Sommaire
Senior Actu

Danyel Gérard : sur la scène de l’Olympia le 23 juin dans la tournée Génération Rock’n Roll

Premier chanteur de Rock en France, Danyel Gérard arrive sur les ondes en 1958 avec D’où reviens-tu Billie Boy ? dont le texte est signé Boris Vian. Surnommé « le chanteur suffocant », il enchaîne tube sur tube dont Le petit Gonzalez, Memphis Tennessee, La leçon de Twist, Je, Marylène Marylou, Il pleut dans ma maison et s’offre également un titre qui fera le tour de la planète avec Butterfly. Ce qu’il pense, il le dit tout haut, sans détour et avec toujours le même langage.


Danyel Gérard : sur la scène de l’Olympia le 23 juin dans la tournée Génération Rock’n Roll
Votre chanson Butterfly a été interdite d’antenne à Europe n° 1. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Danyel Gérard : Après la mort de Lucien Morisse, Butterfly a été retiré de la programmation d’Europe n°1. Je ne sais pas pourquoi, c’était leur choix.

Mais à un moment donné, il faut quand même dire les choses : s’il y a bien un enfant d’Europe 1, un enfant du rock, c’est moi.

La marque de disques AZ a été créée à l’époque sur mon nom par Lucien Morisse.

Et si mon disque n’avait pas marché, il n’y aurait pas eu de Christophe ou de Polnareff. Tout au moins pas sous cette forme-là.

De ses tournées américaines, Danyel Gérard nous confie : « J’ai chanté aux Etats-Unis et j’ai surtout eu des grandes rencontres avec des monstres, comme Burt Lancaster ou Anthony Quin ».

Durant la grande période de la pop music en France, Danyel Gérard se trouve en tête de liste avec Michel Polnareff, Johnny Hallyday et Gérard Manset. « Sans ces quatre artistes, la pop music n’aurait jamais existé, il faut le savoir ».

Auteur, compositeur et interprète, il écrit également pour d’autres artistes. Fais la rire et Mourir ou vivre, ces deux grands succès d’Hervé Vilard, c’est lui. Les vendanges de l’amour chanté par Marie Laforêt, c’est encore lui. Il a également composé des chansons avec Jacques Brel « Dans un spectacle que je vais sortir à Paris, vous verrez des extraits. On entend Brel et moi chantant en duo ».

En 1977, Danyel Gérard souhaite changer d’horizon. « Je rêvais d’acheter une radio. Finalement, je ne l’ai pas achetée, je l’ai créée. Je l’ai créée totalement. Mon média existe à côté de ceux qui essayent de vous casser, que ce soit Europe 1, RTL ou les autres ! Il n’appartient qu’à moi pour l’instant, il est maintenant partenaire de France 2 sur son site internet avec Gilles Dobbelaere ». De fait, Music Box est depuis 1981 la première radio de France au format Country et Rock 24h/24. .../...

Danyel Gérard : sur la scène de l’Olympia le 23 juin dans la tournée Génération Rock’n Roll

Vous avez donc mis votre carrière entre parenthèses et arrêté de chanter ?

Danyel Gérard : sur la scène de l’Olympia le 23 juin dans la tournée Génération Rock’n Roll
DG : J’ai d’abord été au bout de mon rêve, parce qu’en 81, il y avait une aventure à prendre, la seule. Je l’ai prise et le reste, j’ai laissé de côté. Au même moment, j’avais ma fille à élever. Donc pour protéger ma fille et être là plutôt que de continuer à partir à droite ou à gauche, j’ai fait le choix d’installer une radio dans ma propriété.

De ce fait j’étais là pour Allison et j’étais là pour la station de radio. Et plutôt que de faire une radio comme tout le monde, même format, même truc, j’ai fait de la country music à petite dose et puis progressivement, c’est devenu à très haute dose.

J’ai préféré être en parallèle par rapport aux autres stations de radio, avec un format unique. Je me moque des autres, de ce qu’ils font ou de ce qu’ils passent, car je ne passerai pas la même chose, ça ne m’intéresse pas.

Music Box est basée sur la country, les sixties et sur les âmes, les gens qui ont une âme, qui disent quelque chose. J’ai donc cessé de chanter pour ma fille, ça c’est la première chose. Comme je le dis toujours, j’ai une grande fille de 27 ans et une petite fille de 7 ans. Elles ont vingt ans d’écart : ce qui veut dire que pour l’une j’ai arrêté de chanter et pour l’autre je recommence (ndlr : Danyel Gérard participe à la tournée Âge tendre et tête de bois et sera le 23 juin à l'Olympia dans le cadre du spectacle Génération Rock'n Roll). En principe, tous les vingt ans c’est une bonne période pour moi.

Danyel Gérard est un personnage à part entière qui ne mâche pas ses mots, pas de langue de bois. Mais c’est aussi un personnage authentique, tendre, chaleureux et d’une grande sincérité.

