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Senior Actu

Des bénévoles des Petits frères des pauvres à l’écoute des personnes âgées

Le numéro azur 0 810 47 47 88 des Petits frères des pauvres met le coeur à l'écoute des plus de 50 ans. Entretiens croisés avec Michèle Gascoin, administratrice au CCAS de la Garenne-Colombes, par ailleurs bénévole auprès des Petits frères des pauvres et Marianne Van Pée, responsable de la plateforme d’écoute.


Quelles sont les personnes qui vous appellent ?

- Michèle Gascoin : Nous écoutons les personnes qui sont dans une très grande solitude. Certaines appellent tous les jours en nous disant « Vous êtes ma famille ». Ils en ont parfois une, mais ils sont sans nouvelles.

- Marianne Van Pée : On se soucie de ceux qui ne peuvent pas être joints. La grosse difficultés, c’est de les toucher pour les informer de l’existence de notre numéro d’appel azur. L’important pour nous, c’est de diffuser ce numéro.

Notre idée, c’est de répondre à une demande. Nous sommes convaincus de l’effet de cette écoute sur les personnes qui parviennent à nous joindre.

Les personnes âgées peuvent être très âgées et souffrir de différents handicaps. On rencontre pas mal de cécité, de l'ennui, de la dépression : la vie n'a plus de goût. « On ne s’occupe pas beaucoup de nous » disent-ils.
Des bénévoles des Petits frères des pauvres à l’écoute des personnes âgées

En quoi consiste l’écoute ?

- Michèle Gascoin : Notre objectif est d’offrir du temps, une oreille pour écouter. Les personnes âgées souffrent de nombreux problèmes physiques ou moraux, ou les deux à la fois. Ils ont besoin d’une présence.

La durée d’une conversation va jusqu’à l’apaisement de la personne qui appelle. Nous nous adressons au cœur de l’être humain. Souvent, les personnes âgées se dévalorisent elles-mêmes. Certaines appellent en disant « je veux me suicider ». L’anonymat dans ce domaine est très important. On devine cependant à travers la conversation dans quels types de lieux ils vivent. .../...

Quel est l’esprit de cette plate-forme ?

- Marianne Van Pée : Le numéro azur existe depuis quatre ans au niveau national. Il est né après la canicule. L’idée, c’est de démultiplier les plates-formes d’écoute. Nous avons une façon de répondre qui est plus liée à la personne. Nous sommes plus braqués sur la personne elle-même que sur son environnement.

Il existe une vrai nécessité de travail en équipe, dans le secret professionnel et avec un grand respect de l’histoire personnelle. Il est également important, pour le bénévole, de prendre de la distance avec son action, et ce, grâce aux groupes de paroles que nous organisons. Pour le volontaire, il s'agit d' un véritable bénéfice.

Quelles sont les satisfactions d’un tel travail d’écoute ?

- Marianne Van Pée - La grande joie, c’est qu’un petit moment de conversation qui dure entre dix et quinze minutes rend à la personne sa valeur d’être au monde et lui apprend que sa parole a du poids. On veut véritablement faire connaître ce numéro azur, car on entend trop cette solitude.

Quelles sont les qualités d’un bénévole écoutant ?

- Marianne Van Pée : Il faut être dans une grande disponibilité intérieure, être vrai et authentique. Le bénévole parle peu. Il est là pour écouter. Il faut être ce que l’on est avec ses limites et savoir prendre du recul. Ce sont des compétences humaines.

Nous ne sommes pas psychologues, ni thérapeuthes. Il faut savoir se taire. Les silences sont très bénéfiques. C’est tout un cheminement de part et d’autre. Il existe une éthique et une formation.

Coordination des bénévoles écoutants :
Marie-Anne Van Pée
Tél. : 01 48 06 45 00

Contacts :
Les Petits frères des pauvres
33 et 64, avenue Parmentier
75011 Paris
Tél : 01.49.23.13.00
www.petitsfreres.asso.fr

Pour en savoir plus, lire aussi :
Un coup de fil pour rompre la solitude et l'isolement des seniors


Publié le Mercredi 17 Mai 2006 dans la rubrique Social | Lu 5632 fois