement du diabète de type 2 chez les personnes les plus à risque (2-6). Selon le nouveau consensus de la FID, ceci devrait être la première mesure d'intervention pour toutes les personnes à risque, ainsi que l'axe principal de toute approche de santé des populations ».

Outre la nécessité de modifier le style de vie individuel, la FID reconnaît l'existence de facteurs environnementaux puissants qui influencent les modèles comportementaux, alimentaires et d'activité physique de la communauté.

« Sans le vouloir, nos propres gouvernements ont sans doute contribué à l'expansion de cette épidémie en autorisant les développeurs à créer des problèmes sociaux urbains », a déclaré Avi Friedman, professeur d'architecture à l'Université McGill de Montréal. L'extension urbaine fait partie intégrante des nouveaux développements, sans qu'aucune attention ne soit accordée à la conception des bâtiments, aux trottoirs, aux pistes cyclables, aux couloirs destinés aux transports publics, aux aires de jeu et aux zones favorisant l'exercice physique, qui sont essentiels et doivent être accessibles pour les gens qui veulent garder un style de vie sain ».

Les plans nationaux de prévention du diabète exigeront donc une action politique et législative coordonnée, soit des changements dans tous les secteurs : santé, éducation, sports et agriculture, ainsi que l'établissement de relations stratégiques. Ils seront sensibles à la dimension culturelle et tendront à mobiliser tous les secteurs de la communauté.

« Le diabète représente déjà un coût social énorme. La balle est donc dans le camp des responsables politiques : à eux de décider s'ils veulent dépenser de plus en plus d'argent en soins et en médicaments onéreux, ou investir dans la prévention en encourageant un changement de style de vie au sein de l'ensemble de la population », a déclaré le Prof. Alberti.

« Un accord « à la Kyoto » en matière de prévention et de prise en charge du diabète se révèle indispensable entre les gouvernements du monde entier si nous voulons prévenir un problème qui menace de prendre des proportions catastrophiques », a conclu le professeur Zimmet.

Rappelons que la Fédération internationale du diabète (FID) défend les droits de plus de 240 millions de personnes qui, dans le monde, sont atteintes de diabète. Elle représente 200 associations réparties dans plus de 150 pays. Sa mission est de promouvoir les soins, la prévention et un remède au diabète à l'échelle mondiale. La FID est une organisation non gouvernementale qui entretient des relations officielles avec l'Organisation mondiale de la santé.

À propos du diabète

Chaque année, 7 millions de personnes développent le diabète. Les augmentations les plus marquées au niveau du diabète de type 2 sont survenues au sein de populations qui ont connu des changements de style de vie rapides et majeurs, ce qui prouve le rôle joué par les facteurs liés au style de vie, ainsi que l'existence d'un potentiel de prévention.

Une personne atteinte du diabète de type 2 est deux à quatre fois plus encline aux maladies cardiovasculaires (MCV), et 80 % des personnes atteintes de diabète en mourront. La mortalité prématurée imputable au diabète représente une perte de 12 à 14 années de vie. Une personne atteinte de diabète encourt des frais médicaux deux à cinq fois supérieurs à une personne qui n'a pas le diabète. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu'environ 15 % des budgets sanitaires annuels partent en soins pour des maladies liées au diabète.

On sait aujourd'hui avec certitude qu'un bon contrôle du taux de glucose dans le sang et de la tension artérielle, ainsi que le suivi du profil lipidique (graisses dans le sang) peuvent ralentir la progression ou enrayer le diabète de type 2, et ainsi diminuer considérablement le risque de complications (maladies cardiovasculaires, des yeux ou des reins) chez les personnes atteintes de diabète.

Références

(1) Atlas du diabète, troisième édition, Fédération internationale du diabète, 2006.
(2) Pan X, Li g, Hu Y, Wang J, Yang W, An Z. Effects of diet and exercise in preventing NIDDM in people with impaired glucose tolerance. The Da Qing IGT and Diabetes Study. Diabetes Care 1997; 20: 537-544
(3)Tuomilehto J. Lindström J, Eriksson J, Valle T, Hamalainen H. Prevention of type 2 diabetes mellitus by changes in lifestyle among subjects with impaired glucose tolerance. N Engl J Med 2001; 344: 1343-1350
(4) Ramachandran A, Snehalatha C, Mary S, Mukesh B, Bhaskar A, Vijay V. The Indian Diabetes Prevention Programme shows that lifestyle modification and metformin prevent type 2 diabetes in Asian Indian subjects with impaired glucose tolerance (IDPP-1). Diabetologia 2006; 49 (2): 289-297
(5) Knowler W, Barrett-Connor E, Fowler SE, Hamman RF, Lachin JM. Reduction in the incidence of type 2 diabetes with lifestyle intervention or metformin. N Engl J Med 2002; 346: 393-403
(6) Kosaka K, Noda M, Kuzuya T. Diab Res Clin Pract 2005; 67: 152-162


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Publié le Mercredi 2 Mai 2007 dans la rubrique Santé | Lu 4670 fois