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Dépendance : le réseau UNA se félicite du retour de ce sujet dans le débat présidentiel

L’UNA (Union nationale de l’aide, des soins et des services aux domiciles), en tant qu’acteur militant du secteur de l’économie sociale, se félicite de voir que le sujet de la dépendance revienne –enfin- dans les discussions des politiques et les propositions des candidats aux prochaines élections présidentielles.


Au cours de ces dernières semaines, certains candidats aux élections présidentielles ont, tour à tour, évoqué les grandes lignes de leurs projets pour mettre en place la réforme de la dépendance attendue depuis des années par le réseau UNA, les professionnels du secteur et les bénéficiaires.

Ainsi, en tant que réseau national de l’aide, des soins et des services aux domiciles, l’UNA se pose également en observateur des propositions des candidats et met en avant sa vision de la réforme. Détails.

Les propositions et réactions d’UNA sur les projets « dépendance » des candidats

UNA souhaite que les candidats aux élections présidentielles précisent aujourd’hui leurs projets « dépendance », notamment en termes de restructuration concrète du secteur mais aussi de financement.

« En effet, même si notre secteur a déjà trop attendu cette réforme, et que « le plus tôt sera le mieux », le réseau veut privilégier la qualité plutôt que l’urgence car l’essentiel est d’obtenir, au final, une réforme structurante et globale. L’UNA a d’ailleurs élaboré et présenté ses propositions pour une prise en charge adaptée des personnes fragiles et du secteur de l’aide à domicile dans son programme présidentiel présenté en février dernier. Nous demandons aux candidats de tenir compte de nos propositions », a récemment déclaré Yves Vérollet, directeur général du réseau UNA.

Pour le réseau, une véritable réforme de la dépendance doit impérativement contenir ces quatre axes essentiels :

- Une réponse universelle aux besoins d’accompagnement avec des solutions personnalisées

- Une restructuration complète du secteur avec une amélioration des dispositifs et de l’offre de services, et une coordination entre les différents acteurs du secteur

- Des dispositifs concrets sur les questions de prévention d’accompagnement des aidants

- Un mécanisme de financement basé avant tout sur la solidarité collective grâce à un élargissement de la cotisation CSG, le prélèvement le plus juste car il est proportionnel aux revenus de la personne et qu’il concerne la plupart des revenus. Il convient ainsi de limiter le recours à l’assurance privée et d’éviter formellement le financement par recours de succession qui pénaliserait les personnes avec des faibles patrimoines. Les organismes complémentaires peuvent jouer un rôle mais le financement par la solidarité nationale et locale doit constituer l’essentiel de l’effort.

Pour rappel, les candidats et leurs premières ébauches de propositions pour une réforme de la dépendance

Premier candidat à évoquer le sujet de la dépendance au cours de cette campagne présidentielle, François Hollande propose une réforme qui vise à créer une nouvelle branche de la Sécurité Sociale qui prendrait en charge les dépenses liées à la perte d’autonomie comme les aides à domicile au même titre que la maladie ou encore la vieillesse. Le candidat socialiste plaide pour un financement par la solidarité nationale via une contribution sociale qui pourrait prendre différentes formes : une partie de la CSG (contribution sociale généralisée), une cotisation sociale spécifique ou encore un impôt sur les successions.

Nicolas Sarkozy, après avoir repoussé la réforme de la dépendance durant son quinquennat, a indiqué qu’une réforme de la dépendance serait possible en 2013, année où les déficits publics de la France devraient revenir à 3% du PIB. Si le candidat UMP n’évoque pas le contenu de la réforme, il écarte désormais l’hypothèse d’une assurance obligatoire mais réintroduit le débat sur le recours sur succession.

François Bayrou, MoDem, de son côté, invite à la création d’un système mixte avec une assurance dépendance obligatoire qui devra être complétée par un financement faisant appel à la solidarité nationale.

Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche, se positionne, quant à lui, contre tout recours à l’assurance privée. Il souhaite financer la réforme par la solidarité nationale par la mise en place de cotisations en fonction des ressources de chacun pour mettre en place un vrai service public d’accompagnement pour valoriser et clarifier le statut des professionnels du secteur.

Aujourd’hui, l’UNA se réjouit que le sujet de la dépendance revienne peu à peu dans débat mais incite les candidats à détailler leurs propositions et à tenir compte de ses recommandations afin de rendre les échanges constructifs pour construire – de façon concrète et effective - la réforme de la dépendance à venir.


Publié le Jeudi 15 Mars 2012 dans la rubrique Chroniques | Lu 1631 fois