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Des anciens antipsychotiques dangereux pour les personnes âgées

Des anciens médicaments de la famille des antipsychotiques pourraient s’avérer encore plus risqués pour les personnes âgées et augmenteraient les décès prématurés, que les nouveaux remèdes déjà jugés dangereux par les autorités américaines, indique une récente étude publié la semaine dernière dans la revue spécialisée New England Journal of Medecine.


En avril dernier, l’administration américaine de régulation des produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA) avait déjà signalé que de nouveaux antipsychotiques dit « atypiques », tels que le Risperdal (Johnson & Johnson) et le Zyprexa (Ely Lilly), annoncés comme plus efficaces par les laboratoires, pouvaient entraîner un doublement des morts prématurées chez les personnes âgées atteintes de démence.

A l'époque, la FDA mettait aussi en garde contre une première génération de médicaments antipsychotiques tels que le Haldol et la Thorazine, disponibles sous forme générique, donc moins chers, car ils représentaient un risque de décès de 37% supérieur aux médicaments dit atypiques. L’administration américaine avait donc obligé les laboratoires pharmaceutiques à mentionner l’avertissement maximum sur les boîtes de ces antipsychotiques.

Alors qu’aux Etats-Unis, une personne âgée en maison de retraite sur quatre prend des antipsychotiques, un nouveau rapport de l'Hôpital Brigham and Women de Boston (Massachusetts), paru le 1er décembre dernier dans la revue New England Journal of Medicine, montre les dangers de ces médicaments pour les aînés.

Les auteurs de cette étude ont analysé 22.890 dossiers médicaux d’hommes et de femmes de 65 ans et plus, entre 1994 et 2003, qui prenaient des traitements antipsychotiques couverts par la Sécurité sociale de l’Etat de Pennsylvanie. En plus de souffrir de démence ou de délire, ces patients étaient atteints d’autre problèmes médicaux, ont précisé les chercheurs.

Philipp Wang, responsable de cette étude et ses collègues, ont découvert que six mois après le démarrage de la prise d’antipsychotiques, 14.6% des patients étaient décédés avec les nouveaux médicaments et 17.9% avec les anciens. Ayant pris en compte les différences d’âge et d’état de santé des individus, les chercheurs ont indiqué que les personnes traitées avec des doses normales d’anciens psychotiques avaient 37% plus de chances de mourir prématurément que ceux prenant les nouveaux médicaments. Et les scientifiques d’ajouter qu’au delà de six mois, les risques entre les deux groupes s’étaient égalisés.

« Ces résultats suggèrent que les cliniciens ne doivent pas remplacer les nouveaux médicaments par des anciens » a indiqué le M. Wang. « Ce n’est pas une décision sans conséquence. Le risque supplémentaire de décès est élevé sur une très courte période ».


Publié le Mardi 6 Décembre 2005 dans la rubrique Santé | Lu 2739 fois