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Senior Actu

Dénutrition des seniors : une campagne de dépistage et d’information du 19 au 24 juin 2006

Pour la deuxième année consécutive, la société Nutricia, a lancé hier sa campagne Nutri’Action, qui vise d’une part à sensibiliser les seniors eux-mêmes et leurs familles au problème de la dénutrition chez les personnes âgées, et qui d’autre part, marque le lancement d’une enquête épidémiologique dans neuf régions, en ville et à l’hôpital.


« La dénutrition des seniors est un problème majeur car elle concerne plus de 500 000 personnes et engendre de nombreuses situations à risques (infections, fonte musculaire, allongement de la durée d'hospitalisation, troubles psychiques, retard de cicatrisation..) mettant en jeu le pronostic vital » indiquent les responsables de cette campagne. On estime ainsi que dans l’Hexagone, 10% des plus de 85 ans vivant à domicile et une personne sur deux en institution seraient dénutries.

Cette campagne vise donc à sensibiliser juste avant les vacances d’été –souvent synonymes d’isolement pour les aînés- les familles et les seniors eux-mêmes, aux problèmes liés à la dénutrition, et à mobiliser les professionnels de santé en leur apportant des outils de diagnostic permettant d’améliorer la prise en charge de ce phénomène aussi méconnu qu'insidieux.

Les responsables du laboratoire Nutricia soulignent qu'ils souhaitent combattre l'image selon laquelle il est normal de manger moins en vieillissant ou de perdre du poids avec l'âge. Il n’y a pas de baisse des besoins nutritionnels à proprement parler. Ces derniers restent, pour les seniors, identiques à ceux des adultes (environ 1.800 à 2.100 kcal/jour), l'apport en protéines doit être d'au moins 1 gramme/kg de poids corporel par jour, celui de calcium de 1.200 mg et hydrique, d’1,5 litre.

La perte de poids est l'un des premiers signes symptomatiques de dénutrition. Ainsi, une baisse de 5% du poids corporel en un mois –ou 10% en six mois- sont des indices à prendre en compte chez les personnes âgées. Cet amaigrissement peut être dû à plusieurs raisons : la dépendance, la dépression, des problèmes bucco-dentaires ou encore la polymédication. .../...
Dénutrition des seniors : une campagne de dépistage et d’information du 19 au 24 juin 2006

La dénutrition chez les personnes âgées : un cercle vicieux

Avec l’avancée en âge, indique le laboratoire, la masse musculaire diminue progressivement et involontairement, les muscles squelettiques perdent ainsi jusqu’à 20 à 35% de leur poids entre 20 et 80 ans. Ce vieillissement naturel, additionné à la diminution de l’activité physique et à la survenue de maladies, peuvent être responsables d’un état appelé « sarcopénie », qui est aujourd’hui, considérée comme un marqueur de vulnérabilité chez la personne âgée. Plus la sarcopénie est importante, plus le sujet est fragile.

D’après une grande enquête américaine sur la nutrition, la NHANES III, 59% des femmes de plus de 60 ans, et 45% des hommes souffriraient de sarcopénie, elle serait même sévère dans respectivement 10% et 7% des cas. Et pour plus d’un tiers (35%) des personnes de plus de 60 ans, la sarcopénie représenterait ainsi un risque de handicap et de dépendance.

En effet, il s’agit de la plus grande cause de chute chez les personnes âgées. Souvent accompagnée de l’ostéoporose, la sarcopénie favorise les fractures. De plus, cette diminution de la masse musculaire –qui constitue notre réserve protéique- sensibilise les seniors au stress et aux agressions, comme les infections. Chez le sujet sarcopénique, la moindre maladie peut alors entraîner une véritable fonte musculaire.

D’autre part, le vieillissement des sens s’accompagne d’une modification du goût, souvent aggravée par la prise de médicaments. La détérioration de l’odorat et de la vue, s’ajoute à la sensation que les « aliments n’ont pas de goût ».

Pour bien manger il faut pouvoir mastiquer sans encombre. La dégradation de la denture ou de l’état gingival peut être une des causes de la perte de l’appétence. Aussi, les problèmes bucco-dentaires conduisent souvent les seniors vers une alimentation monotone, mal équilibrée et peu appétissante. De plus, la muqueuse a tendance à s’atrophier avec l’âge, et le transit intestinal se ralentit. Toutes les maladies du tube digestif sont également plus fréquentes à cet âge et représentent un handicap supplémentaire à la bonne nutrition.

Par ailleurs, la consommation souvent abondante de médicaments en début de repas est une source supplémentaire d’anorexie. Beaucoup de traitements, en outre, modifient le goût et diminuent la salivation. Cette polymédication réalise pour certains un « véritable repas médicamenteux ».

Enfin, plus qu’une autre tranche d’âge les seniors sont concernés, pour certains, par des excès d’alcool et des états dépressifs. Sans compter que des idées fausses -comme la phobie du cholestérol, l’ignorance des besoins nutritionnels, l’ignorance des aides possibles à domicile- peuvent encore contribuer à anarchiser les repas.

Ainsi, les pathologies, qu’elles soient d’origines infectieuses, traumatiques ou inflammatoires, grèvent les dépenses énergétiques, puisent dans les réserves et la masse musculaire et exposent encore plus les seniors à la dénutrition. Un véritable cercle vicieux s’installe alors entre pathologies et dénutrition.

Concrètement, cette année, la campagne s’articulera autour de trois étapes

Une enquête épidémiologique en ville et à l’hôpital
Afin de réaliser une photographie de la dénutrition, Nutricia Nutrition Clinique a mis en place une enquête épidémiologique dans neuf régions de France, en ville et à l’hôpital. Cette enquête a un triple objectif : démontrer que le dépistage de la dénutrition est relativement simple à réaliser, faire prendre conscience aux praticiens que la dénutrition est une réalité, et favoriser la prise en charge.

Chaque médecin de ville doit inclure pendant un mois les patients âgés de 65 ans et plus vus en ville ou à domicile. Chaque médecin hospitalier doit dépister, pendant une semaine, toutes les personnes adultes entrant dans l’établissement pour une hospitalisation.

Les données à recueillir étant : l’âge, le sexe, le poids, la taille et l’indice de masse corporelle (IMC) du patient ainsi que son pourcentage de perte de poids. Enfin, le médecin doit renseigner sur l’état général du patient, la façon dont il mange et si une prise en charge nutritionnelle spécifique existe ou non.

Les résultats de cette enquête seront présentés lors de réunions régionales et largement diffusés aux professionnels de santé.

La mise en place de supports d’information
Le laboratoire va diffuser de façon très large différents documents : des posters et brochures destinées au grand public seront à sa disposition dans les cabinets médicaux et les officines. des outils permettant de dépister pour les pharmaciens et de diagnostiquer pour les praticiens seront remis.

Les réunions régionales et la semaine nationale de dépistage
Des réunions régionales seront organisées dans toute la France et regrouperont les praticiens, pharmaciens, associations de patients, élus locaux et bien sûr la presse régionale. Les résultats de l’enquête épidémiologique seront présentés et chaque participant bénéficiera des documents de la campagne, à diffuser.


Publié le Mardi 20 Juin 2006 dans la rubrique Santé | Lu 6300 fois