Sommaire
Senior Actu

Des seniors deviennent accrocs aux somnifères après un passage à l’hôpital

Selon une récente étude réalisée par l’Institut de recherche en services de santé (IRSS) de Toronto (Canada) publiée dans la revue spécialisée Journal of General Internal Medicine, près de la moitié des personnes âgées à qui on a prescrit un somnifère lors d'un séjour à l'hôpital continuent à prendre ce médicament six mois après leur retour à domicile parce qu'elles sont devenues dépendantes de ses effets.


Cette étude canadienne a révélé que les somnifères de la classe benzodiazépines, qui peuvent entraîner une dépendance lorsqu’on les utilise sur le long terme, voient cet effet amplifié chez les seniors. « En réalité, indique le docteur Chaim Bell de l'IRSS, pour ce type de personnes, qui n'ont jamais pris de benzodiazépines auparavant, c'est le début d'une consommation à long terme ».

De fait, sur les 405.000 hospitalisations étudiées, les benzodiazépines ont été prescrits 12.484 fois durant le séjour à l’hôpital et pendant la convalescence des patients, c’est à dire à 3.1% des malades. Au bout de six mois, la moitié (6.136 personnes / 1.5%) d’entre eux étaient devenus des consommateurs réguliers.

Il faut considérer des alternatives au traitement de l’insomnie affirment donc les scientifiques. Il faut parler avec les patients, les informer sur les risques qu’ils prennent avec les benzodiazépines. « Il faut améliorer la communication entre les médecins traitants et ceux de l'hôpital, impliquer les infirmières, les travailleurs sociaux et les pharmaciens. C'est une stratégie de plus en plus nécessaire, avec le vieillissement de la population et l'augmentation de l'âge où les opérations sont possibles » poursuit le Dr Bell dans le quotidien La Presse. .../...
Des seniors deviennent accrocs aux somnifères après un passage à l’hôpital

Détail intéressant, les jeunes seniors sont plus susceptibles de devenir dépendants aux benzodiazépines. « Le risque est plus élevé pour les 66-69 ans que pour les plus de 85 ans, peut-être parce que les plus vieux connaissent davantage les écueils du troisième âge », avance encore le médecin en charge de cette enquête.

D’autre part, l'étude révèle que le risque de devenir « accroc » à ces médicaments est plus élevé chez les femmes et les patients admis aux soins intensifs ou à des services non chirurgicaux. Les patients dont l'hospitalisation est plus longue, qui sont atteints de plusieurs maladies, ont un passé d'alcoolisme ou qui prennent plusieurs médicaments courent aussi un risque accru de dépendance.

Rappelons également que ce type de somnifères est associé chez les personnes âgées à des effets secondaires indésirables tels que la somnolence de jour, des problèmes cognitifs, des blessures dues à des chutes et des accidents de voiture.

Cette étude a été réalisée entre avril 1992 et mars 2005, à partir de l’analyse des dossiers médicaux de patients âgés de 66 ans et plus qui n'avaient pas pris de benzodiazépines au cours de l'année ayant précédé leur hospitalisation.


Publié le Mercredi 11 Juillet 2007 dans la rubrique Santé | Lu 3336 fois