Ce qu’il pense, il le dit tout haut, sans détour et avec toujours le même langage. « Je ne suis pas une girouette. Lorsque je dis quelque chose, je le pense. On peut le découvrir à travers mes chansons et mes premières interviews. Il y a un fil conducteur et je reste fidèle à mon fil conducteur. Je ne suis pas un anarchiste mais lorsque quelque chose ne me plaît pas, je le dis et puis voilà. Et je continuerai comme ça » confie le chanteur.

Vous avez depuis quelques mois intégré la tournée des idoles Âge Tendre et Tête de Bois...

Danyel Gérard : sur la scène de l’Olympia le 23 juin dans la tournée Génération Rock’n Roll
DG : Un journaliste -et ça fait plusieurs fois que cela se produit- vient à la première partie du spectacle, repart à l’entracte et fait un article en disant : le spectacle est super, il se termine par Danyel Gérard et Richard Anthony.

Ce n’est pas un bon journaliste, car il manipule les gens. Les autres artistes de la tournée ne disent rien, mais moi je vais leur dire à ces journalistes, vous êtes des manipulateurs. Qu’est-ce qui va se passer ? Je m’en fiche.

Ce qui m’importe, c’est le public. Il est là et il réagit. Il n’est pas là que pour moi, ça c’est clair, mais il est quand même là. C’est fantastique, c’est le retour continuel d’ondes qui passent de moi vers le public et du public à moi ; ça fonctionne d’une façon extraordinaire.

J’ai entendu un autre journaliste -et je vais le rechercher- qui a dit à la radio que c’était le retour des morts vivants. C’est honteux, celui-là je vais le retrouver, je ne sais pas comment il s’appelle, mais je vais lui foutre deux gifles, vous pouvez le dire, parce qu’il va prendre deux gifles. Dire des choses comme ça, ce n’est pas bien.

Et dans la même série, il y a Hallyday. Car dire de Richard Anthony que c’est un vieillard, ce n’est pas correct non plus. Donc, il faut savoir que s’il y a des gens qui s’écrasent, moi je suis là pour remettre les pendules à l’heure. Le public qui vient aux spectacles de la tournée, il vient pour l’ensemble des artistes, personne ne l’a manipulé pour qu’il vienne aux concerts. Il est venu par le bouche à oreilles et je sais qu’il fera pareil pour moi quand je serai seul à l’affiche, à partir du moment où on se renvoie les ondes.

Je le vois aux dédicaces, je sais ce qu'il dit, ce qu’il pense, je sais surtout comment il me regarde et ça, c’est important pour moi. Bien sûr, il y a des gens d’un certain âge ou d’un âge certain, et parfois je me demande comment ils ont pu me connaître. Mais ils sont extraordinaires, il faut les voir danser dans les allées ou quand ils se rapprochent de la scène. Ils retrouvent leurs vingt ans.

NTDA : Après cette tournée, quels sont vos projets ?

DG : Il y a une autre tournée qui se dessine, avec le même producteur et d’autres artistes dans laquelle je serai, normalement. Et puis, il y a une dizaine de spectacles de country music dans des arènes, comme Arles ou Nîmes, avec quatre groupes et ma personne.

Ces spectacles seront parallèles à la tournée des idoles 2008 et si cela marche bien nous ferons ensuite plusieurs Zénith durant l’hiver 2008/2009. Je vais aussi reprendre, remixer, disons avec des rajouts, mon album « Good or Bad ». Cet album a été un échec, mais ce n’est pas grave parce que mes échecs deviennent des succès dix ans après. Comme pour Butterfly par exemple.

Et puis je vais me consacrer à un peuple qui m’aime depuis des années et des années et qui m’est resté fidèle. Je veux parler du public allemand qui m’aime plus que les autres.

NTDA : Vous organisez avec Music Box, votre radio, des spectacles caritatifs en direction d’enfants malades. Est-ce important pour vous ?

DG : C’est très important et on va continuer à le faire à l’échelon national. Ce que je fais avec le Lions Club, le théâtre de Poissy et la radio, c’est important pour moi, car j’adore les enfants.

J’aime les enfants parce qu’ils sont naïfs, et les personnes d’un certain âge qui réalisent trop tard que le temps a passé.

Vous êtes aussi un homme d’images…

DG : Je ne peux plus concevoir de spectacles sans l’image. Déjà dans la tournée des idoles vous verrez, il y a plein de visuels qui m’accompagnent et, dans mes prochains spectacles, mis à part la country, mes concerts seront également truffés d’images. Dans l’absolu, les gens repartiront avec le DVD de la soirée.

Que va-t-il se passer le 23 juin prochain à l’Olympia ?

Dans le cadre de la tournée Génération Rock’n’roll, on va me remettre une guitare d’Or. C’est gentil et symbolique. C’est une fois de plus, une façon de remettre les pendules à l’heure.

Propos recueillis par Liliane Boyer


Publié le Vendredi 22 Juin 2007 dans la rubrique Culture | Lu 23109 fois