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Senior Actu

Dégradation prévisible des conditions de vie des femmes très âgées à Singapour

Selon une récente étude réalisée à la demande de l’association Tsao Foundation de Singapour, qui lutte pour les droits des aînés dans la région, le nombre de femmes âgées va beaucoup augmenter dans les années à venir et leurs conditions de vie risquent de fortement se dégrader compte tenu de la faiblesse de leur retraite et de l’absence d’une réelle couverture sociale et médicale.


Cette étude a été réalisée grâce à une analyse de données déjà existantes sur les femmes de Singapour de 1980 à 2000. Dans un premier temps, il en est ressorti que chez les « grands seniors », c'est-à-dire chez les personnes de plus de 80 ans, les femmes sont nettement plus nombreuses que les hommes. Ce n’est pas une surprise, puisque l’on sait déjà qu’en moyenne, les dames vivent six ans de plus que les messieurs. Ainsi, en 2000, le rapport femme/homme chez les octogénaires et plus, était de 1.7 et ce chiffre pourrait être appelé à augmenter dans les années à venir.

Avec une espérance de vie plus élevée chez les femmes, on constate donc parallèlement, passé un certain âge, une forte augmentation du nombre de veuves. Entre 70 et 79 ans, presque 60% des femmes ont perdu leur conjoint et le chiffre atteint les 80% au-delà de 80 ans. Sans mari et presque sans ressources, elles n’ont plus d’autre option que de se tourner vers leur famille la plus proche. Ainsi, la dépendance des aînées vis-à-vis de leurs enfants augmente fortement avec l’avancée en âge : plus des trois-quarts (78%) chez les 65-69 ans, 86% de 70 à 74 ans, 89% chez les 75-79 ans et enfin, 91% chez les plus de 80 ans.

Il faut bien comprendre que ces vieilles dames n’ont pas d’autre choix. Au cours de leur vie, ces femmes ont travaillé moins longtemps que les hommes, de plus leurs niveaux d’études et de revenus étaient plus faibles que ceux de leurs maris. Donc, in fine, leurs pensions sont elles aussi nettement plus faibles. A cela s’ajoute en plus, une couverture sociale et médicale dérisoire.

En cas de maladie, si elles ne peuvent pas couvrir les frais d’une hospitalisation, là encore elles doivent se tourner vers les enfants. Or, comme dans de nombreux pays dans le monde, la structure familiale de Singapour a elle aussi évolué. Les enfants ne sont pas très nombreux. Ainsi, en cas de pathologie grave prolongée ou chronique, les frais doivent être supportés par un frère ou une soeur, qui souvent doivent eux aussi, subvenir aux besoins de leur propre descendance. Une telle situation peut facilement engloutir toutes les économies d’un ménage…
Dégradation prévisible des conditions de vie des femmes très âgées à Singapour

Cette « féminisation » et cette précarisation du grand âge inquiètent les responsables de la Tsao Foundation qui estiment qu’il s’agit là d’un véritable problème de société et de santé publique. L’association demande à ce qu’une pension minimum ainsi qu’une couverture universelle de santé soient étudiées pour améliorer le sort de ces femmes âgées et pour réduire les pressions financières sur les familles.


Publié le Lundi 5 Septembre 2005 dans la rubrique Divers | Lu 6576 fois