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Des mamies chinoises s’installent temporairement aux USA pour garder leurs petits-enfants

Depuis quelques temps, les cas de petits-enfants d’origine chinoise vivants aux Etats-Unis et gardés par leurs grands-parents qui font le voyage de Chine uniquement pour s’occuper d’eux, semble devenir de plus en plus courant, indique un récent article du quotidien américain The Christian Science Monitor.


Même s’il n’existe encore aucune statistique officielle concernant ce nouveau phénomène, il semblerait qu’il ait tendance à se développer. Avec l’ouverture de la Chine, les voyages hors du pays sont en effet, devenus plus faciles à organiser.

Ces aïeux d’origine asiatique arrivent principalement de Chine, de Taiwan ou de Hong Kong. Les mamies en provenance du sud-est de l’Asie sont moins nombreuses. Certains viennent en couple, mais le plus souvent, la grand-mère doit faire le voyage seule, monter pour la première fois dans un avion et accepter de vivre de trois mois à presque un an (visa oblige) dans un pays qu’elle ne connaît pas et dont elle ne parle pas la langue. De son côté, la plupart du temps, l'époux reste dans le pays d’origine pour continuer à s’occuper des affaires de la famille.

Certes, la séparation de ces conjoints âgées est souvent douloureuse, mais il semblerait qu’une fois arrivée aux Etats-Unis, chacun y trouve son compte. D’une part les enfants continuent de vivre selon leurs traditions d’origine. En Chine, par exemple, les grands-parents paternels vivent souvent chez leurs filles et jouent un véritable rôle dans l’éducation des petits-enfants. De plus, la présence de la grand-mère permet à la jeune maman de travailler sans avoir à se préoccuper de la garde de son bébé. En ce qui concerne l’enfant, cela lui permet outre le lien intergénérationnel, de rester en contact avec sa culture d’origine tout en ayant une éducation typiquement américaine. La mamie peut lui apprendre sa langue maternelle, ses coutumes, ses traditions, sa culture, etc. Enfin la grand-mère a la possibilité de se rapprocher de ses enfants qui vivent de l’autre côté du Pacifique et qu’elle ne verrait qu’épisodiquement si elle n’avait pas fait ce voyage.

Pourtant, même si certains grands-parents sont très heureux de vivre quelques mois de l’année aux Etats-Unis avec un sentiment de grande liberté, même si certains en sont déjà à leur troisième aller-retour, ce tableau idyllique ne doit pas occulter certaines zones d’ombre. Tout d’abord la cohabitation n’est pas toujours aisée. Parfois, l’éloignement et les différences culturelles (alimentation, éducation, rapport avec la médecine, etc.) rendent la communication difficile au sein même des familles. Le problème est aggravé lorsque la personne âgée doit résider chez un couple mixte, dont l’un des conjoints n’est pas d’origine chinoise.

Enfin, ces voyages « longue distance » peuvent s’avérer très éprouvants pour ces grands-mères. En plus de l’absence du conjoint, la plupart ne parlent par anglais, ne savent pas se servir d’un téléphone ou ne conduisent pas. Ainsi, certaines refusent de sortir seules, elle ont peurs de cet univers qu’elles ne connaîtrons jamais vraiment.


Publié le Mercredi 31 Août 2005 dans la rubrique Intergénération | Lu 2129 fois