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De la vitamine D contre le cancer de la prostate, du sein et colorectal

Suite à une série de preuves de plus en plus nombreuses d’un lien entre la vitamine D et une réduction des risques des cancers de la prostate, du sein et colorectal, la Société canadienne du cancer recommande, notamment aux personnes âgées, l’apport d'une quantité spécifique de vitamine D aux individus qui envisagent la possibilité de prendre un supplément, indique un récent communiqué de cette organisation.


« Les éléments probants continuent de se multiplier à propos de cette question, mais nous tenons dès maintenant à donner des lignes directrices au sujet de ces nouvelles données sur la prévention du cancer à partir de ce que nous savons déjà » a affirmé Heather Logan, directrice des politiques de lutte contre le cancer de la Société canadienne du cancer. « A mesure que nous en apprendrons davantage, nous mettrons à jour notre information. »

En collaboration avec les professionnels de la santé, la Société recommande donc que « les adultes –notamment les personnes âgées- vivant au Canada envisagent la possibilité d'un supplément de 1 000 unités internationales (u.i.) par jour de vitamine D en automne et en hiver ».

« Nous recommandons un apport quotidien de 1 000 u.i. parce que les données actuelles laissent croire que cette quantité aidera à réduire le risque de cancer avec le moins de préjudices possibles, » a ajouté Mme Logan en précisant toutefois que « d'autres recherches sont nécessaires afin de définir clairement la quantité de vitamine D qui maximisera les bienfaits pour la santé. » .../...
De la vitamine D contre le cancer de la prostate, du sein et colorectal

Les résultats de recherche annoncés la semaine dernière s'ajoutent aux preuves de plus en plus nombreuses sur cette question, précise le communiqué de la Société canadienne du cancer. Une étude publiée dans The American Journal of Clinical Nutrition annonce ainsi que la prise de suppléments de vitamine D et de calcium réduit de façon importante les risques de tous les types de cancer chez les femmes post-ménopausées.

Cette recherche de quatre ans a été réalisée auprès de 1.180 femmes âgées de plus de 55 ans vivant dans des régions rurales. L'étude a démontré que celles qui avaient pris des suppléments de calcium et de vitamine D avaient, après un an, 77% moins de chance d'avoir un cancer par rapport à celles qui n'avaient pris qu'un placebo avec du calcium.

De façon plus spécifique, les chercheurs ont trouvé que plus hauts étaient les taux de vitamine D dans le sang, plus bas étaient les risques de développer un cancer. De plus, une autre étude parue en mai donne à penser que les femmes qui prennent plus de calcium et de vitamine D seraient moins susceptibles de développer un cancer du sein avant la ménopause.

En plus de prendre des suppléments, les gens peuvent puiser leur apport en vitamine D en s'exposant à la lumière du soleil et dans leur alimentation. Cependant, Mme Logan met la population canadienne en garde contre la possibilité de trop compter sur l'exposition à lumière du soleil pour obtenir la quantité nécessaire de vitamine D.

« Il est important de se rappeler qu'il suffit habituellement de quelques minutes par jour d'exposition au soleil sans protection pour obtenir la vitamine D dont on a besoin, » a ajouté Mme Logan. « Mais ce n'est pas une bonne idée de ne compter que sur le soleil pour obtenir de la vitamine D. Chez certaines personnes, quelques minutes par jour d'exposition sans protection aux rayons du soleil pourraient suffire pour augmenter les risques de cancer de la peau. »

Mme Logan a aussi précisé qu'une recherche clinique à grande échelle pourrait fournir encore plus de réponses sur la quantité de vitamine D nécessaire pour maximiser les bienfaits sur la santé et déterminer les risques à long terme, s'il y en a, de la prise de quantités importantes de cette vitamine.

« La Société canadienne du cancer examine sérieusement de quelle manière nous pouvons concrétiser cette recherche. Nous devons absolument en discuter avec nos partenaires. Nous devons continuer à élargir nos connaissances à propos de cette importante question reliée à la prévention du cancer. »

Des recherches supplémentaires sont aussi nécessaires afin de déterminer quelle durée d'exposition à la lumière du soleil est requise pour obtenir une concentration optimale de vitamine D.

La Société ne modifie en rien les lignes directrices de Bon sens sous le soleil, étant donné que le cancer de la peau est le cancer le plus fréquemment diagnostiqué au Canada. Cette structure recommande ainsi que la population réduise son exposition au soleil, particulièrement entre 11 h et 16 h quand les rayons du soleil sont les plus ardents. Utilisez un écran solaire avec un facteur de protection solaire (FPS) de 15 ou plus et de 30 si vous travaillez dehors ou passez une grande partie de la journée à l'extérieur.

L'Association canadienne de dermatologie a récemment mis à jour ses recommandations sur l'apport en vitamine D. Le site Web de l'Association dit: "Afin de réduire les risques pour la santé associés au cancer de la peau, nous suggérons un apport quotidien de 1 000 unités internationales (u.i.) de vitamine D afin d'en récolter tous les bienfaits potentiels et connus."

De son côté, l'Institut national de santé publique du Québec émet des réserves quant à cette recommandation. L'organisme estime qu'il est prématuré de suggérer la prise de vitamine D pour lutter contre certains types de cancer.


Publié le Lundi 11 Juin 2007 dans la rubrique Santé | Lu 8808 fois