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Décadence ? Tribune libre de Jean-Pierre Raffarin

Le Cardinal Archevêque de Paris s'inquiète de voir notre Pays menacé de décadence ? Le risque est réel, nous devons résister.


La première dérive est celle du déclin économique. Le déclin se mesure, à l'intérieur, par le nombre des exclus du travail (chômage) et de la société (pauvreté) et, à l'extérieur, par la comparaison avec les grandes économies mondiales (croissance et commerce extérieur). Le déclassement est, sur ces points, manifeste. Ici, la meilleure défense reste la mobilisation pour la réforme.
 
La seconde dérive est celle du recul moral. L'intégrisme laïque conduit à la négation du spirituel dans la société. Le sens de la vie se perd dans les égoïsmes. Le matérialisme dévore les valeurs de l'humanisme. Pourtant, les valeurs telles que le don de soi ou le dépassement restent vivaces dans bien des coeurs de France. Au-delà des parcours personnels, les religions et leurs histoires sont parties prenantes de la culture. La religion ne peut être un projet politique (oui a la laïcité) mais elle est au coeur de la culture (non au laïcisme).
 
La troisième dérive est le déclin du bien commun. L'équilibre entre le respect de la diversité et l'exigence d'unité devient très précaire. Le Cardinal a raison de regretter que « les particularismes » l'emportent sur « la règle commune ». Sans conscience du bien commun, difficile, par exemple, de légitimer l'ordre public. La règle applicable à tous prend sa source dans la vision commune partagée par tous. L'actualité, à Trappes et ailleurs, est cruelle quant au constat du partage de valeurs communes. Au coeur de la société, République et Démocratie, sont couramment malmenées.
 
Pourtant partout dans le monde des peuples trouvent dans l'espérance les ressources de leur avenir. Les journées mondiales de la jeunesse (JMJ) illustrent ce choix de l'espérance. D'autres formes de confiance existent en Asie ou en Afrique : croissance, reformes, émergence, patriotisme, ouverture... La décadence, pour nous, est nulle part inscrite. Rien ne devrait conduire les jeunes français à être plus pessimistes que les jeunes chinois ou les jeunes brésiliens.
 
Les autorités françaises devraient, ainsi, avoir comme premier objectif le redressement du moral de la Nation. Un bon cocktail de lucidité et de volonté suffirait. Encore faut-il ne pas faire de l'espérance un adversaire et de l'attentisme une politique.


Publié le Mercredi 24 Juillet 2013 dans la rubrique Chroniques | Lu 410 fois