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Des anticorps pour lutter contre la maladie d’Alzheimer

Les laboratoires Intellect Neurosciences (Intellect) viennent d’annoncer le rachat des droits d’IBL (Immuno-Biological Laboratories Co.) pour la fabrication, la mise au point et la commercialisation de deux anticorps qui devraient permettre de constituer une forme d'immunisation visant à faciliter l'élimination des protéines bêta-amyloïdes, responsables de la dégradation du cerveau des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.


La maladie d'Alzheimer est la forme la plus courante de démence et se caractérise par une perte progressive de la mémoire et de la faculté de reconnaissance, qui mène à un état dégénératif complet et à la mort.

« Une des caractéristiques majeures de la pathologie de la maladie d'Alzheimer consiste en la présence des plaques insolubles de protéines connues sous le nom de bêta-amyloïdes à la surface des neurones, qui proviennent de l'accumulation de bêta-amyloïdes solubles dans le cerveau » rappelle le communiqué de presse rédigé par ces deux laboratoires.

« Nous sommes très impressionnés par les spécificités et les caractéristiques bloquantes des anticorps spécifiques monoclonaux bêta-amyloïdes d'IBL qui ne réagissent pas avec d'autres protéines qui y sont structurellement liées et font partie de processus physiologiques normaux, ce qui devrait réduire la possibilité d'effets secondaires néfastes chez les malades », explique le docteur Daniel Chain, directeur général d'Intellect. « Ces anticorps sont difficiles à créer et cette acquisition accélère de façon notable le calendrier de mise au point de nos médicaments ». .../...

L'immunothérapie pour la maladie d'Alzheimer consiste à créer une molécule d'anticorps qui soit disponible pour bloquer la toxine endogène bêta-amyloïde, pour en favoriser ainsi l'élimination du cerveau. Ce résultat thérapeutique peut s'obtenir soit en stimulant le système immunitaire du malade pour qu'il produise cet anticorps (« immunisation active ») ou en lui administrant un anticorps produit à l'extérieur (« immunisation passive »). Ces deux méthodes pourraient ralentir ou arrêter l'évolution de la maladie, si certains problèmes-clés de sécurité sont résolus. Et le communiqué de préciser qu’Intellect a mis au point et intégré des éléments de sécurité dans ses plates-formes technologiques, tant pour l'immunisation active que passive, ce qui lui donne un avantage concurrentiel notable dans ce domaine.

De son côté, IBL a indépendamment produit des anticorps monoclonaux qui satisfont aux exigences d'Intellect en matière de « anticorps spécifiques à extrémité franche », caractéristiques qui permettent à l'anticorps de distinguer entre les bêta-amyloïdes et d'autres protéines qui lui ressemblent, comme le précurseur de peptide bêta-amyloïde qui joue plusieurs rôles importants pour le corps humain. À la différence des « anticorps spécifiques de conformation » qui ne bloquent qu'une petite partie de la toxine, on peut agir sur les anticorps « spécifiques à extrémité franche » pour qu'ils bloquent toutes les grandes classes de la toxine bêta-amyloïde. Cet avantage pourrait permettre l'utilisation des anticorps « spécifiques à extrémité franche » pour une large population de malades, y compris aux premières étapes de la maladie d'Alzheimer.

Rappelons que la maladie d’Alzheimer a des effets tragiques pour les malades et pour leur entourage, et les coûts des soins qui en résultent sont importants. On estime qu'il y a plus de 12 millions de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer sur les principaux marchés internationaux et que ce nombre va croissant avec le vieillissement de la population dans le monde.

Les médicaments actuellement disponibles sur le marché ont un effet temporaire sur certains des symptômes de cette maladie mais il n'existe pas de médicament qui en ralentisse ou en arrête l'évolution, précisent les laboratoires dans leur communiqué.


Publié le Lundi 15 Janvier 2007 dans la rubrique Santé | Lu 2141 fois