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Senior Actu

Des seniors australiens produisent une pilule du suicide… au cas ou

Le docteur australien Philip Nitschke, partisan de l’euthanasie, a annoncé lors d’une récente conférence internationale sur le droit de mourir dans la dignité, qui s’est tenue à Toronto (Canada), qu'un groupe de seniors avait réussi à fabriquer une « pilule du suicide » qu’ils pourront utiliser un jour, s'ils en ont besoin.


L’idée de ce médecin âgé de 59 ans, directeur général d'Exit International, organisme australien de défense du droit à l'euthanasie volontaire, est de contourner la loi dans les pays où la mort assistée reste interdite. Ainsi, selon lui, en permettant à des personnes de fabriquer elles-mêmes une pilule du suicide sans aide extérieure, cela leur donne la possibilité de se supprimer sans que quiconque puisse être accusé de quoique ce soit. « Le suicide est légal » rappelle-t-il.

Suivant ce principe, un groupe d’une vingtaine de seniors australiens, 80 ans de moyenne d’âge, s’est réuni afin de fabriquer cette « pilule du suicide ». La plupart n’avaient aucune connaissance spécifique en matière de chimie et « la majorité de ces personnes était en bonne santé » a précisé le Dr. Nitschke.

Ces aînés se sont fait passés pour des ornithologues amateurs et ont caché leur laboratoire dans une ferme du sud-est du pays, en Nouvelle-Galles-du-Sud. Le médecin leur a ensuite expliqué comment ils pouvaient fabriquer leur cachet d'amylobarbital, une substance qui, à certaines doses, supprime l’action du système nerveux central et entraîne la mort.

Il leur a fallu en toute une année pour pouvoir réaliser leur pilule. Elle est actuellement analysée par un laboratoire australien. Les résultats devraient tomber à la fin du mois de septembre. Ensuite, le cachet sera "prêt à l’emploi", selon le Dr Nitschke. Les participants recevront alors exactement la dose nécessaire pour causer leur propre mort, pas plus, pas moins.

Le médecin a cependant précisé que la plupart des personnes de cette équipe ne prendraient jamais leur pilule. Elles veulent juste savoir qu’elles l’ont sous la main le cas échéant. Pour Nitschke, il s’agit uniquement de fournir une alternative aux individus qui souhaitent "partir" pour éviter les souffrances engendrées, notamment, par les maladies dégénératives.

Il semblerait que d’autres seniors se soient déjà inscrits pour eux aussi, fabriquer leur pilule.


Publié le Vendredi 15 Septembre 2006 dans la rubrique Société | Lu 8919 fois