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Dévorations de Richard Millet : l’harmonie d’une langue


Dévorations de Richard Millet : l’harmonie d’une langue
Richard Millet est plus qu’un écrivain, c’est une écriture. C’est aussi un musicien autodidacte, qui écrit une langue mélodieuse au rythme ensorcelant. Sa phrase tourne et retourne, se referme tout à coup comme un lasso. Le lecteur est pris.

L’écriture foisonnante, équilibrée, aux longues périodes riches en sensations dit la mélancolie d’un monde, d’une façon de voir le monde, qui disparaît. La profusion des incidentes est un barrage à la fuite du temps. C’est une écriture de mémoire : le style s’effacera avec ce monde.

L’imaginaire romanesque de l’auteur lui fait raconter des histoires d’exil, celui de son propre exil, d’une époque trop rapide, inattentive, frelatée qui le condamne d’une manière un peu hautaine au bord de lui-même.

Le roman qu’il nous propose pour cette rentrée littéraire (selon les saintes lois éditoriales ?) peut se résumer en une question : une femme qui se cherche rencontrera-t-elle l’écrivain qui se fuit ? Le texte est parsemé de références autobiographiques (écrivain, Corrèze, musique, Liban, enseignement).

C’est un plaisir de lecteur que d’être amené à dire un petit bonjour aux familles Pythre, Piale, Lauve, vieilles connaissances qu’il retrouve de livre en livre. Un roman de Richard Millet ça ne se résume pas. Ca s’écoute.

Dévorations
Richard Millet
Edition Gallimard
220 pages
16.50 euros


Publié le Lundi 2 Octobre 2006 dans la rubrique Culture | Lu 2788 fois